MISE À JOUR DU 1er SEPTEMBRE 2026
par courriel (b.waterlot@hotmail.com) ou par téléphone (+32 (0) 472 51 52 63)
pour obtenir d'autres informations à propos de ces livres.
ANCEL (Alfred) — 5 ans avec les ouvriers. Témoignages et réflexions. Lettre de Pierre Gerlier [archevêque de Lyon de 1937 à 1965]. Préface de Pierre Veuillot [archevêque coadjuteur de Paris de 1967 à 1968]. Postface de Gabriel Garrone [archevêque de Toulouse de 956 à 1966.]. Troisième édition. Paris, Éditions du Centurion, 1963. In-8° (136 x 180 mm.) broché, 508 p., cachet ex-libris de la bibliothèque de l'abbaye de Notre-Dame de Scourmont (radié).
Avant-propos :
Ayant
eu le grand privilège de vivre pendant cinq ans dans une
situation de plus grande proximité du monde ouvrier, je
ne crois pas avoir le droit de garder pour moi seul ou pour un
petit groupe d'amis ce que j'ai appris. C'est la raison pour laquelle
je me suis décidé à rédiger et à
publier ces pages.
Après une introduction sur la communauté
de Gerland, j'exposerai, dans une première partie, ce que
j'ai découvert dans le monde ouvrier.
Je n'ai pas la prétention de dire ce
qu’est le monde ouvrier, mais je voudrais dire ce que j’ai
découvert du monde ouvrier pendant ces cinq années.
Mon exposé ne sera donc pas une étude
d'ensemble ; ce sera simplement un témoignage. Voici
ce que j'ai vu ; voici ce que j'ai entendu ; voici ce
que je crois avoir compris.
D'autre part, je ne suis pas venu à Gerland,
comme un sociologue qui voudrait étudier le monde ouvrier,
en lui-même et pour lui-même, ou comme un homme politique
qui voudrait travailler à résoudre le problème
ouvrier ; je suis venu à Gerland, comme prêtre
et évêque, pour l'évangélisation du
monde ouvrier. Par conséquent, ce que j'ai surtout cherché,
ce sont les aspects du monde ouvrier qui sont, d'une façon
ou d'une autre, en rapport avec son évangélisation.
Ainsi, j'ai essayé de comprendre le tangage
ouvrier et les traits caractéristiques de l'âme ouvrière ;
j'ai cherché aussi à discerner les influences qui
s'exercent sur le monde ouvrier et à connaître son
attitude vis-à-vis du Christ et de l'Église.
Ce que je dirai ne sera pas tellement nouveau
et surtout cela ne sera pas universellement valable. Malgré
tout, mes affirmations et mes réflexions auront au moins
le mérite de s'appuyer sur une expérience vécue.
Je reviendrai souvent sur le caractère
limité de cette expérience ; cependant,
je ne pourrai pas le rappeler à chaque phrase ; c'est
pourquoi, je voudrais l'affirmer dès maintenant et d'une
façon universelle. Si donc un de mes lecteurs n'est pas
d'accord avec telle ou telle affirmation et cela, en raison d'une
autre expérience qu'il a faite personnellement, je ne m'en
étonnerai aucunement. Je lui demanderai simplement de bien
vouloir accepter mon témoignage, avec ses limites assez
étroites.
De même, je ne m'étonnerai pas
du tout si l'on n'est pas d'accord avec l’interprétation
que j'ai donnée aux faits que j'ai pu constater. Il y a
certainement d'autres interprétations possibles. Cela ne
veut pas dire que mon interprétation ne soit pas valable ;
cela veut dire seulement qu'elle ne s'impose pas.
À partir de ces remarques, on verra mieux
à quoi peut servir l'étude du monde ouvrier qui
est présentée dans la première partie.
Elle sera d'abord une invitation à perfectionner
la connaissance que l'on a déjà du monde ouvrier.
Parfois, on croit le connaître. En réalité,
on ne le connaîtra jamais assez.
De même, mon étude doit amener
le lecteur, surtout s'il est prêtre, à se poser des
questions sur son comportement et sur le comportement des chrétiens
vis-à-vis du monde ouvrier. De fait, malgré les
efforts qui ont déjà été accomplis
et qui se poursuivent toujours plus en faveur de l'évangélisation
du monde ouvrier, on est obligé de constater que beaucoup
de chrétiens et de prêtres, parlent et agissent comme
s'ils ignoraient les conséquences de leur comportement.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que l'autorité
de l'Église n'est aucunement engagée dans cette
première partie qui, malgré son but pastoral, est,
en elle-même, une étude sociologique. C'est une obligation
pour tous les pasteurs de bien connaître leurs troupeaux
(Jean, X, 14), mais cette obligation ne leur confère aucune
infaillibilité dans les études qu'ils font pour
arriver à ce résultat.
Dans la deuxième partie, je présenterai
les réflexions pastorales qui se sont, en quelque sorte,
imposées à mon esprit pendant mon séjour
à Gerland. Par conséquent, cette deuxième
partie ne sera pas un traité de pastorale ouvrière ;
elle aura, elle aussi, une valeur de témoignage. Réfléchissant,
pendant ce séjour à Gerland qui m'établissait
en plus grande proximité du monde ouvrier, sur l'ensemble
de la pastorale ouvrière, je voudrais faire connaître
le résultat de ces réflexions.
On se tromperait donc complètement si
on cherchait à découvrir dans cette deuxième
partie une prise de position vis-à-vis de ce qui se fait
actuellement, spécialement dans les secteurs de la mission
ouvrière, soit au point de vue paroissial, soit au point
de vue de l'Action catholique ouvrière, soit au point de
vue des approches réalisées par certains prêtres
par rapport au monde ouvrier. Je pense que mes réflexions
pourront leur être utiles ; je ne crois pas qu'ils
puissent y trouver la moindre critique vis-à-vis de l'effort
missionnaire qui s'accomplit aujourd'hui. Autrement, je devrais
avouer que mon expression a singulièrement trahi ma pensée.
Je ne pense aucunement critiquer ; je voudrais seulement
aider les bâtisseurs.
Malgré tout, on sentira, dans cette deuxième
partie, que les réflexions pastorales sont faites à
partir de la communauté de Gerland ; quelques-unes
même, parmi ces réflexions, viseront directement
le rôle de cette communauté à l'intérieur
d'un effort missionnaire d'ensemble. – Cette remarque permettra
de mieux comprendre la signification et la portée de mes
réflexions pastorales.
Je me suis efforcé, conformément
à la méthode que j'exposerai au début de
la deuxième partie, de me référer sans cesse
à l'enseignement de l'Évangile et à celui
de l'Église ; je ne prétends pas, pour autant,
donner à mes réflexions la valeur d'un enseignement
de l'Église. Je serais désolé si je m'en
étais tant soit peu écarté ; mais je
ne serais ni étonné, ni scandalisé, si d'autres,
ayant le même souci de fidélité que je crois
avoir moi-même, aboutissaient à d'autres conclusions.
Nous cherchons ensemble, dans des circonstances très complexes,
à réaliser un apostolat difficile. Nous aurons toujours
intérêt à nous enrichir des apports de tous,
même si, dans ces apports, se manifestait quelque divergence.
La troisième partie, enfin, présente
les exigences spirituelles que j'ai éprouvées moi-même
par rapport à l'apostolat des non-chrétiens. Parmi
les découvertes que j'ai pu faire à Gerland, celle-ci
m'a paru comme étant, de beaucoup, la plus neuve et la
plus enrichissante : en effet, l'apostolat des non-chrétiens
est beaucoup plus exigeant au point de vue spirituel que l'apostolat
des chrétiens pratiquants. Cette affirmation est, sans
doute, banale en elle-même ; mais ce qui n'est pas
banal, c'est de l'avoir éprouvé profondément
pendant des mois et des années. Mais peut-on communiquer
une expérience ? Je voudrais au moins essayer de le
faire.
Cela ne veut pas dire que je me sois vraiment
conformé à ces exigences spirituelles ; mais
elles se sont imposées à moi de telle façon
qu'il m'est impossible de les oublier.
Sans doute, on reconnaîtra dans mon exposé
l'influence du Prado et de la spiritualité du Père
Chevrier. Je ne cherche pas du tout à le dissimuler. – Mais,
d'une part, j'ai l'impression d'avoir bien mieux compris, depuis
que j'ai vécu à Gerland, la signification du message
du Père Chevrier et, d'autre part, j'en ai mieux perçu
l'universalité. – Je ne parle pas ici de certaines
prescriptions qui sont spécifiquement pradosiennes, mais
je parle des grandes orientations spirituelles et apostoliques
du Père Chevrier. Il les a puisées dans l'Évangile
et il les présente à tous les prêtres d'aujourd'hui,
spécialement à ceux dont le ministère est
totalement ou partiellement orienté vers les non-chrétiens.
Enfin, sous forme d'appendices, je présenterai
deux études, l'une sur les conditions qu'il faudrait remplir
pour que le Saint-Siège puisse étudier de nouveau
l'éventualité de la présence de prêtres
au travail dans les usines ou les chantiers publics, l'autre sur
l'apostolat des frères au travail. – J'ai pensé,
en effet, que ces études étaient en relation étroite
avec le reste de l'ouvrage. D'un côté, elles en sont
un complément ; par ailleurs, elles reçoivent
quelque lumière de l'ouvrage tout entier.
Sans doute, j'ai beaucoup profité, pour
la rédaction de mon texte, de l'apport quotidien des autres
membres de la communauté de Gerland ; de même,
j'ai beaucoup profité non seulement de l'apport occasionnel
des ouvriers que j'ai rencontrés pendant mon séjour
à Gerland, mais aussi de ma collaboration constante avec
des prêtres et des membres de l'A. C. O. jeune ou adulte.
Il m'est impossible d'opérer le discernement de ce que
je dois aux uns ou aux autres soit dans l'analyse des faits, soit
dans leur interprétation. C'est pourquoi j'ai voulu prendre
la responsabilité personnelle de la rédaction tout
entière. Parfois, je dirai je ; parfois je dirai nous ;
parfois, je parlerai d’une façon impersonnelle. Ces
différences viendront tantôt du style qui se lasse
d'un « je » trop souvent répété,
tantôt d'une conscience plus forte du caractère collectif
d'une constatation ou d'une interprétation. Mais, quelle
que soit la forme employée, je tiens à répéter
que cette étude, dans sa totalité, veut surtout
être un témoignage personnel. C'est sans doute une
cause de ses limites et de sa faiblesse ; cela lui permettra
aussi d'être plus facilement utilisée, puisqu'elle
ne prétendra jamais s'imposer.
6 euros (code de commande : 03604).
ARNOULD
(Maurice-A.) — L'histoire du Borinage. Bruxelles, Les Éditions de la Librairie
Encyclopédique, 1951. In-8° (157 x 241 mm.) agrafé,
10 p., hommage de l'auteur (le nom du dédicataire
a été effacé).
Il s'agit d'un
extrait du n° 2/3 - 1950 de la Revue de l'Institut
de Sociologie dans laquelle furent publiées les contributions
de la 22e Semaine Sociale Universitaire (du 11 au 16 septembre
1950) consacrée à l'étude du Borinage.
Extrait :
« Borinage »
est le nom d’un canton de convention, situé entre
Quiévrain et Mons, qu’on ne trouve mentionné
dans aucune géographie, ni délimité sur aucune
carte. Selon nous, le « Borinage » n’est
pas un pays à frontières fixes, c’est un ensemble
d’exploitations de mines de charbons de terres qui peut s’étendre
ou se rétrécir suivant des découvertes nouvelles
ou des réductions d’extraction ». Tel est l’avis,
émis il y a un siècle exactement, par l’érudit
valenciennois A. Dinaux, l’un des premiers qui se soient
souciés de l’objet même de la présente
Semaine Sociale.
On ne tardera pas à remarquer, en effet,
qu’il est un Borinage au sens étroit, à côté
d’un autre Borinage, beaucoup plus récent, au sens
large. Quel beau sujet de polémique !
8 euros (code de commande : 03628).
[AUGIÉRAS (François)]. SANCHEZ (Serge) — François Augiéras. Le dernier primitif. Paris, Grasset, 2006. In-8° (140 x 225 mm.) collé, 455 p., illustrations hors texte.
En quatrième
de couverture :
Ma plus belle œuvre d'art, serait-ce ma
vie ? » se demandait François Augiéras. Mais
qui connaissait jusqu'ici son existence flamboyante, cette aventure
spirituelle qui commence et s'achève dans les grottes du
Périgord ?
Né le 15 juillet 1925 à Rochester,
aux États-Unis, d'un père professeur de piano mort
avant sa naissance, Augiéras refuse vite l'ennui bourgeois
et les valeurs de l'Occident. Une adolescence française
vécue en camp de jeunesse, sous le maréchal Pétain,
l'étouffe. Le « pilleur mongol » a besoin d'ailleurs.
D'abord, le Sud de l'Algérie, où il séjourne
chez son oncle, colonel méhariste qui lui inspire un livre
mythique et scandaleux, Le Vieillard et l'Enfant, publié
sous le pseudonyme d'Abdallah Chaamba. Ensuite, la Grèce
et l'Afrique, où il trouve la sauvagerie, la joie de vivre,
l'illimité. Il descend fleuves et rivières, Niger,
Dordogne, Vézère. Il arpente le mont Athos où
il apprend l'art des icônes sur fond d'or qu'il utilisera
dans ses propres peintures. Ce jeune homme de bonne famille connaît
la misère et les nuits à la belle étoile
dans le désert. Disciple de Pan, aux marges de l'homosexualité,
il épouse sa très jeune cousine.
L'ermite de Domme est enfin un ange qui a tout
perdu. Il écrit et peint, solitaire au fond des grottes
comme au commencement de l'humanité, « Heureux dans
une incroyable détresse » ; toujours précoce
! il meurt à l'hospice, parmi les vieillards et les fous,
à l'âge de 47 ans.
8 euros (code de commande : 03618).
[BELGIQUE - INSTITUTIONS]. Le Parlement au fil de l'Histoire. 1831-1981. Bruxelles, Chambre des Représentants et Sénat, 1981. In-4° (210 x 260 mm.) broché, 114 p., illustrations en noir et en couleurs.
Table des matières
:
- Avant-propos.
Introduction.
1831-1981 : déjà 150 ans !
1830, naissance d'un État.
En 1831, une Constitution que l'Europe nous
envie.
La Constitution, des pouvoirs distincts et équilibrés.
- Le Pouvoir législatif.
- En
1831, pourquoi deux Chambres ?
- En
1831, qui peut siéger au Parlement ?
- Que
font les élus de la Nation ?
- Les
rapports Parlement - Gouvernement.
- De
la révision de la Constitution.
- Le Pouvoir exécutif.
- Le Roi.
- L'évolution
du pouvoir royal depuis 1831.
- Le Gouvernement.
- Le Pouvoir judiciaire.
Notre droit de vote, résultat
d'une longue marche.
- Le suffrage
censitaire, 1831-1893.
- Campagnes et villes
: des cens différenciés, 1831-1848.
- 1848 : une révolution
évitée, une évolution acquise.
- Jusqu'en 1893, une
situation bloquée.
- Le suffrage universel
mais plural, 1893-1914.
- L'établissement
du système.
- Les critiques à
l'égard du système.
- L'accession au Sénat.
- La
représentation proportionnelle.
- Le suffrage universel
pur et simple, 1919...
- L'établissement
du système.
- Les « votes
problèmes » (les femmes - les jeunes - les étrangers).
- Les élections.
- Les campagnes électorales
en régime censitaire.
- Les élections
du XXème siècle.
Le travail parlementaire hier et aujourd'hui.
- Le Palais de la Nation,
cadre du travail parlementaire (les bâtiments - les services).
- L'organisation interne
des Assemblées.
