mardi 31 mars 2026

Les « nouveautés » du 31 mars 2026

 

 MISE À JOUR DU 31 MARS 2026

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BENOIST (Jean-Marie) — Les nouveaux primaires. Paris, Éditions Libres - Hallier, 1978. In-8° (135 x 209 mm.) collé, 219 p., exemplaire en très bon état. 


En quatrième de couverture :
   Des forces sourdes d'abaissement et de totalitarisme visent à opérer une simplification tragique de la vie politique et la vie culturelle où Jean-Marie Benoist voit la manifestation de l'esprit primaire. Ce texte, politico-philosophique, vise trois catégories de nouveaux primaires : les technocrates sans âme, maniaques de l'organisation, les progressistes qui imposent de nouveaux dogmes et de nouveaux rituels au mépris de la richesse subtile des traditions ; les pédagogues de l'amnésie enfin, qui transforment nos enfants en parfaits rouages d'une société technicienne.
   Jean-Marie