- Le
bureau des Assemblées.
- Les
groupes politiques.
- Les
groupes linguistiques.
- Les
commissions (l'enquête parlementaire).
- Une séance au
Parlement.
- Le Parlementaire au
XIXème et au XXème siècle.
- Le résultat
du travail parlementaire.
- Bilan
d'une session au XIXème siècle : la session ordinaire
1885-1886.
- Bilan
d'une session au XXème siècle : la session ordinaire
1974-1975.
- La permanence des grands
problèmes évoqués devant le Parlement.
- La
Question scolaire : la loi de 1879, la loi de 1959.
- La
Question du Congo : la reprise par la Belgique, le chemin vers
l'Indépendance.
Un Parlement pour qui ? Pour quoi ?
- De quelques critiques
: Le parlementarisme.
- Le
régime parlementaire.
- L'évolution
du régime parlementaire.
- De quelques critiques
: Les parlementaires.
- Dans
leur travail : l'absentéisme, le rendement du travail.
- Leurs
avantages : l'indemnité et les avantages, annexes, les
cumuls.
La Régionalisation.
- Petite histoire de
la réforme de l'État en matière législative.
- De
1831 à 1970 : un Parlement national.
- 1970
: un Parlement, des Communautés culturelles, des Régions.
- De
1971 à 1980 : un Parlement, des essais de création
d'institutions communautaires et régionales.
L'été 1980, un aboutissement ?
5 euros (code de commande : 03612).
[BELGIQUE - LOTERIE NATIONALE]. Catalogue
des objets composant la loterie des produits de l'industrie nationale,
présentés à l'exposition ouverte à
Bruxelles, au mois de juillet 1830. [Bruxelles],
[Exposition de l'Industrie Nationale], 1831. [Se vend, / au local de l'Exposition de l'Industrie
nationale. / M DCCC XXXI.] In-8°
(131 x 207 mm.) broché sous une couverture muette,
IX, [1 bl.], 69, [1 bl.] p., rousseurs, bon exemplaire.
Document historique rare et éphémère
publié au lendemain de la Révolution belge de 1830.
Cette loterie, initialement prévue sous le régime
hollandais de Guillaume Ier en juillet 1830, a été
finalisée en 1831 après les événements
politiques qui ont mené à l'indépendance
de la Belgique. Le catalogue liste l'ensemble des pièces
d'artisanat, textiles, armes et objets d'art mis en jeu ; 2000
billets gagnants (sur 11135) permirent aux heureux lauréats
de se voir attribuer des lots provenant exclusivement de l'industrie
belge... !
Réglement :
La
Commission, chargée de la direction de l'Exposition des
produits de l'Industrie nationale,
Ouï le rapport du Comité nommé
par elle, pour le choix, l'achat et la répartition des
objets destinés à entrer dans la Loterie créée
en vertu de l'arrêté royal du 2 avril 1830, et de
celui des messieurs les Bourgmestre et Échevins de la ville
de Bruxelles, du 18 mai suivant, confirmés par l'arrêté
du Gouvernement provisoire, du 16 novembre dernier, duquel rapport
il résulte que ces opérations préliminaires
sont terminées, et que la Loterie se composera de onze
mille cent trente-cinq billets, sur lesquels il y aura deux mille
billets gagnans ;
Voulant régler l'époque et le
mode du tirage de cette Loterie, ainsi que l'époque et
le mode de la remise des lots aux personnes qui les auront obtenus ;
A résolu ce que suit :
Art. 1er. Le tirage de la Loterie aura lieu
publiquement dans une des salles du palais de l'Industrie, sous
la direction d'un Comité spécial pris dans le sein
de la Commission, et en présence des autorités qui
seront invitées à y assister.
2. Il commencera le dix mars 1831 et sera continué
les jours suivans, de dix heures du matin à quatre heures
de relevée.
3. Deux roues de fortune, placées en
face du public sur une estrade élevée à cet
effet, recevront, l'une les numéros des billets de la Loterie
qui ont été désignés comme devant
concourir au tirage dans l'avis du 6 février, et l'autre
deux mille billets de lots et neuf mille cent trente-cinq billets
blancs, en manière, telle que chacune renfermera 11,135
billets ; nombre égal à celui qui concourt
au tirage.
Les billets de lots contiendront simplement
les numéros indicatifs de ceux-ci.
Un Catalogue des objets dont sont composés
les lots et de leurs numéros respectifs, sera imprimé
et rendu public quelques jours avant le tirage.
4. Les billets seront jetés dans
les deux roues, à l'ouverture de la première séance.
5. Deux enfants appartenant à l'hospice
des orphelins de la ville, tireront simultanément un billet
de chaque roue, et le remettront à une personne préposée
pour en donner lecture.
Le contenu de chaque billet sera proclamé
successivement, et billets gagnants de manière à
faire connaître d'abord le n° du billet de Loterie,
puis le n° du lot ou billet blanc.
Les deux billets, après cette formalité
remplie, seront remis, pour vérification, aux membres du
Comité qui occuperont le bureau.
6. Un secrétaire et un contrôleur
seront chargés de tenir note et contre-note des billets
sortis de chaque roue.
7. À la fin de chaque séance,
les scellés seront apposés sur les deux roues, de
manière à en empêcher l'ouverture.
Les scellés seront levés à
l'ouverture de la séance suivante, après qu'ils
auront été reconnus intacts.
8. La liste des lots sortis et des billets de
Loterie auxquels ils seront échus, sera adressée
à messieurs les éditeurs des journaux de Bruxelles,
avec prière de les insérer dans ces journaux.
Indépendamment de cette publicité,
la liste générale des lots et des billets qui les
auront, obtenus sera, par les soins de la Commission, imprimée
après l'achèvement du tirage, et des exemplaires
en seront transmis à messieurs les Gouverneurs des provinces,
ainsi qu'aux Chambres de commerce et aux Régences des principales
villes.
9. La délivrance des lots se fera aux
porteurs des billets qui les auront obtenus et contre la remise
de ces billets, trois jours francs après celui du dernier
tirage, de dix à quatre heures.
10. Les lots qui n'auront pas été
réclamés dans les six mois qui suivront le jour
du dernier tirage, seront vendus au profit des pauvres de Bruxelles.
11. La présente résolution sera
imprimée et affichée.
Fait en assemblée générale,
le 27 février 1831.
Le président, Frédéric
Basse - Le secrétaire, Gachard.
Vendu.
BRANDYS (Kazimierz) — Hôtel d'Alsace et autres adresses. Traduit du polonais par Jean-Yves Erhel. Paris, Gallimard, 1992. In-8° (138 x 205 mm.) broché, 188 p., (collection « Le Messager »), exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
Avec Hôtel d'Alsace et autres adresses,
trois essais sur Wilde, Gide et Léautaud, Kazimierz Brandys
nous offre une démonstration magistrale de ce que peut
être un « portrait littéraire », lorsque
sont mis à son service le style, la culture et une extrême
intelligence des faits et des textes. « Portrait »
est bien le mot, non de la vie seulement ou de l'œuvre, selon
la vieille distinction scolaire, mais aussi « portrait »
de ce qui fait un écrivain, de ce travail énigmatique
et continu par lequel la vie et l'œuvre s'échangent.
Sans doute Kazimierz Brandys ne partage-t-il
nullement l'aventure privée des trois hommes. Mais son
propre destin d'écrivain polonais depuis dix ans résidant
à Paris, et pour qui la culture française fut une
ressource, une alliée, un héritage choisi, ne pouvait
que le rendre profondément sensible à ces déchirures
privées, à ces contradictions publiques, à
ces réconciliations dont l'œuvre littéraire
est le lieu.
8 euros (code de commande : 03619).
[BRAQUE (Georges)]. GIEURE (Maurice) — Braque. Dessins. Paris, Desgrandchamps, 1955. In-8° (135 x 184 mm.) broché, [16] p., 80 planches en noir, (collection « Dessins des Grands Peintres », n° 8).
Extrait :
L'œuvre
de Georges Braque est, plus que tout autre, continu. Il n'a jamais
cherché autre chose que le « fait pictural »,
c'est-à-dire ce qu'est, essentiellement, un tableau :
des couleurs rythmiquement associées sur une surface plane,
rejetant tout « fait anecdotique » quel
qu'il soit. « Le peintre ne tâche pas de reconstituer
une anecdote mais de constituer un fait pictural. »
Cette conception esthétique Braque la
veut une « poétique », autrement
dit : ayant une signification lyrique de « spiritualité »
qu'il oppose à l'idéalité. Ce qui est représenté
ce sont des formes haussées à l'essentiel de la
signification. « Le peintre pense en formes et en couleurs :
l'objet c'est la poétique. » « Il
ne faut pas imiter ce que l'on veut créer. »
« J'ai souci de me mettre à l'unisson de la
nature bien plus que de la copier. » Et ce texte, si important :
« Un citron à côté d'une orange
cesse d'être citron et l'orange une orange pour devenir
fruits. » Le particulier est, ainsi, devenu général.
Il y a encore un autre texte de G. Braque qui
définit bien sa poétique : « L'hirondelle
poignarde le ciel. » Entre l'hirondelle qui vole et
la forme du poignard – une petite croix –
il y a des communautés d'apparences. De ces ressemblances
une transposition lyrique naît : celle du poignard
– hirondelle qui, dans son vol, perce le ciel. Ainsi
la poétique d'une œuvre de G. Braque c'est le passage
d'images usuelles, quotidiennes et réelles, à d'autres
images d'une nature poétique, essentielle et profonde lyriquement.
Ce qui est vrai pour les tableaux l'est aussi
pour les dessins. Ils offrent des images analogues à l'hirondelle
– poignard en vue de semblables métamorphoses :
l'hirondelle qui poignarde le ciel. Ils passent donc d'une apparence
immédiate à une signification poétique sans
les surenchères des couleurs. Le passage de ce qui est
regardé à ce qui doit être senti et compris
a lieu par des moyens seulement graphiques – puisqu'ils
ont perdu le contact sensoriel de la couleur. Ils ne sont jamais
– à quelques exceptions près –
des préparations pour des tableaux. Ils sont une autre
expression plastique de la poétique, une autre « hallucination »
de cette poétique, selon les trois mots chers au peintre :
Imprégnation - Obsession
- Hallucination
ce qui veut dire : savoir
ce que l'on veut jusqu'à la nécessité de
le faire et pas autrement.
15 euros (code de commande : 03625).
CASTERET (Norbert) — Dans la nuit des cavernes. Récits fantastiques écrits sous terre. Paris, Nathan, 1973. In-8° (160 x 210 mm.) broché sous couverture à rabats, 178 p., exemplaire en bon état.
Avant-propos :
C’est
à l’âge de cinq ans que j’ai eu la révélation
du monde souterrain à l’occasion d’une visite
en famille d’une bien modeste grotte.
C’est à douze ans que je me suis
aventuré seul dans les cavités proches de mon village
natal, inaugurant ainsi une carrière ininterrompue de quelque
soixante années.
Je continue toujours à aller sous terre,
et c’est à soixante-douze ans que j’ai pu réaliser
ce à quoi je pensais depuis longtemps, mais que je n’
avais jamais eu l’occasion ni le loisir de mettre à
exécution : écrire sous terre...
Il ne s’est agi ni d’une originalité,
ni d’une innovation, car cela a été fait au
cours des âges par des personnages célèbres.
Sans procéder à une enquête
et à une étude approfondie – qui aurait
pourtant son intérêt – on sait qu’il
y a eu des précédents.
Saint Jérôme, qui ermita longtemps
dans la grotte de la Nativité, à Bethléem,
y écrivit son œuvre immense, dont la traduction en
latin de la Bible.
C'est dans la grotte catalane de Manresa que
saint Ignace de Loyola rédigea ses fameux Exercices
Spirituels base de la fondation de la Compagnie de Jésus.
Cervantès, lui, avait élu domicile,
pour y travailler, dans une petite grotte voisine d'Oran dont
il appréciait la fraîcheur.
Quant à Camoëns, il avait choisi
un porche de caverne pittoresque où il attendait l'inspiration
poétique.
En spéléologue chevronné
et passionné, nous ne pouvions mieux faire que de choisir
un erimi profond et obscur.
Je cèlerai – car cela importe
peu – le nom et le lieu de cette caverne où je
me suis rendu souvent en solitaire, n'ayant pour tout accessoire
que ma lanterne.
Là, assis sur un rocher au centre d'une
salle intime et secrète j'ai griffonné sur mes genoux
dans le silence, la solitude et les ténèbres propices
de cette trilogie qui a toute ma dilection.
C'est là, que bercé dans cette
ambiance j'ai rédigé, non pas une œuvre de
longue haleine ni un travail important, mais simplement les pages
du présent livre.
8 euros (code de commande : 03627).
CERTEAU (Michel de) — L'écriture de l'histoire. Paris, Gallimard, 1975. In-8° (140 x 225 mm.) broché, 358 p., (collection « Bibliothèque des Histoires »).
En quatrième
de couverture :
Faire
de l’histoire, c’est marquer un rapport au temps. Ce
rapport n’est ni le premier, ni le seul possible. Depuis
quatre siècles, l’historiographie occidentale se définit
par la coupure qui d’un présent sépare un passé :
elle honore des morts, mais elle les enferme dans un tombeau.
Le geste qui met à distance la tradition
vécue pour en faire l’objet d’un savoir est indissociable
du destin de l’écriture. Écrire l’histoire,
c’est gérer un passé, le circonscrire, organiser
le matériau hétérogène des faits pour
construire dans le présent une raison ; c’est,
pour une société, substituer à l’expérience
opaque du corps social le progrès contrôlé
d’un vouloir-faire. Ainsi depuis Machiavel, l’histoire
se situe-t-elle du côté d’un pouvoir politique
qui, lui, fait l’histoire.
Ce recueil d’études dessine à
la fois l’itinéraire d’un historien et le parcours
d’une interrogation. À partir d’une expérience
de l’histoire religieuse de l’Europe moderne, Michel
de Certeau s’attache à caractériser ici les
opérations qui règlent l’écriture de
l’histoire : la fabrication d’un objet, l’organisation
d’une durée, la mise en scène d’un récit.
Mais l’histoire se définit aussi
par ce qu’elle exclut. Solidaire de l’écriture,
elle exorcise l’oralité pour en faire l’espace
de l’autre, qu’il s’agisse de la voix du sauvage
dans les premiers récits ethnographiques ou de la parole
de la possédée dans la France du XVIIe siècle.
Devenue scientifique, elle refuse la fiction : un essai pour
relire l’historiographie freudienne – et le « roman »
de Freud sur Moïse – tente pourtant d’articuler
théorie et fiction. C’est introduire un autre modèle
d’intelligibilité, qui met en cause le travail même
de l’historien.
12 euros (code de commande : 03617).
COCTEAU (Jean) — Le coq et l'arlequin. Notes autour de la musique. Avec un portrait de l'auteur et deux monogrammes par P. Picasso. Paris, Éditions de la Sirène, 1918. In-8° (104 x 175 mm.) broché sous couverture bleue, 74 p., (« Collection des Tracts », n° 1), la mention « Nouvelle édition » est imprimée sur la page de faux-titre, couverture un peu défraîchie.
La publication
du Coq et l'Arlequin à la fin de l'année
1918 s'inscrit dans un contexte d'effervescence culturelle majeure,
marqué par la fin de la Première Guerre mondiale,
la naissance d'une nouvelle avant-garde et la création
des Éditions de la Sirène.
En mai 1917, Jean Cocteau créa l'événement
– et le scandale ! – avec le ballet Parade.
Conçu en collaboration avec Erik Satie (musique), Pablo
Picasso (décors et costumes) et Guillaume Apollinaire (qui
inventa à cette occasion le mot surréalisme),
le spectacle posa les bases d'un esprit nouveau. Cocteau ressentit
immédiatement le besoin d'écrire un texte théorique
pour expliquer et ériger en système la modernité
dépouillée qu'il vient de mettre en scène.
Le Coq et l'Arlequin naquit directement de cet élan
créateur.
L'ouvrage est un recueil d'aphorismes et de
notes que Cocteau rédigea en 1917-1918 avec l'intention
de formuler une rupture esthétique radicale. Il voulait
combattre les influences étrangères – en
particulier le « sublime » wagnérien
et le germanisme artistique en pleine période de guerre –,
rejeter le flou de l'impressionnisme français (incarné
par Debussy) et prôner la clarté et la
simplicité, en prenant pour modèle la musique d'Erik
Satie et le cirque ou le music-hall.
Dédié au jeune compositeur Georges
Auric, ce livre devint instantanément le manifeste théorique
de ce qui sera baptisé un peu plus tard le « Groupe
des Six » (Auric, Poulenc, Milhaud, Honegger, Tailleferre,
Durey).
Pour diffuser cette parole esthétique
moderne, Cocteau s'associa à Blaise Cendrars ; ensemble,
ils participèrent activement à la création
d'une toute nouvelle maison d'édition : La Sirène.
Pensées pour être un laboratoire de l'Esprit Nouveau,
ces éditions choisirent Le Coq et l'Arlequin pour
inaugurer son catalogue. L'ouvrage fut publié en décembre
1918 (et mis en vente en janvier 1919) en tant que numéro
1 de la « Collection des Tracts » dirigée par
Cendrars. Ce format de « tract » souligne la volonté
d'en faire un outil de combat culturel rapide, incisif et percutant.
Cocteau souhaitant un objet d'art total en confia
l'ornementation à Pablo Picasso qui dessina un portrait
de Cocteau en uniforme militaire et deux monogrammes (le coq gaulois
et l'arlequin cosmopolite). La correspondance de l'époque
montre un Cocteau hyperactif et directif, surveillant de très
près le travail de l'imprimeur Protat à Mâcon.
Il pinaillait sur les espacements, exigeait une clarté
typographique absolue en accord avec le texte.
Le succès d'estime de ce « tract
» plaça immédiatement Cocteau au rang de grand
rassembleur et de théoricien de la jeune génération
parisienne de l'après-guerre.
Bibliographie :
- Fermigier (André), « Jean
Cocteau et Paris 1920 », dans Annales. Économies,
sociétés, civilisations, 22e année, n° 3,
1967. pp. 495-513.
- Fouché (Pascal), La Sirène,
1984, n° 31.
25 euros (code de commande : 03605).
DESPY (Georges) — Les tarifs de tonlieux. Turnhout, Brepols, 1976. In-8° (162 x 240 mm.) broché, 48 p., (collection « Typologie des Sources du Moyen Âge Occidental », fasc. 19), couverture plastifiée, envoi de l'auteur au professeur Jean-Jacques Hoebanx.
Avant-propos :
C'est une entreprise
quasiment désespérée que de vouloir définir
les tarifs de tonlieux médiévaux, analyser leur
genèse et suivre leur évolution, dégager
les règles critiques que leur utilisation exige en matière
d'histoire économique, indiquer toutes les directions dans
lesquelles ces documents peuvent être exploités.
Innombrables sont, en effet, les auteurs qui ont mis en œuvre
des tarifs de tonlieux de l'époque médiévale,
qu'il s'agisse de spécialistes d'histoire économique,
urbaine ou rurale. Fort rares, par contre, sont ceux qui se sont
attachés à tenter de définir la typologie
de ce genre de documents et la méthodologie qui leur serait
propre. On a bien l'impression que, aux yeux de beaucoup de médiévistes,
le tarif de tonlieu est un document à ce point noble et
prestigieux – en tout cas pour les siècles antérieurs
au XIVe, moment où l'on commence de-ci de-là à
disposer de comptes de tonlieux – que l'on a coutume de l'exploiter
intégralement, sans guère faire de restrictions
ou de réserves quant à sa signification concrète
et véritable.
Avancer quelques observations sur ce type de sources et proposer
quelques réflexions relatives à leur critique et
à leur utilisation requiert que l'on retourne aux sources
elles-mêmes. Et c'est d'une collecte suffisante de documents
que dépend nécessairement l'élaboration d'une
méthodologie propre, toute sommaire soit-elle. Il faudrait
donc disposer d'un échantillonnage suffisamment représentatif
de toutes les époques, de toutes les régions de
l'Occident médiéval, de tous les types rédactionnels
sous lesquels ces tarifs de tonlieux peuvent se présenter.
Or, on est bien loin du compte à l'heure actuelle. L'on
ignore, en effet, le nombre de tarifs de tonlieux encore conservés
aujourd'hui pour l'Europe occidentale. Bien plus, nul ne pourrait,
dans le moment présent, se flatter de connaître une
liste tant soit peu complète de ceux qui auraient été
publiés. Un exemple : en 1913, Hermann Bächtold déclarait
connaître pour l'Allemagne médiévale quelque
deux cents tarifs édités et supposait qu'il devait
bien y en avoir près de deux mille autres dont il souhaitait
et espérait une publication rapide ; soixante ans plus
tard, on en est quasiment au même point en ce qui concerne
l'Allemagne. Et mieux vaut ne pas évoquer la situation
pour la France, l'Italie ou l'Espagne. À tous les points
de vue, les pages qui suivent ne procéderont donc que d'un
échantillonnage prélevé essentiellement dans
la documentation publiée pour les régions qui vont
de l'Elbe jusqu'à la Loire. Ce sera là leur première
faiblesse.
Une autre viendra de ce qu'il est impossible d'envisager à
l'heure actuelle tous les aspects de la méthodologie propre
aux tarifs de tonlieux. La critique de ces sources est à
peine entamée. D'abord au plan de la véracité
des documents. S'il est des tarifs de tonlieux qui sont incontestablement
vrais, il en est qui sont des faux et d'autres dont on s'apercevra
un jour ou l'autre qu'ils le sont ; or, les spécialistes
de l'histoire économique ne l'ont pas toujours su et, dans
plusieurs cas, ils ont continué à utiliser certains
documents en ignorant qu'ils avaient été déclarés
faux au point de vue de la diplomatique. Ensuite, au plan de leur
utilisation : il n'est pas toujours sûr, contrairement à
ce que l'on croit généralement, que le contenu d'un
tarif de tonlieu reflète fidèlement la vie commerciale
à la date qu'il porte et dans la localité où
il aurait été rédigé.
On voudra donc bien tenir compte de ce double handicap –
la nécessité de procéder par sondages dans
la seule documentation publiée ; les incertitudes au plan
de la critique et de la mise en œuvre – pour juger avec
indulgence les propos qui sont présentés ici. L'auteur
sait qu'ils sont forcément partiels, souvent provisoires,
quelquefois rudimentaires et parfois même « scolaires
».
10 euros (code de commande : 03626).
DOEHAERD (Renée) — Études anversoises. Documents sur le commerce international à Anvers 1488-1514. Tome I : Introduction. Tome II : Certificats 1488-1510. Tome III : Certificats 1512-1513. Lettres échevinales 1490-1514. Paris, S.E.V.P.E.N., 1962-1963. Trois volumes in-8° (162 x 247 mm.) brochés, 282, 309 et 372 p., (collection « École Pratique des Hautes Études - VIe Section Centre de Recherches Historiques - Ports-Routes-Trafics », n° XIV, XIV1, XIV2), hommage de l'auteur au professeur Maurice-A. Arnould, couverture du tome III un peu défraîchie (le deuxième feuillet est froissé).
Préface :
La
connaissance du fonctionnement du système économique
de l'Europe occidentale, au cours du bas Moyen Âge et de
l'époque moderne, doit plus d'un enrichissement à
l'étude des « contrats » passés
entre les personnes.
Ces contrats constituent la matière des
collections documentaires généralement inventoriées
dans les dépôts d'archives sous le titre d'« Actes
des échevins » ou d'« Actes des notaires ».
Le pouvoir juridictionnel des échevins
et des notaires s'étendait en effet au fait de délivrer
aux particuliers les titres probatoires de leurs accords.
La rédaction de ces pièces s'exécutait
comme on sait en deux étapes : celle de l'écriture
d'une ou de plusieurs minutes et celle de l'écriture d'un
acte en forme.
Comme on reconnut très tôt une
même force probante aux écrits correspondant à
ces deux étapes de rédaction, les pouvoirs publics
imposèrent aux notaires et aux échevins le devoir
de conserver leurs minutes.
On doit à ces mesures, la constitution
des vastes collections d'« Actes » citées plus
haut.
Si les historiens de l'économie orientent
leurs recherches vers de telles sources, c'est que parmi d'autres,
des personnes, spécialement impliquées dans la production
et les échanges, sollicitent l'intervention du notaire
ou des échevins pour la rédaction d'instruments.
Banquiers, marchands, entrepreneurs de transport,
artisans, leur font souvent constater les promesses et les déclarations
qui les engagent ; cette précaution les armait en
cas de contestation. Toutefois la diffusion de cet usage – nous
pensons plus spécialement aux « promesses de
payer » – s'explique par d'autres raisons.
C'est que les droits dont il constituait la
preuve s'intégrèrent très tôt à
l'écrit authentique, pour en faire un véritable
« porteur » de droits, entraînant
pour son détenteur la qualité de bénéficiaire
de la promesse qu'il contenait.
Ce document irréfutable se prêtait
dès lors à la circulation du crédit, dans
des conditions de particulière sécurité.
L'appel aux écrits authentiques ne s'imposa
cependant jamais dans le cadre des relations commerciales. Le
recours aux actes sous seing privé qui triompha d'ailleurs
plus tard dans la pratique, occupa en ces matières et même
dans le cas des échanges internationaux, une position parallèle
à celle des instruments publics.
Ce n'est point s'abuser cependant que de considérer
que c'est dans ce dernier cas que l'usage de documents jouissant
de la confiance publique s'étendit le plus largement et
conserva le plus longtemps sa signification.
On entrevoit aussitôt, non seulement la
nature mais la portée de l'information que les archives
des notaires ou des échevins ayant instrumenté dans
les grandes places d'échanges sont susceptibles d'apporter
à l'histoire.
D'ailleurs de multiples travaux, tant d'édition
de textes que d'élaboration historique nous le révèlent,
qu'il s'agisse par exemple de Gênes, de Venise, de Marseille,
des foires de Champagne ou de Flandre au Moyen Âge, de Cologne,
de Lubeck ou des ports de Zélande aux XVe et XVIe siècles.
Les certificats et lettres dont nous présentons
ici les regestes sortent des livres minutiers ou « boeken
» des échevins de la ville d'Anvers.
Ce travail ne prétend pas ouvrir une
voie nouvelle à la recherche ; les spécialistes
du commerce d'Anvers connaissent et utilisent depuis longtemps
les archives scabinales de la ville, et J. Strieder éditait
voici plus de trente ans ses Sources sur l'histoire économiques
du XVIe siècle puisées dans les minutiers des
notaires anversois, entre 1525 – date du plus ancien
de ces minutiers – et 1550.
Notre projet s'est formé au départ
de ce dernier ouvrage. Il nous a paru possible en effet d'étendre
l'enquête de J. Strieder à la période immédiatement
antérieure à celle que l'état des sources
notariales lui avait permis de prospecter, en tournant cette fois
les yeux vers les archives scabinales.
Il s'agissait donc de maintenir à cette
nouvelle enquête les buts qui avaient été
ceux de Strieder, de la poursuivre dans une documentation présentant
les mêmes caractères, et de rassembler pour cette
période, une collection quantitativement comparable à
la moisson présentée par cet auteur.
Il nous a semblé que notre entreprise
satisfaisait à ces exigences.
S'il fallait enfin la justifier autrement que
par le contenu des textes eux-mêmes, dont on a compris déjà
qu'ils nous renvoyaient une image, sans doute fragmentaire, mais
réelle de faits vécus de la distribution et des
échanges, nous pourrions ajouter que ces regestes mettront
les chercheurs en contact avec des pièces dont la langue
– le flamand – limite l'accès.
Les trois volumes : 60 euros (code de commande : 03599).
DURY
(Jean) — Traité de bonneterie mécanique.
Métiers rectilignes et rectilignes à mailles retournées.
Technologie des métiers du tricot. Préface de Frédéric
Maillard. Paris, Éditions La Maille, 1954. In-8°
(170 x 248 mm.) sous reliure de toile bleu-gris d'éditeur,
724 p., illustrations, tableaux à déplier in
fine, exemplaire en bon état malgré des décharges
d'adhésif aux contreplats et aux pages garde en regard.
Ce manuel est
particulièrement rare : destiné à un public
très ciblé d'ingénieurs, de mécaniciens
en bonneterie et de chefs d'ateliers textiles, son tirage peut
être considéré comme confidentiel et il n'a
jamais bénéficié d'une diffusion grand public.
Préface :
Les
métiers rectilignes de bonneterie, malgré la vogue
de toutes les machines circulaires, gardent une place importante
dans l'outillage de notre industrie car leurs possibilités
de production d'articles de fantaisie sont pratiquement illimitées.
Les métiers à mailles retournées
permettent la réalisation d'articles de sport et de layette
qu'ils sont les seuls à pouvoir produire dans des conditions
intéressantes.
Les constructeurs français et étrangers
ont bien compris le rôle primordial que le matériel
rectiligne joue dans l'industrie de la maille et ils rivalisent
constamment d'ingéniosité pour présenter
des machines toujours plus perfectionnées et aux possibilités
techniques accrues.
Les techniciens, bien souvent aux prises avec
des difficultés inhérentes à la complexité
des matériels qu'ils ont la charge de faire rendre au maximum,
tant en quantité qu'en qualité et diversité
des articles produits, ne trouvent pas, actuellement, dans la
littérature française, d'ouvrage suffisamment complet
pour les éclairer.
M. Dury a eu le grand mérite de chercher
à combler cette lacune et il a réussi à écrire
un ouvrage qui fait le point de nos connaissances actuelles en
bonneterie rectiligne.
Après avoir rappelé les principes
de base du fonctionnement des tricoteuses rectilignes, il aborde
l'étude des métiers rectilignes spéciaux
et automatiques et poursuit par la description des métiers
à mailles retournées à main, automatiques
à simple et double chute.
Il ne s'est pas borné à une stricte
technologie qui aurait pu être, pour un sujet aussi vaste,
lassante pour le lecteur. Il s'est toujours efforcé de
rendre vivantes et claires ses descriptions des mouvements les
plus compliqués et on doit reconnaître qu'il y a
parfaitement réussi.
Mais l'étude du fonctionnement des divers
métiers rectilignes, si intéressante soit-elle,
ne suffirait pas à satisfaire tous les désirs des
praticiens qui s'intéressent en général beaucoup
plus aux possibilités de fabrication du matériel.
M. Dury l'a parfaitement compris et il a complété,
pour chaque classe de matériel, son travail par des études
d'échantillonnage très poussées. Il a ainsi
mené de pair le côté mécanique et le
côté fabrication des divers matériels dont
il s'est occupé. Il y a là une présentation
nouvelle qui aide grandement à la compréhension
des développements technologiques.
Cet ouvrage rendra certainement les plus grands
services à tous ceux, et ils sont nombreux, qui cherchent
à tirer le maximum des métiers rectilignes de bonneterie
de tous genres. Il sera également très apprécié
des élèves de notre enseignement technique qui g
trouveront les développements que leurs maîtres ne
peuvent leur faire durant leurs études.
M. Dury, en acceptant de mettre ainsi à
la disposition d'un public qui sera sûrement très
nombreux ses connaissances techniques étendues, a rendu
un grand service à tous ceux qui, pour l'exercice de leur
profession ou pour leurs études, s'intéressent à
l'industrie du tricotage rectiligne.
45 euros (code de commande : 03611).
FAUVIEAU (Hector) — L'aube des Samacus. Illustrations de Marius Carion. Frameries, Union des Imprimeries, 1936. In-8° (150 x 215 mm.) broché, 270 p., 22 illustrations à pleine page et 1 vignette dans le texte, exemplaire non coupé et en bon état.
Avant-propos :
L'Aube
des Samacus, publié pour la première fois en
feuilleton, dans le Peuple en 1935, sous le pseudonyme
Hector de La Buissière, a été composé
avec l'aide de documents qui nous ont été obligeamment
communiqués par les arrière-petites-filles du Maire
Derbaix, avec ceux des Annales du Cercle Archéologique
de Mons et ce que nous possédions nous-même de pièces
historiques.
On a bien voulu dire qu'une certaine hardiesse
d'imagination ne peut en être exclue. Mais c'est encouragé
par quelques amis des lettres et de l'histoire régionale
que nous avons publié l'ouvrage sous sa forme actuelle.
La critique a été plutôt
élogieuse. Beaucoup de lecteurs qui nous ont reconnu derrière
le pseudonyme, ont bien voulu nous témoigner leur impression
heureuse.
Mais, il s'en est trouvé pour juger L'Aube
des Samacus d'un point de vue spécial. Ceux-ci ont
déclaré l'ouvrage tendancieux et anti-religieux.
Leur critique s'est, ensuite, montrée puérile et
procéder plutôt de la chicane.
Le fait de l'avant-garde de l'armée de
Jemmapes constituée par des dragons du Roi ; du général
Dumouriez à qui l'on ne dit point « citoyen
général » ; d'un colonel à
qui l'on ne s'adresse point par « tu » a
paru dérouter certains hommes de lettres.
Car il résulte bien des enseignements
de l'histoire que ni le général Dumouriez, ni les
officiers qui l'entouraient, n'ont permis à quiconque de
leur infliger du « citoyen » et de les « tutoyer ».
À Paris même, pendant les jours
les plus terribles de la Révolution, il paraît bien
que le général n'a pas adopté le vocabulaire
qui émaillait la phraséologie révolutionnaire.
Il faut revoir les historiens et les commentateurs
les plus autorisés de la Révolution, pour qu'aucun
doute ne subsiste à cet égard.
Louis Blanc, notamment, raconte ainsi la rencontre
de Marat et de Dumouriez, le 16 octobre 1792, dans la Maison de
Talma :
«
Ce dut être un singulier spectacle que de voir face à
face ces deux hommes, doués l'un et l'autre du plus méprisant
sang-froid, et qui jamais ne s'étonnèrent de rien.
Le dialogue suivant fut court :
– Je
demande des renseignements sur la conduite des bataillons désarmés.
– Les
pièces sont au ministère de la Guerre.
– J'ai
couru les bureaux, et n'ai rien trouvé.
– Je
suis sûr qu'il y a des pièces.
– Dites
donc où elles sont.
– Je
crois, Monsieur, que je mérite croyance, quand je parle.
– Si
vous méritiez une confiance entière, nous ne serions
pas ici. On dit que les personnes massacrées étaient
des émigrés.
– Eh
bien, Monsieur, quand ce serait des émigrés ?
– Les
émigrés sont des rebelles, et vos procédés
à l'égard des bataillons d'une violence impardonnable.
– Oh
! vous êtes trop vif, Monsieur Marat, pour que je parle
avec vous.
Et Dumouriez
tourna le dos. »
Ainsi donc, Marat, le fameux instigateur des
massacres de septembre, le démagogue sanguinaire de la
Révolution n'a pas osé interpeller Dumouriez par
« citoyen », ni le « tutoyer ».
Et si l'on prétendait que le « vous »
et le « Monsieur » dans la bouche des interlocuteurs
était voulu, comme une manière d'exprimer un mépris
réciproque, nous nous en référerions encore
aux ouvrages historiques qui font autorité, où l'on
trouvera illustrée de façon péremptoire notre
affirmation.
C'est ainsi que nous avons essayé de
présenter Dumouriez tel qu'il était lors de son
entrée en Belgique : c'est-à-dire plein de
mépris pour les extrémistes de la Révolution
à raison de leurs excès et visant la restauration
de la royauté, seul moyen, suivant lui, de sauver la France.
D'ailleurs, tout, dans sa conduite, dans ses efforts et dans sa
politique en Belgique indique indubitablement que le général
français a voulu y organiser une puissance dont il eut
été le maître, pour la tourner contre les
exacteurs de Paris, et rétablir l'ordre dans son pays.
Dès lors, l'étrangeté,
l'invraisemblance de l'apparition, le 3 novembre 1792, de dragons
du Roi, dans ce coin ignoré de la frontière alors
que l'armée pénétrait par les grandes routes
de l'ouest s'explique. Car des témoignages en sont restés,
irrécusables. Plus de trois années après
la nuit du 4 août, et nous n'avons qu'à enregistrer
des faits, Dumouriez en bafoue les décisions souveraines
comme il en brave les menaces. Dès son arrivée à
Wasmes, pour le duc de Chartres qui vivait ouvertement séparé
de la famille royale et qui y était suspect, il a des attentions
singulières.
Les souvenirs de son séjour dans la région
de Mons permettent de nous représenter Dumouriez, alors
passionné dans sa grande entreprise, dont la pensée
dirigeante fut, malgré son imprévu, son mystère
et son énigme, la grandeur de la France.
Quelles
devaient être, parmi ces appellations de l'ancien abbaye
de Wasmes, celle à adopter ? – « Courte
à Wasmes », ou « Cour à Wasmes » ?
La question peut sembler dénuée d'importance.
« Court » est d'origine
gallo-romaine, et signifie « Courtil »,
« courtille » et « curtille »
avec son diminutif « Curtillot », terre
attenant à l'habitation. Ainsi donc, « Courte »
désigne non pas l'ancienne abbaye, mais le lieu, le quartier,
avec ses jardins, ses prairies et ses habitations. Mais il y a
la « Cour à Wasmes » qui est l'ancien
bâtiment avec sa tour. Son origine se perd dans la nuit
des temps. Plusieurs fois saccagé, puis relevé de
ses ruines, son architecture actuelle date de 1771. Le seigneur
y jugeait les crimes et délits. A peu de distance, d'ailleurs,
se trouvent la « Justice », lieu où
les sentences étaient exécutées, puis le
« Chemin des Morts » par où l'on
aboutissait au cimetière des suppliciés. Il est
remarquable qu'à travers les siècles ces appellations
aient été conservées.
Peut-être voudra-t-on reconnaître
qu'il y avait quelque témérité à faire
revivre une époque et des faits, aidé de la narration
aride et sèche des annales de l'archéologie régionale,
avec une histoire souvent imprécise et vague sur des points
particuliers et des souvenirs passés de générations
en générations.
Néanmoins, cette musique militaire, la
Marseillaise, les instruments, les armes à feu ne constituent
pas une erreur tendancieuse. Le trombone à coulisse dérive
de l'ancienne « saquebute » connue dès
le IXe siècle. Il en est de même des cornets à
piston connus dès la plus haute antiquité. Ne prétend-on
pas que c'est grâce aux cornets à piston et non aux
trompettes, que Josué fit s'écrouler les murailles
de Jéricho ?
Et nous nous estimerons suffisamment récompensé,
si cet ouvrage, écrit sans autre prétention, avait
le don d'éveiller la curiosité de nos contemporains
sur une belle page de notre histoire. Qu'ils lisent Arthur Chuquet,
dans Dumouriez, Figures du passé et dans
Jemmape, qu'ils lisent C. de la Jonquière, dans
La Bataille de Jemappes, pour ne citer que ces auteurs.
Ils y verront que les Français de la jeune république
se sont battus dans un prodigieux concert de leurs musiques jouant
la Marseillaise.
Au reste, Dumouriez lui-même, dans un
mémoire impressionnant adressé à l'Assemblée
Constituante, s'était plaint de la faiblesse et du délabrement
des armées, du manque d'armes, d'habits, de munitions,
de chevaux, d'effets de campement et de vivres. Les volontaires
de Jemmape, sans expérience, à peine vêtus,
avec des armes de fortune, n'avaient pour vaincre que leur fougue
et leur passion de la République et de la liberté.
Nous serions peiné que l'on vit, dans
l'évocation du Monastère de Saint-Ghislain, une
prévention systématique. Ici encore, nous avons
voulu illustrer des faits établis par les chroniques du
Monastère lui-même, nous avons voulu donner une faible
idée d'une activité multiple dont la grande influence
sur l'éveil de la région n'est pas assez connue.
Il faut regretter que des ruines et des vestiges du plus grand
enseignement historique, encore suffisants pour être conservés,
même relevés en partie ; que des documents d'une
richesse certaine ; que de nombreux témoignages, enfin,
pouvant constituer le fonds précieux de l'étude
d'une époque non dépourvue de grandeur en conférant
à la ville de Saint-Ghislain une réputation d'art
et d'histoire, soient sur la voie de l'anéantissement complet
et aient été dispersés sans discernement
au gré de quelconques amateurs d'antiquités. Il
n'est peut-être pas trop tard pour qu'un petit comité
d'hommes éclairés, résolus et amoureux de
ces choses du passé, les fassent sortir de leur cachette
ou surgir de la terre où elles dorment depuis des siècles.
On ne pourrait raisonnablement nous reprocher d'avoir
exhumé de l'oubli ce bénédictin défroqué,
Bouquion le Philosophe. Nous nous sommes efforcé, avec
l'aide de références irrévocables, de le
montrer comme il a vécu. Il est bien certain que l'institution
de Saint-Ghislain, s'était, avant même l'époque
révolutionnaire, relâchée des règles
sévères de l'ordre de Saint-Benoit. Les vêtements,
le régime, la vie intérieure et extérieure
avaient changé. Le temporel l'avait emporté sur
le spirituel. Ses richesses étaient immenses ; ses
revenus atteignaient cinq millions de nos francs. Et le père
Étienne, désabusé, s'en était allé,
depuis quelques années déjà, lorsque la Révolution
Française abolissant le régime féodal avec
ses justices seigneuriales et ses impôts, dispersa la maison.
L'accueil que ce modeste ouvrage a reçu
des lecteurs du Peuple, et surtout la faveur de nombreux
hommes d'enseignement, sont pour son auteur une récompense
trop flatteuse. Nous avons accepté avec gratitude beaucoup
de documents nouveaux, qui nous ont été offerts
par des amis réunissant un goût charmant, une généreuse
ardeur à la recherche de tous les témoignages des
temps anciens. Il n'en faut pas davantage pour nous encourager
à poursuivre nos investigations.
Si nous avons prouvé n'être pas
indigne de l'intérêt dont le lecteur nous a honoré,
notre bonheur est complet.
13 euros (code de commande : 03622).
FAUVIEAU (Hector) — Le Borinage. Monographie politique, économique, sociale. Frameries, Union des Imprimeries, 1929. In-8° (165 x 250 mm.) broché, 358 p., exemplaire non coupé.
Préambule :
De belles pages ont été écrites
sur le Borinage. On en a donné surtout, de manière
charmante, les traditions et usages populaires, les anciennes
poésies et les anciennes légendes ; les chants,
les proverbes et les jeux. Certes, le travail, le rude labeur
de l'ouvrier mineur a été magnifié. Mais,
dans toute la littérature ayant pour sujet le Borinage,
j'ai vainement cherché une œuvre d'investigation statistique.
Il m'a semblé qu'un travail qui aurait
pour objet l'étude de la population boraine, de sa formation,
de son évolution, de ses activités, de ses réalisations
dans les divers domaines de l'industrie, du commerce, de l'enseignement,
de la politique et de ses organisations économiques et
professionnelles devait présenter un attrait tout particulier
pour celui qui, Borain lui-même et aimant le Borinage, s'y
livrât et y prît goût, ainsi qu'un intérêt
irrésistible pour le public.
Mêlé intimement à sa vie,
témoin intéressé de son évolution,
l'idée nous en était déjà venue il
y a une dizaine d'années.
Alors, déjà, il nous semblait
que, pénétrer profondément dans l'étude
de cette région, en examiner la position au point de vue
politique et social, eût été d'un incontestable
enseignement.
Les mouvements populaires français, depuis
la grande Révolution, ont toujours eu une répercussion
immédiate et plus ou moins sérieuse sur le Borinage.
Des convulsions, les unes d'apparence bénignes, d'autres
plus grandes n'ont pas cessé de le secouer jusqu'aux années
1880 à 1885 qui virent préparer et organiser la
grande enquête sur la situation de la classe ouvrière
et, au cours de l'année 1893, la Belgique politique subit
une modification profonde qui alla s'accentuant comme mue par
un rythme puissant. Onze ans plus tard, le Borinage apparaissait
à l'esprit attentif considérablement changé.
Alors, déjà, l'on pouvait dégager, d'un ensemble
de faits, certaines répercussions très marquées
sur la population, sur le caractère, sur les rapports sociaux,
sur la vie économique et morale. Elles étaient le
fait d'une transformation et d'une évolution lentes, mais
réelles.
Il y eut la guerre.
Dix années nous en séparent. Les
événements, les bouleversements de tous ordres se
sont opérés avec une rapidité étonnante,
mais irrésistible. Qu'on le veuille ou non, le travail
participe au pouvoir. Le fait entraîne des conséquences
qui rendent plus heureux les uns, et qui terrifient les autres.
L'ouvrier est devenu un collaborateur et, dans bien des cas, un
associé du patron. Et pour citer un exemple plus typique,
la communauté d'intérêt qui unit l'ouvrier
mineur du Borinage aux conseils d'administration et à la
direction des sociétés anonymes charbonnières
est indiscutable.
Une controverse s'élève à
l'heure présente, qui tend à établir un désaccord
irrémédiable entre des doctrines économiques
qui s'attribuent exclusivement une aussi profonde révolution,
oubliant ou négligeant le progrès sous toutes ses
formes et dans ses multiples applications, le progrès humain.
Laissons les philosophes et les économistes
à ce jeu d'exégètes et de prophètes.
Notre tâche sera plus modeste. Elle consistera à
établir comment et dans quelle mesure le Borinage s'est
dégagé de l'étreinte de la misère
matérielle et morale d'un long passé.
Pour ce travail, nous avons résolu de
ne nous adresser qu'aux faits.
Et nous sommes mieux en mesure, aujourd'hui,
de le réaliser. Notre position dans le monde ouvrier nous
a permis, depuis trente années bientôt, d'enregistrer
maints faits et constatations qui abondent en enseignements de
tous genres. Appelé, le lendemain de l'armistice, à
l'administration d'une des plus importantes communes boraines,
ayant pu pénétrer plus sûrement encore les
faits qui sont propres à la population et à ses
phénomènes divers, ayant décelé les
problèmes qui occupent la société moderne,
voilà ce qui fut déterminant.
Certes, l'on objectera que, visant un but aussi
considérable, une certaine garantie de neutralité
est indispensable. Mais, tout homme normal professe, en toute
chose, une opinion. La neutralité, spécifiquement,
est un non-sens.
Nous tenons à dire que ce travail est,
avant tout, un exposé de faits.
Nous nous sommes efforcé de dresser,
en regard de la situation actuelle, celle d'époques antérieures.
Nous ne dissimulons pas l'importance de semblable tentative et
cependant, nous devons reconnaître que les matériaux
existants sont souvent bien incomplets ; ceux nécessaires
à certaines recherches, même d'ordre purement statistique,
font aussi trop souvent défaut.
Néanmoins, nous croyons avoir réuni
et situé suffisamment de matériaux pour permettre
les comparaisons utiles.
Nous osons espérer que l'on ne nous accusera
pas de les juger et d'en tirer des conclusions à des points
de vue qui peuvent être les nôtres, ou d'avoir fait
état d'opinions personnelles. Nous croyons avoir réussi
à nous en tenir à une objectivité rigoureuse
des faits, et les conclusions nécessaires sans lesquelles
notre travail n'aurait aucune raison d'être, nous les avons
formulées dans la plénitude la plus absolue de notre
indépendance.
Sans doute, l'on pourra nous faire des reproches ;
mais nous avons la conviction qu'avec un peu d'impartialité
l'on nous accordera un mérite : celui de la franchise
et de la sincérité.
Nous avons contracté, vis-à-vis
de fonctionnaires et d'employés de nos administrations
publiques, plus rarement vis-à-vis d'amis, une dette de
reconnaissance. À défaut des renseignements qui
nous ont été prodigués de la manière
la plus obligeante, il nous eût été impossible
de publier ce travail.
Que tous ceux qui nous ont fourni les documents,
les statistiques et les matériaux utiles, reçoivent
ici l'expression de notre gratitude la plus vive et la plus sincère
Table des matières :
Chapitre I : Définition et origine.
- Étendue territoriale.
- Le sous-sol.
- Historique.
- L'Homme.
- Le Patois.
- L'Habitation.
- Le Village.
Chapitre II : Démographie.
- Mouvement de la population.
- Densité de la
population.
- État Civil.
- Les divorces.
- Répartition
d'après les langues parlées.
- Logements.
- Abandon d'enfants.
Chapitre III : État agricole,
industriel et commercial.
- Agriculture.
- Artisanat.
- Industrie.
- Les Mines.
- Le Commerce.
Chapitre IV : Organisation sociale du
travail.
- La femme et l'enfant
dans l'industrie.
- La femme et l'enfant
dans la législation sociale d'aujourd'hui.
- L'apprentissage.
- La durée du
travail.
- Les accidents du travail
et leurs suites.
- La longévité
ouvrière.
- Les grèves.
- Le Borinage dans la
législation industrielle, minière, sociale.
Chapitre V : La Guerre - Problèmes
économiques.
- La Guerre.
- Reconstruction et crise.
- La situation matérielle
des travailleurs.
- Le coût de la
vie.
- Les salaires.
- Les pensions ouvrières.
Chapitre VI : La vie économique,
politique et sociale.
- Les sociétés
coopératives.
- Les mutualités.
- Les unions professionnelles.
- Les organisations politiques.
- La position des partis.
- L'Enseignement.
- Les activités
intellectuelles et éducatives.
- Situation matérielle
et morale.
- Conclusion.
- Index.
20 euros (code de commande : 03632).
FAVIER
(Jean) — L’histoire administrative et financière
du Moyen Âge occidental depuis dix ans. Paris, 1969. In-8° (161 x 245 mm.) agrafé,
[77] p., envoi de l’auteur au professeur Maurice-A. Arnould.
Extrait du t.
CXXVI, 1968 de la Bibliothèque de l’École
des chartes, pp. 427-503 (Bibliographie).
Avant-propos :
« L'histoire est une, et tout cloisonnement
a ses défauts. Mais l'auteur d'un bulletin bibliographique
ne saurait tout embrasser, et force lui est de tracer des limites
en espérant qu'on les lui pardonnera, pour peu qu'elles
soient nettement définies. Avant de passer en revue les
principales publications qui nous sont parvenues depuis une dizaine
d'années, pour les domaines conjoints de l'histoire administrative
et de l'histoire financière médiévales, nous
préciserons donc les limites de notre entreprise.
Il s'agit ici, avant tout, de l'Europe occidentale.
Nous n'avons fait état, pour l'Europe centrale et orientale,
que de quelques publications ayant attiré notre attention.
Quant à Byzance et à l'Islam, nous les avons délibérément
exclus. Nous avons également restreint l'extension de ce
bulletin en laissant de côté les travaux touchant
à la nature de l'État, aux structures féodales
et au pouvoir monarchique, pour lesquels on se reportera aux récentes
mises au point publiées dans la Revue historique,
et ceux qui ressortissent à la numismatique, pour lesquels
on se reportera aux revues spécialisées. Ont de
même été omises les études relatives
au droit médiéval et à la justice, malgré
les connexions humaines et institutionnelles qui existent entre
les cours de justice et les administrations non judiciaires.
En sens contraire, nous avons fait place à
l'histoire des institutions représentatives et de conseil,
bien que cette histoire soit notablement politique. Il nous a
semblé que l'on ne pouvait disjoindre des études
consacrées à l'impôt celles qui portent sur
les conditions de son octroi. »
La bibliographie est répartie en trois
: Les Sources ; Histoire de l'administration ;
Les finances publiques.
8 euros (code de commande : 03601).
GAUTIER (Marthe) et GAUTIER (Christian) — Verrières-le-Buisson. Son histoire. Son église. Verrières, Chez les Auteurs, 1988. In-4° (220 x 304 mm.) sous cartonnage illustré d'éditeur, IX, 218 p., illustrations, (collection « L'Historique de Verrières », n° 6).
Table des matières
:
- Bibliographie.
- Préface.
- Introduction.
- Avant-propos.
- Notre-Dame de Verrières : son
histoire jusqu'à la Révolution.
- Notre-Dame de Verrières : pendant
la Révolution.
- Notre-Dame de Verrières : après
la Révolution.
- Les curés et les prêtres-fermiers
de Notre-Dame de Verrières jusqu'à la Révolution.
- Jacques Lilamand, curé de 1783
à 1809, Castel et Borne, ses vicaires en 1791, Stanislas,
Auguste, Adam Monet en 1792.
- Les vicaires de Jacques Lilamand pendant
la Révolution.
- Les desservants de 1809 au 1er janvier
1829.
- Les curés de cette date à
nos jours.
- La vie temporelle des curés jusqu'à
la Révolution.
- La vie temporelle des curés pendant
la Révolution et après.
- Le presbytère - La maison du vicariat.
La maison d'école des filles - La maison d'école
des garçons.
- Les marguilliers.
- Les anciens marguilliers.
- Les fondations du 25 janvier 1652 au
2 mars 1783.
- Les fondations au XIXe siècle.
- L'église.
- Les vitraux.
- Les tableaux.
- L'orgue.
- Les cloches.
- Les sage-femmes après la Guerre
de Cent Ans.
- Les coutumes.
- Les reliques - Les confréries.
- Les processions - Les bannières.
- La loi de séparation de l'Église
et de l'État du 9 décembre 1905.
- Les croix.
- Le cimetière.
- La visite du cimetière.
- Annexes :
1. Les visites archidiaconales
de Josas.
2. Le testament du Sieur de
Montqueron - 4 mars 1690.
3. Les évêques
de Paris.
20 euros (code de commande : 03603).
[GIRAUDOUX (Jean)]. JOB (André) et TEISSIER (Guy) — Figures juives chez Jean Giraudoux. Avertissement par Pierre d'Almeida. Paris, Bernard Grasset, 1992. In-8° (130 x 205 mm.) broché, 238 p., (collection « Cahiers Jean Giraudoux », n° 21), exemplaire en bon état.
Avertissement :
En
ces temps exquis où Brasillach, par la grâce d’Éric
Neuhoff, se transfigure en héros de roman : où
la publication de l’immonde Journal de Drieu suscite,
en nombre, de bien subtils articles ; où Céline
prend rang de « l’un des plus grands écrivains
du siècle, – le plus grand peut-être »,
cependant que Touvier, la Milice, Vichy sont blanchis, récurés
par décision de Justice, il ne se passe guère de
mois qu’un folliculaire, ou parfois même un universitaire,
ne s’avise, la mine effarouchée, feignant le haut-le-corps,
de révéler au public l’antisémitisme
de Giraudoux. Les pièces à conviction ? Toujours
les mêmes, bien sûr, depuis tant d’années
– ou plutôt toujours la même : le chapitre
de Pleins pouvoirs intitulé « La France
peuplée ». Est-ce à dire qu’on n’en
pourrait procurer d’autres qu’en se livrant à
la falsification ? On n’y répugne pas toujours...
Du moins, grande est l’habileté des giraldophobes :
l’un dissémine dans un abondant ouvrage de courtes
citations, dont il se garde bien d’avertir le lecteur qu’elles
proviennent toutes du même texte ; l’autre laisse
entendre que c’est par pure bonté d’âme
qu’il s’en tient à ce même opuscule.
Les Amis de Jean Giraudoux n’ont jamais
cherché à le dissimuler ; ainsi le rédacteur
de ces lignes lui a-t-il consacré un article qui n’était
pas de complaisance, dans un précédent Cahier.
Qui nous lit sait donc bien, contrairement à ce que suggère
un Jacques Lecarme, qu’il nous « inquiète » :
cette fois non plus, nous n’allons pas tenter d’en justifier,
d'en absoudre son auteur. Mais observons ceci : l'antisémitisme
d’un Céline, d’un Drieu, d’un Brasillach
ne se manifeste pas seulement dans un article de circonstance,
il rayonne dans beaucoup de leurs œuvres. Et celui de nombre
d’autres écrivains, pour être moins obscène,
n’est guère moins obsédant. Giraudoux, que
l’on sache, n’a écrit ni le Péril juif
(Jouhandeau), ni même France-la-Doulce (Morand)...
Seul en vérité Jeffrey Mehlman
a cru pouvoir mettre en évidence un délire antisémite
qui structurerait l’œuvre entière de Giraudoux,
promu à cette fin « idéologue de la littérature
française » ; il conclut en ces termes
sa démonstration :
« Les Juifs, rejetés
(Cantique, avec Églantine) ; déportés
(Sodome avec Bérénice) ; exterminés
(La Folle de Chaillot avec Athalie). Tel est le
cortège de textes – en 1938, 1943, 1944, par
lesquels Giraudoux défend et illustre l’essence menacée
de la littérature française. Le programme implicite
de ces pièces – celui d’Holopherne, en fin
de compte – se précise de manière de plus
en plus lugubre, à mesure qu’il fête secrètement
le rôle de la France dans l’enfer européen ».
Mais comment adhérer à pareille
thèse, qui se fonde sur les superpositions les plus gratuites,
les déductions les plus hasardeuses, voire des manipulations
éhontées ? Quelques exemples : Charles
Mauron ayant comparé Sodome et Gomorrhe à
Bérénice, cela suffit à Mehlman pour
avoir la vision de Giraudoux « à sa maison de
campagne à Cusset, à quelques kilomètres
de Vichy, ou dans Paris occupé » relisant avec
délectation cette tragédie où le spectacle
fasciste (« Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette
armée »...) prépare « l’expulsion-déportation
de la Juive », et décidant d’écrire
à son tour une Bérénice – à
la suite de Brasillach, auteur en 1940 de La Reine de Césarée.
Dans Sodome et Gomorrhe, l’Ange ne dit-il pas à
Lia : « Ton occupation, c’est toi-même » ?
Abraham et Sarah ne marchent-ils pas « entre les décombres » ?
Mehlman de se demander sans trembler : « Et si
le mot occupation (...) était utilisé au sens de
Drieu ? » ; et de rappeler que « Les
Décombres était le titre du best-seller antisémite
de Rebatet sur l’effondrement de la Troisième République. ».
Il est malheureusement plus banal de le voir solliciter outrageusement
une interview – celle du 29 avril 1938 dans Je suis
partout – ou tronquer certaine phrase de «
La France peuplée ».
Pourtant, ainsi que déjà le suggérait
André Job il y a six ans, il faut retenir de Mehlman l’obligation
où se trouve tout lecteur de Giraudoux de rendre compte
de la situation faite aux Juifs et aux Juives dans l’ensemble
de l’œuvre. Car il est vrai que Bella, puis Églantine
reposent sur le parallèle d’un grand seigneur champenois,
de noblesse « immémoriale », et d’un
Juif oriental devenu « le directeur de la banque la
plus puissante d’Europe », et que Judith
peut être considérée comme « la
tragédie des Juifs et du judaïsme », selon
la formule de Guy Teissier. Telle est donc la tâche que
les collaborateurs de ce Cahier ont entreprise : décrire
la vision qu’avait Giraudoux du peuple juif, penser la représentation
qu’il s’était formée de l’élection,
définir les valeurs affectées dans son univers au
judaïsme et à la judéité.
Nous espérons bien sûr éclairer
ainsi d’un autre jour les pages honnies de Pleins pouvoirs,
mais surtout esquisser à la fois une lecture nouvelle de
l’œuvre de Giraudoux, et une nouvelle approche de la
thématique juive dans la littérature de l’entre-deux-guerres.
Si en effet la quasi-totalité des accusateurs de Giraudoux,
préférant l’invective, consacre l’ineffable
méthode dont use le plus célèbre d’entre
eux quand il s’avise de transformer Piero délla Francesca
en peintre cubiste (tâche pas plus ardue, nous semble-t-il,
que celle de transformer Giraudoux en écrivain antisémite) :
« Il suffit d’oublier de comprendre »,
– nous voudrions, quant à nous, donner à
chacun quelques éléments pour comprendre.
8 euros (code de commande : 03606).
GUÉNON (René) — Aperçus sur l'ésotérisme islamique et le Taoïsme. Avant-propos de Roger Maridort. Paris, Gallimard, 1978. In-8° (118 x 185 mm.) broché, 157 p., (collection « Les Essais », n° CLXXXII), exemplaire en bon état.
En quatrième
de couverture :
Ce
livre réunit un certain nombre d’études que
René Guénon a consacrées au Çûfisme.
Il y montre que celui-ci n'est nullement une secte, mais le cœur,
le noyau de la tradition Islamique. Il s'agit là, bien
entendu, du Çûfisme orthodoxe qui implique une transmission
initiale remontant au Prophète et non de pseudo-organisations
qui ne peuvent revendiquer une filiation valable.
Le dernier chapitre est consacré au Taoïsme
et au Confucianisme de même qu’à la permanence
du Tao, en dépit de la destruction plus ou moins complète
de l'aspect extérieur de la tradition chinoise.
Pour René Guénon, quelle que soit
la diversité des méthodes, l'ésotérisme
est partout et toujours le même. La hiérarchie du
Çûfisme, avec son chef, son Pôle, se retrouve
à peu près pareille dans les autres formes traditionnelles
de l'Orient ainsi que dans la Franc-Maçonnerie.
Quant à l'influence spirituelle, d'origine
non humaine, elle dirige les diverses organisations initiatiques,
mais c'est par l'intermédiaire de celles-ci que devra s’opérer
la marche descendante du Cycle comme sa remontée finale.
10 euros (code de commande : 03616).
[HAINAUT - SOCIÉTÉ DES SCIENCES, DES ARTS ET DES LETTRES DU HAINAUT]. Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut. 96e volume - 1992. Mons, Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, 1993. In-8° (160 x 240 mm.) broché, XIV, 207 p., exemplaire en très bon état.
Table des matières
:
- La
Société des Sciences, des Arts et des Lettres du
Hainaut.
- Comité de patronage
- Bureau, p. V.
- Membres, p. VI.
- Chronique, p. VIII.
- Nécrologie,
p. XIII.
- L'expression des grands nombres dans
l'Arénaire d'Archimède, par Jean-Michel Delire,
p. 1.
- Les seigneurs de Fontaine-l'Évêque
des origines au milieu du XIIIe siècle, par Guy
Weyn, p. 19.
- L'édition des fables d'Eudes
de Cheriton et de leur traduction française, par Pierre
Ruelle, p. 69.
- Rôle de Jacques De Brœucq
dans le monument funéraire de Jean de Hennin-Liétard
(Boussu), par Virginie Gossez, p. 79.
- Mozart et l'originalité créatrice,
par Robert Wangermée, p. 95.
- La formation du réseau routier
du Centre, par Roger Darquenne, p. 117.
- La bibliothèque du château
de Seneffe, par Claude Sorgeloos, p. 127.
- À propos d'un trafic de biens
nationaux : l'affaire troublante Warocqué-Lebourgeois
1798-1818, par Jacqueline Lebrun, p. 151.
- Les « Mémoires »
(1780-1843) de Nicolas-Joseph Descamps (1775-1846) et leur publication.
Une mise en garde, par Albert Milet, p. 167.
- Le cadre juridique de l'enseignement
gardien en Belgique : les grandes lois organiques de l'enseignement
primaire et l'enseignement gardien (1842-1914), par Muriel
Leblon, p. 181.
- Enjeux et spécificités
des programmes spatiaux, par René Dejaiffe,
p. 193.
- Nouveaux matériaux : nouveaux
défis, par Jean-Luc Brédas, p. 201.
10 euros (code de commande : 03600).
HASQUIN (René P.) et MAYENCE (Serge) — Salves sambriennes. Préface de A. Haulot. Avant-propos de Alexandre André. [Charleroi], [Héraly], 1959. In-8° (165 x 225 mm.) broché sous jaquette d'éditeur (papier arraché sur environ 2 cm²), 210 p., illustrations hors texte, un des 300 exemplaires numérotés sur blanc-vélin (n° 79), non coupé.
Table des matières
:
- Préface, par Arthur Haulot.
- Avant-propos, par Alexandre André.
- En avant, marche !
- Marcheur, d'où viens-tu ?
- Carte des localités où
l'on marche.
- Dates des marches.
- Sainte-Rolende, Gerpinnes.
- Saint Roch et ses marcheurs de Thuin.
- La Trinité à Walcourt.
- La Saint-Roch à Ham-sur-Heure.
- La Saint-Pierre à Thy-le-Château.
- La marche de la Grande Terre à
Châtelineau.
- Saint-Roch et Saint-Grégo à
Acoz.
- La Saint-Roch à Couillet.
- La marche de Saint-Eloi à Châtelet.
- Incursion au Royaume des Madeleineux,
à Jumet.
- Le Tour Saint-Jean à Gosselies.
- La Saint-Pierre à Florennes.
- La Saint-Pierre à Morialmé.
- La Saint-Feuillen à Fosse.
- Les autres marches.
- Entre deux salves.
Vendu.
JACOBI (Jolande) — Complexe, Archétype, Symbole. [Titre original : Komplex, Archetypus, Symbol.] Traduit par Jacques Chavy. Préface de Carl-Gustav Jung. Neuchâtel, Éditions Delachaux & Niestlé, 1961. In-8° (155 x 215 mm.) broché, 167 p., illustrations hors texte, (collection « Actualités Pédagogiques et Psychologiques »), petit cachet ex-libris sur la couverture et la page de titre, dos ridé.
Préface :
Le
problème traité dans ce livre m'a moi-même
longtemps préoccupé. Il y a maintenant exactement
cinquante ans que j’ai reconnu, grâce aux résultats
des expériences d'association, le rôle que jouent
les complexes dans la vie de notre conscience, et ce qui m'a le
plus impressionné c’est leur autonomie particulière
par rapport aux autres contenus du conscient. Alors que ces derniers,
qui sont sous le contrôle de la volonté, vont et
viennent selon ses ordres, les complexes ou bien s'imposent à
notre conscient en brisant son influence inhibitrice, ou bien
de façon tout aussi soudaine, résistent obstinément
à notre intention consciente de les reproduire. Les complexes
n'ont pas seulement un caractère obsédant, mais
souvent aussi un caractère possessif ; ils se comportent
alors comme des lutins et se laissent aller à toutes sortes
d'actes manqués, lapsus, confusions de souvenirs, erreurs
de jugement, toutes choses vexantes, ridicules ou perfides qui
contrecarrent l'effort d'adaptation de notre conscient.
Il n'était pas difficile de voir que
si les complexes devaient leur relative autonomie à leur
nature émotionnelle, leur expression dépendait toujours
d’un nœud d'associations groupées autour d’un
centre à charge affective. L'émotion centrale se
présentait comme une acquisition de l'individu et par conséquent
comme exclusivement personnelle. Toutefois une expérience
accrue montrait que les complexes n'étaient pas variables
à l'infini, mais que la plupart appartenaient à
des catégories bien déterminées, qui reçurent
très vite leurs dénominations, si connues du public
qu'elles sont pour ainsi dire populaires : complexe d'infériorité,
de puissance, complexe de père, de mère, complexe
d’angoisse, etc. Le fait qu’il y ait des types de complexes
bien caractérisés et facilement reconnaissables
montre qu'ils reposent sur des fondements également typiques,
c’est-à-dire sur des dispositions émotionnelles
ou instincts. Ceux-ci s'expriment chez l’homme par
des fantaisies, des attitudes involontaires et des actions ayant
entre elles un accord intime et qui sont identiques aux réactions
instinctives spécifiques de l’homo sapiens. Les instincts
ont un aspect dynamique et un aspect formel. Cet aspect formel
s'exprime entre autres dans les représentations de l'imagination
qui ont une surprenante similitude en tous lieux et dans tous
les temps comme on pouvait s'y attendre et comme on peut le démontrer.
De même que les instincts, ces représentations ont
aussi un caractère relativement autonome, elles sont « numineuses »
: c’est pour cela qu'on les trouve surtout dans le royaume
du « numineux » et dans celui des idées
religieuses.
Pour des raisons que je ne peux indiquer ici,
j’ai choisi le terme archétype pour désigner
cet aspect formel de l'instinct. Le Dr Jacobi s'est donné
pour tâche, dans ce livre, d'exposer les relations importantes
qui existent entre le complexe individuel et /'archétype
instinctif universel d’une part et d'autre part entre celui-ci
et le symbole. Ce livre est pour moi d'autant plus le bienvenu
que le concept d'archétype a toujours donné lieu
à de graves malentendus et, à en juger d'après
les critiques, il est à présumer qu’il est
très difficile à comprendre. Celui pour qui ce concept
est l'occasion de doutes trouvera des apaisements dans cet ouvrage
qui tient compte d’une grande part de ce qui a été
publié sur le sujet. Mes critiques, à de rares exceptions
près, ont l'habitude de ne pas prendre la peine de lire
attentivement ce que j’ai écrit sur cette question,
mais ils m'imputent, entre autres, l'opinion que l'archétype
est une représentation héritée. Il semble
plus facile de conserver ses préjugés que de rechercher
la vérité. Aussi à cet égard, j'espère
que les efforts de l’auteur apporteront tous les éclaircissements
désirables, d'autant plus que les considérations
théoriques de la première partie sont illustrées
dans la seconde partie par les modes de manifestation et d'opération
de l'archétype. Je suis reconnaissant au Dr Jacobi de m'épargner
la peine de renvoyer constamment mes lecteurs à mes propres
écrits.
15 euros (code de commande : 03634).
KESSEL (Joseph) — Dames de Californie. 31e édition. Paris, Gallimard, 1929. In-8° (110 x 167 mm.) broché, 137 p.
Extrait :
Rien
n'est plus déplaisant qu'un récit de bonnes fortunes.
Pourtant, au cours de ces pages, il ne sera, en apparence, question
que de celles qui me sont échues dans le mois de décembre
1918 au bord du Pacifique américain.
Si, parmi tant de souvenirs qui alourdissent
déjà de leur charge mélancolique une vie
dont la capacité fut élargie au-delà du normal
par le jeu, les circonstances et une ardeur désordonnée,
je choisis celui-là, ce n'est pas que je sois tenté
de paraître ici en séducteur. On verra que je fus
simplement servi par une atmosphère unique et aussi – il
faut le dire – par une absence ingénue de règles
amoureuses ou sensuelles.
La combinaison de ces deux éléments
fit d'un mois californien une sorte d'éblouissement dionysiaque.
J'entreprends de le raconter ici avec une entière bonne
foi. Je prends soin d'en avertir le lecteur parce que certains
faits que je me propose de transcrire me paraissent à moi-même
incroyables. Dix ans ont passé. Le monde n'est plus le
même et combien de fois, en ces dix ans, me suis-je renouvelé !
Aussi me semble-t-il que je vais parler d'une
planète disparue où se laissait emporter par sa
frénésie un jeune camarade à moi que j'observe
certes avec douceur puisqu'il avait mon visage, mais avec un désintéressement
entier, puisque les jours et les semaines ont peu à peu
rongé toutes les fibres qui le rattachaient à ce
que je suis aujourd'hui.
Peut-être, dans la chaleur de l'écriture,
retrouverai-je cette adolescence marquée de guerre, de
déchaînement et d'avidité. Mais ce n'est point
cela qui me pousse. Il faut, pour que des souvenirs aient un intérêt,
se dévoiler avec résolution. Entre toutes les impudeurs
celle qui touche au physique me paraît la plus légère,
surtout lorsqu'elle fixe un instant d'un pays et d'un peuple qui
ne se répétera plus.
10 euros (code de commande : 03624).
LE MIRE (Aubert - Aubertus Miraeus) — Fasti Belgici et Burgundici. Aubertus Mirœus Bruxellensis, Isabellæ Claræ Eugeniæ Serma Hisp. Infanti à Sacris Oratorij, & S. T. L. publicabat. Bruxelles, Pepermann, [1622]. [Bruxellis, / Apud Ioannem Pepermannum, Bibliopo- / lam iuratum, Typographumque civi- / tatis, sub Biblijs aureis.] In-8° (115 x 170 mm.) plein parchemin à rabats d'époque, dos titré à la plume, [1 (titre avec une vignette gravée)], [1 bl.], [14 (épître dédicatoire, avis au lecteur)], 755 p., [44 (chronologie, index, privilège)], [1 bl.] p., parchemin fendu au dos avec un petit manque.
Notice de B.-C. De Ridder :
« Les pièces liminaires comprennent
l'épître dédicatoire, l'avis au lecteur, la
liste des écrivains consultés et deux extraits de
Tertullien. L'ouvrage est dédié à François
De Rye, grand doyen de Besançon, premier chapelain et grand
aumônier de l'Infante Isabelle.
Cette œuvre est le fruit des loisirs que
lui laissaient à la cour ses fonctions de curé.
Après avoir fait, dans la dédicace, l'histoire des
martyrologes, Miraeus ajoute qu'il suivra les traces de ses devanciers
qui ont traité cette matière. Il a mis à
profit les sources imprimées et manuscrites qu'il avait
à sa disposition pour retracer la vie des saints personnages
qui ont vécu dans les Pays-Bas et en Bourgogne. Afin de
mieux réaliser son plan, il suit l'ordre du calendrier.
Tout en donnant la préférence
au travail plus complet de Molanus, nous avouerons que l'œuvre
de Le Mire contient plusieurs documents et notices qui font défaut
dans le livre du docteur de Louvain. Raissius publia, en 1626,
un Auctarium à l'ouvrage de Molanus, où il
utilisa grandement les Fasti Belgici et Burgundici. »
Bibliographie :
- Wauters (Alphonse), Miraeus (Aubert
Le Mire, dit), dans Biogaphie Nationale, t. XIV, col.
882-895.
- De Reiffenberg (Frédéric
Auguste Ferdinand Thomas), [Bibliographie
des œuvres d']
Aubert le Mire, dans Bulletin du Bibliophile belge,
t. II, p. 144, n° 39.
- De Ridder (B.-C.), Aubert Le Mire,
sa vie, ses écrits : mémoire historique et
critique, n° XLVIII, p. 82.
Vendu.
[LÉOPOLD
III]. DUMONT (Georges-H.) — Léopold III Roi des
Belges. Bruxelles, Charles
Dessart, 1944. In-8° (143 x 215 mm.) broché sous
jaquette, 402 p., illustrations hors texte, exemplaire en
grande partie non coupé.
Un ouvrage de
jeunesse écrit par Georges-Henri Dumont alors que le roi
des Belges était encore aux mains des nazis (il était
retenu en captivité par à Strobl, en Autriche, et
fut libéré par l'armée des États-Unis
la veille de la capitulation allemande). Il convient de considérer
ce livre comme une source historique en soi mais non comme une
biographie objective de Léopold III. Il illustre parfaitement
l'état d'esprit du courant léopoldiste et traditionaliste
belge en 1944, cherchant à préserver l'image d'un
roi « incompris » et à préparer
son retour à la tête du pays.
Table des matières
:
Chapitre I. Continuité.
Chapitre II. La jeunesse d'un prince.
Chapitre III. Années de préparation.
Chapitre IV. Les débuts du règne.
Essai de redressement intérieur.
Chapitre V. La politique d'indépendance.
Chapitre VI. La neutralité.
Chapitre VII. La Campagne des Dix-huit jours.
Chapitre VIII. Prisonnier de Laeken.
Chapitre IX. À l'aube de la paix
8 euros (code de commande : 03636).
[LITTÉRATURE
FANTASTIQUE ET DE SCIENCE-FICTION]. Détours dans les
ténèbres. Treize
récits insolites choisis et présentés par
Peter Haining. Tournai, Casterman, 1977. In-8° (139
x 207 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 230 p.,
(collection « Autres Temps, Autres Mondes »),
exemplaire avec sa bande d'annonce (partiellement passée).
Il s'agit d'une
version abrégée de The Lucifer Society réalisée
par Peter Haining et publiée en premier lieu par W. H.
Allan & c°, à Londres, en 1972.
Sur la jaquette :
Le
propos de cette anthologie est de montrer que les contes « noirs »,
les récits dits d'étrangeté, d'horreur, d'épouvante,
ne ressortissent pas exclusivement, comme on l'a trop souvent
pensé, au domaine d'écrivains spécialisés.
Aussi rassemble-t-elle treize nouvelles écrites par des
auteurs anglais et américains contemporains qui doivent
néanmoins leur célébrité à
des œuvres d’un tout autre genre. Ce qui prouve que
personne n'échappe jamais entièrement à la
fascination des « ténèbres intérieures
et extérieures », – et que nous ressentons
une sorte d’inquiétant plaisir à en sonder,
un jour ou l'autre, les redoutables profondeurs.
Si les histoires racontées ici possèdent
donc une saveur singulière, c’est parce qu'au lieu
d'avoir été signées par E.F. Benson, A. Bierce,
A. Derleth, C. Jacobi ou H.P. Lovecraft, elles le sont par William
Burroughs, Truman Capote, Raymond Chandler, G.K. Chesterton, Agatha
Christie, Lawrence Durrell, F. Scott Fitzgerald, Paul Gallico,
Graham Greene, Patricia Highsmith, J.B. Priestley, John Steinbeck
et John Updike.
Sommaire :
- Préface, par Peter Haining.
- Notices sur les auteurs.
- La Rue en colère, par G.
K. Chesterton.
- Dans un battement d'ailes, par
Agatha Christie.
- Les Cerises, par Lawrence Durrell.
- Les Gris, par J. B. Priestley.
- Le Petit cinéma d’Edgware
Road, par Graham Greene.
- Le Bal, par F. Scott Fitzgerald.
- La Porte de bronze, par Raymond
Chandler.
- L'Affaire du 7 rue de M., par
John Steinbeck.
- L'Amateur d'escargots, par Patricia
Highsmith.
- La Terrible réponse, par
Paul Gallico.
- Miriam, par Truman Capote.
- L'Exterminateur, par William
Burroughs.
- Au temps du jurassique, par John
Updike.
5 euros (code de commande : 03597).
MAHIEU (Raymond G.W.) — La douane et les douaniers au royaume de Belgique. Ouverture sur l'Europe. Essai historique sur la douane et les douanier d'hier et d'aujourd'hui. Mons, Chez l'Auteur, 1993. In-8° (158 x 225 mm.) broché, 128 p., nombreuses illustrations et reproductions de cartes postales, exemplaire dédicacé par l'auteur à Simon Letor, en très bon état.
Table des matières :
1.
Avertissement.
2. La douane. Généralités.
3. L'armement.
4. Le cabotage.
5. Les campagnes sucrières.
6. Cantons rédimés d'Eupen, de
Malmedy et de Saint-Vith.
7. C.I.D. [Centre d'Instruction Douanière]
- Formation - Promotion - Musée.
8. Compétences des agents de la douane.
9. Distinctions honorifiques.
10. Les droits.
11. Les documents douaniers.
12. Les enclaves.
13. Les entrepôts douaniers.
14. Les fanfares des douanes.
15. Les franchises douanières.
16. La fraude et les fraudeurs.
17. Nos frontières.
18. La hiérarchie.
19. Lois et conventions.
20. Le mariage des employés.
21. Mouvements douaniers - Destinations des
marchandises.
22. Mutations - Résidence.
23. Le territoire neutre de Moresnet.
24. Prestations, repos et congés.
25. Chambre de recours.
26. Récompenses.
27. Le refus d'exercice.
28. Régime disciplinaire.
29. La mise à la retraite, disponibilité.
30. Les salaires de la douane.
31. Sceaux et cachets.
32. Le service en campagne.
33. Le signalement.
34. Les syndicats.
35. Les uniformes.
36. Le rayon réservé.
37. Les voies mitoyennes
38. Les voies non autorisées et autorisées.
39. Sources
40. Illustration. Les Douaniers (poème
d'Arthur Rimbaud).
15 euros (code de commande : 03608).
MALVA (Constant, pseudonyme d'Alphonse Bourlard) — La nuit dans les yeux. Préface de Marcel Moreau. Lecture de Daniel Blampain. Bruxelles - Paris, Éditions Labor - Fernand Nathan, 1983. In-8° (110 x 180 mm.) collé, 160 p., illustrations hors texte, (collection « Espace Nord », n° 3), surlignements au fluo bleu, rouge et jaune aux pp. 129-144 et 147-148.
En quatrième
de couverture :
… C’est quand on est seul qu’on
voit mieux l’aspect sinistre de la mine, lieux de désolation
et d’épouvante ; où un silence de mort plane,
où les ténèbres comme des draps funèbres
vous enveloppent de toutes parts.
Quelquefois ce silence est rompu par la chute
d’une pierre ou la plainte d’une bête qui cède
sous la pression du terrain. Les bois brisés semblent des
suppliciés qui se tordent en un tourment sans fin ; certains
de ces bois sons phosphorescents : dans l’ombre, on croirait
voir des fantômes.
4 euros (code de commande : 03609).
MAO ZEDONG — Quatre essais philosophiques. Pékin, Éditions en Langues Étrangères, 1967. In-8° (130 x 185 mm.) broché, 151 p.
Table des matières
:
- De
la pratique.
- De la contradiction.
I. Les deux conceptions du
monde.
II. L'universalité
de la contradiction.
III. Le caractère spécifique
de la contradiction.
IV. La contradiction principale
et l'aspect principal de la contradiction.
V. L'identité et la
lutte des aspects de la contradiction.
VI. La place de l'antagonisme
dans la contradiction.
VII. Conclusion.
- De la juste solution des contradictions
au sein du peuple.
I. Deux types de contradictions
de caractère différent.
II. L'élimination
des contre-révolutionnaires.
III. La coopération
dans l'agriculture.
IV. Les industriels et les
commerçants.
V. Les intellectuels.
VI. Les minorités nationales.
VII. Planification d'ensemble
et dispositions appropriées.
VIII. « Que cent
fleurs s'épanouissent », « Que cent
écoles rivalisent » et « Coexistence
à long terme et contrôle mutuel ».
IX. Les troubles créés
par un petit nombre de gens.
X. Une chose mauvaise peut-elle
se transformer en une bonne ?
XI. Le régime de stricte
économie.
XII. La voie de l'industrialisation
de la Chine.
- D'où viennent les idées
justes ?
8 euros (code de commande : 03635).
MAUROIS (André) — Arabesques. [Paris], Chez Marcelle Lesage, 1925. In-16 (127 x 163 mm.) broché sous couverture rempliée, 72 p, deux reproductions d'extraits manuscrits contrecollés in-fine, (collection « La Folie du Sage », n° 1), un des 225 exemplaires numérotés sur Arches (n° 145), exemplaire en bon état.
Avec
Arabesques, André Maurois, après avoir effectué
un voyage en Afrique du Nord et particulièrement au Maroc
à l'époque sous protectorat français, nous
offre une galerie de portraits, d'impressions et de portraits
qui évoquent des figures et des paysages du monde arabe.
Au milieu des années 1920, Marcelle Lesage
avait baptisé sa librairie « À la Folie du
Sage » ; elle était établie à
Paris, quai de l'Horloge. Elle souhaitait réaliser de belles
publications bibliophiliques, à tirages limités,
et inaugura la collection qui porte le nom de son établissement
par ce texte d'André Maurois.
25 euros (code de commande : 03623).
[MONS - LITTÉRATURE DIALECTALE]. Armonaque dé Mons pou l'année 1991. Mons, [Association des Montois Cayaux], 1991. In-8° (162 x 225 mm.) collé, 108 p., illustrations et publicités, exemplaire en bon état.
Table des matières
:
- Avertance.
- Paroles de R. Lemur et B. Hambye.
- Pierre s'ra toudis là.
- El Gazette à l'méeson Madeion.
- Ene Pinte.
- Arsouilleries.
- J'ai twé m'belle-mère.
- El mon.nier, ès' fieu èyè
l'baudet.
- El pus belle prière.
- L'haridelle èyè l'cras
beu.
- M'prumier cabaret.
- Ramint'vances (Hérings à
rouges tiètes).
- El cat èyè l'mouchon.
- Des œuvres de Vincent exposées
à Mons.
- Au Waux-hall.
- Rètour d'Espagne.
- Ramint'vances d'ein vieux siège.
- En récette dè cuisine.
- Péril Jaune.
- Histoire d'une Maison de Commerce montoise.
- J'vos présinte.
- El leup èyè l'bédot.
- Mi.
- Rincontre.
- Lette à Madame Pett-sec.
- Ein crack.
- Si vos cachez après ein amoureux.
- L'apothicaire, èl coiffeur èyè
l'canteur.
- El cat avé les deux piérots.
- Les biaux slogans.
- El marche du piétonnier.
- Réflexions sur le symbolisme du
Lumeçon.
- El timbalier d'èl procession.
- Les fèmmes èyè l'secret.
- El grand leup èyè l'pétit
bèdot.
- El téléphone dè
Jean l'malin.
- À l'écoute d'une rue montoise.
- Ein p'tit richot.
- El création du monde.
- El mot d'Ia fin.
2,50 euros (code de commande : 03620).
[PHILIPPE II]. PFANDL (Ludwig) — Philippe II 1527-1598. Une époque, un homme, un roi. Traduit de l'allemand par M. E. Lepointe. Paris, Librairie Hachette, 1942. In-8° (142 x 225 mm.) broché, 542 p., illustrations hors texte, rousseurs.
Avant-propos :
L'an
de grâce 1581 vit propager contre le roi régnant
d'Espagne les horreurs que voici :
Philippe II a fait tenter par le cardinal Granvelle
l'empoisonnement de son cousin et beau-frère, le futur
empereur Maximilien II. Si cette tentative échoua
il y faut voir l'œuvre de la Providence et n'en faire aux
assassins aucun mérite. Philippe a épousé
sa propre nièce, l'archiduchesse Anna d'Autriche et pour
ce mariage incestueux, à très peu de chose près
aussi ignominieux que l'union de Jupiter avec sa sœur Junon,
il a obtenu dispense du pape de Rome. Ainsi le représentant
de Dieu sur la terre a couvert de son autorisation ce que le Dieu
du Ciel n'eut jamais approuvé. Afin de pouvoir contracter
ce mariage incestueux, Philippe s'est débarrassé
par un assassinat de son épouse légitime Isabelle
de Valois, mère de ses deux filles et héritières.
Philippe a également contracté son premier mariage
avec Marie de Portugal en pleine conscience d’une union double,
et par conséquent du crime de bigamie, car à cette
époque il était déjà, secrètement
mais légalement, l'époux d'Isabelle Osorio, qui
lui avait donné plusieurs enfants. Philippe a fait disparaître
par une main criminelle son fils et héritier don Carlos,
parce qu’il ne voulait pas que le rejeton, odieux à
ses yeux, d’une union illégale et défendue
accédât un jour au trône de ses pères.
Philippe a encore entretenu, du vivant de son épouse légitime,
Isabelle de Valois, une union irrégulière avec une
certaine dona Eufrasia. Lorsqu'elle fut devenue enceinte de ses
œuvres il força le prince d’Ascoli à l'épouser
et à reconnaître l'enfant comme son héritier.
Et dès qu’il eut atteint son but, assuré le
sort de sa concubine et de son bâtard, il se débarrassa
du prince par le poison.
Voilà donc, au total et au bas mot, une
tentative de meurtre, trois assassinats, un mariage incestueux,
un crime de bigamie et un adultère. Notons que des accusations
aussi injurieuses et aussi monstrueuses n'étaient pas colportées
sous le manteau ou propagées avec précaution de
bouche à oreille, mais bel et bien répandues par
les officines des libraires, du vivant même de celui qu'elles
visaient. Et par-dessus le marché elles étaient
adressées, avec les obséquieux compliments de leur
auteur, à toutes les cours princières d'Europe,
petites ou grandes. Peu importe en l’espèce que l’homme
responsable de cette campagne de diffamation eût été
l'un des ennemis mortels de Philippe II – il s'appelait
Guillaume d'Orange et le libelle imprimé en langue française
sous le titre Apologie contre l'Édit de proscription
était donc de toute évidence un acte de riposte
et de vengeance. Mais il est bien plus important de noter que
ces diffamations circulaient par tout le pays, vulgarisées
par des réimpressions et des traductions à bon marché,
qu'on les lisait avec satisfaction, qu'on les discutait passionnément
et qu'on leur accordait créance dans un esprit de complaisance
pharisaïque envers soi-même. Bien plus, alimentées
au cours des années et des siècles par les sources
les plus abondantes et les apports les plus troubles, elles se
gonflèrent en un véritable marécage où
se confondent la fange et le mensonge, la haine et l’esprit
de vengeance, le fanatisme et l'intolérance. De sorte que
de nos fours encore les dernières vapeurs de ce cloaque
qui va s'asséchant lentement déforment et troublent
l'image de ce souverain, dont en réalité l'existence
ne fut autre chose qu'un exemple d'abnégation totale au
service d'un peuple et d’une idée.
Sans doute il existe bien telle ou telle biographie
de Philippe II où l’auteur s'efforce loyalement de
lui rendre justice, mais pour chaque livre de ce genre on en trouvera
toujours trois qui ne savent voir en lui que le sombre fanatique,
le pécheur hypocrite, le meurtrier sournois, le tortionnaire
de la liberté de pensée, l'adversaire de tout progrès,
le blême, tortueux et sanguinaire despote. Bien plus, il
s'est même rencontré des auteurs qui se sont donné
beaucoup de mal pour le ravaler à être le bouc émissaire
et le grand responsable de la catastrophe qui s'est de nos jours
abattue sur l'Espagne.
Notre intention n’est nullement d'écrire
un « Antibarbarus pro rege Philippo », c’est-à-dire
de le débarrasser point par point de toute la boue dont
on l'a couvert, de le laver de toutes accusations et d'entreprendre
ainsi une réhabilitation du souverain le plus atrocement
calomnié, le plus grossièrement méconnu de
tous les souverains d'Europe. C’est affaire d'archivistes
qui ne redoutent point la poussière des dossiers, la recherche
pénible et le déchiffrement de documents enfouis,
dispersés et de lecture difficile. Notre but est tout autre.
Ce que nous voulons, le voici : élaborer un portrait de
Philippe II, tel qu'on peut se le représenter et le peindre
en l’état actuel des études historiques; rechercher
ce qu’il tient de ses origines ancestrales et en même
temps déterminer ce que son père et les éducateurs
de sa jeunesse lui ont donné dépannions, de mobiles,
de convictions ; faire toucher du doigt l'idée maîtresse
de sa vie et, ce faisant, établir en quoi elle diffère
de celle de son grand progéniteur et prédécesseur
; faire revivre Philippe en sa double existence d'homme et de
roi, montrant d’une part l'époux et le père,
le mécène et l'administrateur, le politique et le
diplomate, celui qui conçoit et de loin dirige des batailles,
l'inexorable mainteneur du droit, l'actif compulseur de documents,
le scribe infatigable ; puis les figures de son entourage, ses
épouses, ses fils et ses filles, ses conseillers et ses
ministres. Ce que nous voulons encore, c’est montrer en action
les fidèles sujets qui l'assistent, les adversaires politiques,
opposants idéologiques ou ennemis personnels, son humble
simplicité dans la prospérité, sa grandeur
d'âme dans le malheur, son bel équilibre dans les
jours de maladie comme aux heures de bonne santé, son triomphe
sur la mort. Ce que nous voulons, c’est ne méconnaître
ou ne pallier ni ses faiblesses, ni ses défauts, ni les
limites de son esprit ; en un mot c’est l'appréhender
tout entier et lui rendre justice à tous points de vue.
Et ce faisant toutes inégalités
et tous contrastes se compenseront d'eux-mêmes, et l'on
verra s'écrouler comme châteaux de cartes toutes
les calomnies inventées pour lui faire tort. Ce qui émergera
des brumes qui se lèveront et se dissiperont, ce ne sera
ni un ange, ni un génie, ni un héros, mais ce sera
toutefois un homme dont la vie, en une grande et difficile époque,
aura valu d'être vécue.
Vendu.
PIÉRARD (Christiane) — Xylotypes, incunables, post-incunables conservés à la Bibliothèque de Mons. Préface de Maurice-A. Arnould. Mons, Université de Mons-Hainaut, 1989. In-8° (178 x 258 mm.) broché, XXXVI, 259 p., illustrations, (collection « Éditions Universitaires de Mons - Répertoires », n° 2).
Extrait de l'introduction
:
Trois périodes ont favorisé la
naissance ou l'accroissement des bibliothèques publiques
et privées belges ; Mons a profité largement
de certains de ces événements. À la fin du
XVIIIe s., la Révolution française, avec pour conséquence
la sécularisation et la nationalisation des biens des communautés
religieuses et des grandes institutions de l'Ancien Régime,
favorisa la création du noyau autour duquel maintes bibliothèques,
aujourd'hui réputées, se sont développées ;
Mons en est un exemple typique. L'Armistice du 1l novembre 1918
et l'occupation de l'Allemagne par les armées alliées,
la dévaluation du mark et la crise économique qui
suivirent le conflit, permirent à des bibliophiles, belges
entre autres, d'acquérir à bon compte des livres
soigneusement conservés dans de riches bibliothèques
rhénanes, mosellanes ou d'ailleurs et ceci explique, sans
doute, le nombre important d'incunables d'origine allemande (notamment
de Tréves) conservés dans le Fonds Puissant, le
chanoine ayant été en relations suivies avec une
famille seigneuriale (qu'il nous sera permis de ne pas nommer)
ayant des propriétés allemandes. Le troisième
événement qui permit d'accroître les collections
des bibliophiles d'Europe Occidentale, est la fin de la guerre
1940-1945 et la seconde occupation de l'Allemagne par les Alliés.
Des collections, abandonnées ou vendues à un prix
suffisamment avantageux pour l'acquéreur, ont été
dispersées ou éparpillées ; les États-Unis
ont absorbé une large part de cette offre mais aussi des
pays européens et le Hainaut est, grâce à
un bibliophile avisé, l'heureux dépositaire de dix-neuf
incunables dont plusieurs n'étaient ni repris dans Polain,
ni représentés dans les collections belges. Ces
incunables faisaient partie d'une bibliothèque privée
mais des dispositions testamentaires furent prises en faveur d'un
dépôt public.
[...]
En juin 1968, au cours d'une réunion
de l'Association des bibliothécaires de Belgique, section
des livres précieux, il fut décidé de réaliser
une idée déjà ancienne : compléter
et revoir le catalogue de Polain. Il est certain que les pertes
causées par la guerre 1940-1945 ont modifié la répartition
des incunables dans les collections publiques et que les collections
privées ont subi les mutations propres au sort de telles
bibliothèques (ventes, dispersions, héritages, ...) ;
d'autres collections particulières hainuyères sont
nées au hasard des occasions et notamment à la suite
de la vente de bibliothèques allemandes après la
défaite nazie de 1945. Des incunables entrèrent
ainsi dans des collections belges. Cette décision de revoir
« le Polain » étant prise, chaque
bibliothèque belge qui possédait des incunables
fut chargée de réaliser le contrôle et l'inventaire
de ses collections. C'est ce que nous avons entrepris dès
la fin de l'année 1968. Ce fut l'occasion de réaliser
un inventaire aussi exhaustif que possible des incunables conservés
dans les dépôts publics de Mons.
D'aucuns pourront s'étonner de voir figurer
dans ce catalogue quelques titres ignorés dans le Catalogue
de Polain et dans son Supplément, étant considérés
là comme des post-incunables ; nous avons pris le
parti de les citer chaque fois qu'ils figuraient ailleurs en tant
qu'incunables, dans l'un des répertoires anciens ou chaque
fois qu'ils étaient signalés en tant que post-incunables
dans le Gesamikatalog der Wiegenckucke. L 'ensemble des
post-incunables conservés à Mons n'est donc pas
répertorié de manière exhaustive dans le
présent catalogue ; un répertoire particulier
pourrait leur être consacré au sein de l'inventaire
des éditions du XVIe siècle en cours d'élaboration.
10 euros (code de commande : 03613).
[REVUE
LITTÉRAIRE]. Magazine littéraire. Mars 1977 - n° 122. Paris, Magazine
Littéraire, 1977. In-4° (215 x 270 mm.) agrafé,
78 p., illustrations.
L'écologie
en 1977 : un dossier pionnier sous ses angles historique, philosophique
et politique.
Sommaire :
- Chroniques.
- Le moi littéraire
de Jacques Sternberg, p. 7.
- Le roman du mois :
L’œil de fer, de Georges Thinès, par Frantz-André
Burguet, p. 43.
- Littérature
étrangère : retour à Selma Lagerlöf,
par Alain Bosquet, p. 64.
- La chronique du Capricorne
: lecture critique, par Jean-Jacques Brochier, p. 69.
- Poche-sélection,
par Raymond Manuel, p. 74.
- Dossier.
- Écologie : histoire,
philosophie et politique, p. 8.
- Changer ou disparaître,
entretien avec René Dumont, p. 9.
- Les pionniers de l’écologie,
par Frédéric de Towarnicki, p. 12.
- Écologie et
politique, par Christian Huglo, p. 20.
- La pollution au village,
par Jean Plumyène, p. 23.
- Militer pour l’écologie,
entretien avec Monique Cazeaux, p. 24.
- Un état hydrocéphale,
entretien avec Alain Peyrefitte, p. 25.
- Les dangers du manichéisme,
par Jean-Michel Varenne, p. 28.
- Une conscience écologique,
par Marc de Smedt, p. 30.
- Essai de bibliographie,
par Vincent Bardet, p. 31.
- Événements.
- Je ne cherche pas,
je trouve - L’anagramme de love - Point de départ
- Guizot et les gares - À propos de Auden - Dossier radio
- Roumanie - Roman féminin - Apollinaire et André
Level - Paris - Le globe - Nazisme - Beckett - Brûler les
livres ? - Histoire de France - Dialogue - Juristes - Hersant
- Catalogue - Mc Cullers - Symbolisme - Anacharsis - Marionnettes
- Baudelaire, p. 34.
- Romans.
- Un livre qui rêve,
par Robert Louit, p. 44.
- Souvenirs.
- Théâtre-souvenirs,
par Pierre Ysmal, p. 50.
- Science-fiction.
- S.F.-panorama, par
Antoine Griset, p. 53.
- Humour.
- Patron ! et trois pastiches...,
par Jean-Didier Wolfromm, p. 56.
- Histoire-documents.
- Qu’est-ce que
la parapsychologie, par J.-D. Jullien, p. 59.
- Essais.
- Éloge de l’aliénation,
par Robert Louit, p. 65.
- Musique.
- De Schumann à
Mahler, par Jean-Baptiste Baronian, p. 69.
- Poésie.
- Cinq poètes
d’aujourd’hui, par Hubert Juin, p. 72.
- Inédit.
- Mort constante au-delà
de l’amour, par Gabriel Garcia Marquez, p. 76.
4 euros (code de commande : 03602).
SAXE (Maurice, comte de) — Lettre de sauvegarde en blanc de Maurice de Saxe, imprimée à l'occasion de la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748). Feuille au format 237 x 364 mm., ornée de vignettes royale et aux armes.
Ce formulaire a été imprimé
et utilisé pendant la guerre de Succession d'Autriche
(entre 1744 et 1748), période durant laquelle Maurice de
Saxe commandait les armées françaises en Flandre.
De Montam, le signataire de ce formulaire resté
blanc, était probablement un secrétaire ordinaire
du cabinet ou un commis à la signature attaché à
l'état-major du Maréchal ; il faisait partie
de la véritable chancellerie ambulante composée
de scribes, de comptables et de secrétaires qui accompagna
Maurice de Saxe pendant les campagnes de Flandre. Cette signature
semble apparaître assez régulièrement sur
des sauf-conduits, passeports militaires et lettres de sauvegarde
similaires émis par l'armée de Flandre entre 1745
et 1748.
Extrait de l'article de Sandrine Picaud-Monnerat :
Une sauvegarde, c’était une
protection accordée par des généraux, moyennant
une taxe, à des personnes ou à des communautés
; cette protection les garantissait théoriquement contre
la violence, les pillages, les fourrages inconsidérés
des troupes.
Les sauvegardes étaient le plus souvent
couplées à des exigences de contributions. Les contributions,
c’étaient ces fournitures en argent ou en nature (en
grains, en bétail, en fourrages) qui étaient réclamées
aux communautés villageoises sous obédience ennemie
pour l’approvisionnement de l’armée, selon un
montant qui ne pouvait excéder celui qui était prélevé
par le souverain légitime en temps de paix (des traités
de contributions étaient passés à cet effet
par les puissances belligérantes). C’était
le gouverneur de la place au profit de laquelle devait s’effectuer
la levée de contributions qui notifiait aux communautés
villageoises situées en territoire ennemi les quantités
à livrer ; ces quantités ayant fait l’objet
d’une négociation avec l’intendant.
Quand des sauvegardes étaient accordées,
c’étaient de bien piètres protections. [...]
Le comte de Beausobre, colonel de hussards, fut témoin
des abus et laisse sans illusions les lecteurs de ses souvenirs
militaires. À l’été 1745, il participa
activement avec son régiment à des manœuvres
de diversion et de harcèlement qui permirent de lever des
contributions au profit de l’armée française
en Hainaut, en Brabant et dans le Namurois. Beausobre ajoute que
ces provinces furent aussi soumises aux lettres de sauvegarde
du maréchal de Saxe. Or ces lettres, aux dires de Beausobre,
« ne sauvoient rien » ; Maurice de Saxe
s’en servait cependant beaucoup... pour apurer ses dettes
! Le passage vaut d’être recopié :
« Cette opération
étant complette, je fus ailleurs, pour faire vivre mes
troupes et leurs chevaux, pour obliger le Brabant, le Namurois
et la Hainaut d’envoyer au Roy et traitter des contributions
; et pour favoriser la distribution des innombrables lettres de
sauvegarde du Maréchal ; qui le desiroit beaucoup,
qui avoit beaucoup de dettes à aquitter, et qui avoit besoin
de monter sa maison et de se faire un fond: mais je refusay de
me charger de ses lettres de sauvegarde qui ne sauvoient rien,
et d’en recevoir les sommes. Je luy proposay d’en charger
le baron de Diesckau Colonel de son régiment, excellent
officier, et de luy adjoindre un de ses secrétaires pour
compter, enquaisser, et distribuer ces patentes. Il trouva mon
idée juste, d’autant que je l’assuray que je
ferois toutes les maneuvres nécessaires à la plus
grande extension possible de ses droits ; et je luy tins parole
comme je le devois, en soumettant pourtant ces maneuvres à
celles que je devois faire pour n’etre pas battu, et pour
étendre la gloire et le succès des armes du Roy.
»
Bibliographie :
- Picaud-Monnerat (Sandrine), « Accommodements
locaux, sauvegardes, contributions : le cas des campagnes de Flandre
de la guerre de Succession d’Autriche (1744-1748) »,
dans Les ressources des faibles. Neutralités, sauvegardes,
accommodements en temps de guerre (XVIe-XVIIIe siècle),
pp. 339-360 (§§ 30-41).
40 euros (code de commande : 03631).
[SOILLE (Jean)]. PAGNOUL (Anne-Marie) — Inventaire des papiers Soille. Bruxelles, Archives Générales du Royaume, 1969. In-8° (158 x 245 mm.) broché, 94 p., exemplaire en très bon état.
Table des matières
:
- Introduction.
- Historique.
- Documentation.
- Classement.
- Inventaire.
A. Documents anciens.
I. Pièces
d’archives.
II. Brochures
imprimées : datées non datées.
B. Notes et publications.
I. Corneille
Stevens.
II. Le
Stévenisme.
III. Prêtres
soumis ; Stévenistes et autres dissidents.
IV. Le
« Stévenisme » jusqu’en 1958.
- Annexe.
- Index des noms de lieux et de personnes.
10 euros (code de commande : 03614).
[THUDINIE - RANCE]. Publications de la Société d'Histoire Régionale de Rance. 1970-1975. Tome VIII. Rance, Société d'Histoire Régionale de Rance, 1976. In-8° (157 x 240 mm.) broché, IX, 171 p., tableaux, illustrations, exemplaire en très bon état.
Table des matières
:
- Comité de la Société
d'Histoire Régionale de Rance, p. I.
- Renseignements administratifs - Listes
de membres, p. I.
- La vie de la Société, p. VI.
I. Beaumont, ville forte sous les seigneurs
de Croÿ, par Anne-Marie Tournay, p. 3.
II. Moustier-en-Fagne, le monastère
de Wallers, par Réginald-Ferdinand Poswick,
p. 59.
III. Chimay, ses princes et les Français,
par Charles De Clercq, p. 85.
IV. Prélude à Waterloo.
Les cent-jours d'Avesnes à Charleroi, par Michel
Carly, p. 113.
V. Les carrières de pierres de
la région de Beaumont-Chimay au XVIIIe siècle,
par Claire Dujardin, p. 129.
VI. L'église collégiale de
Chimay affiliée à la basilique Saint-Pierre de Rome,
par Henri Dessart, p. 157.
10 euros (code de commande : 03615).
VANDENDRIESSCHE (Olivier) et RIGOT (José) — 1830-1976. Gilly, son histoire, sa population, ses bourgmestres. Préface de Jacques Van Gompel. Gilly, Christian Renard [Ville de Charleroi], 2006. In-8° (200 x 250 mm.) agrafé, 71 p., illustrations, exemplaire en très bon état.
Préface :
Depuis
près de quinze ans, le Cercle d'Histoire de Gilly a accompli
un travail remarquable qu'il nous a heureusement fait partager.
Ses membres ne se lassent pas de fouiller les
archives et de nous faire part de toutes les richesses qui en
ressortent. En spécialistes, ils continuent à nous
replonger dans l'histoire de notre légendaire commune puisque,
une fois encore, ils se sont livrés à de formidables
recherches historiques afin de nous retracer le parcours des différents
bourgmestres de Gilly... Ces Hommes, qui depuis 1830, ont contribué
à l'expansion de notre cité !
L'initiative n'est pas à négliger
car nous savons tous que pour bien préparer l'avenir, une
bonne connaissance du passé est indispensable. Cet ouvrage,
réalisé avec beaucoup de passion et de méticulosité,
nous permet, au rythme des pages, de découvrir, une fois
encore, notre Histoire – à nous les Gilliciens –
grave, amusante, troublante parfois... Je suis convaincu qu'il
éveillera même chez certains, une foule de souvenirs
!
3 euros (code de commande : 03598).
[WALLONIE]. Les Dialectes de Wallonie. Tome double 21-22 (1993-1994). Liège, Société de Langue et de Littérature Wallonnes, 1996. In-8° (157 x 237 mm.) broché, 309 p., illustrations hors texte, exemplaire non coupé.
Ce volume contient :
- Lessive
et repassage traditionnels à Jauchelette (Ni 67), par Jean-Jacques Gaziaux ;
- Le jubilé de Marie-Jeanne Pondant,
par Martine Willems ;
- Les noms belgoromans de la rougeole,
par Marie-Guy Boutier ;
- wall. Mosselète, par Jean
Lechanteur ;
- Le nom du sculpteur Rutxhiel,
par Louis Remacle ;
- absoute : singulier ou pluriel ?,
par Louis Chalon ;
- Remarques sur l'étymologie
de quelques mots bastognards, par Jean Lechanteur ;
- De houille à Hullos, par
André Goosse ;
- sotdwèrmant ou sosdwèrmant
ou sodwèrmant ?, par André Goosse.
12 euros (code de commande : 03607).
WOOLLARD (Claude) — Les flottilles de Harwich 1914-1918 sous les ordres du commodore Tyrwhitt. Traduit de l'anglais par le capitaine de frégate H. Pelle des Forges. Préface du duc de Montrose. Paris, Payot, 1932. In-8° (145 x 226 mm.) broché, 218 p., (« Collection de Mémoires, Études et Documents pour servir à l'Histoire de la Guerre Mondiale »), ex-libris manuscrit à la page de titre.
Table des matières
:
- Préface.
-Avant-propos.
- Organisation des Forces Navales de Harwich
a la déclaration de guerre.
- Le combat de la baie de Héligoland.
- L'engagement du Texel.
- Les signaux en temps de guerre.
- Le raid de Noël sur Cuxhaven.
- L'affaire du Dogger Bank.
- La première flottille.
- Une tentative aérienne contre
Borkum.
- La patrouille auxiliaire de Harwich.
- La fin du mouilleur de mines allemand
« Meteor ».
- Les raids de Zeppelins sur Harwich.
- Une histoire de Zeppelins.
- L'escadre des croiseurs légers
de Harwich.
- Capture de chalutiers ennemis au large
de la cote allemande.
- La perte du sous-marin britannique «
E-17 ».
- Perte de l'« Arethusa ».
- Le raid aérien du Schleswig-Holstein.
- La remise en état d'un destroyer
en temps de guerre.
- Le raid sur Lowestoft.
- La bataille du Jutland.
- Le premier raid ennemi sur Douvres.
- Les permissions et la vie de société
a Harwich.
- Un épisode de mouillage et de
dragage de mines.
- Les corvées de bœuf.
- Nouvelle méthode d'attaque des
Zeppelins.
- Le remorquage d'un ballon captif.
- Sorties en mer du Nord.
- Un incident amusant du temps de guerre.
- Les aéroplanes en mer.
- Mise en service des vedettes a moteur
cotières.
- Arraisonnement de chalutiers suspects.
- L'attaque contre les navires de patrouille
allemands.
- La perte du « Scott » et
de l'« Ulleswater ».
- Les phases finales de la guerre.
12 euros (code de commande : 03621).
aura lieu
le mardi 15 septembre 2026
par courriel (b.waterlot@hotmail.com) ou par téléphone ou sms (+32 (0) 472 51 52 63).
Ces livres peuvent être retirés à l'adresse figurant dans l'en-tête du blog.
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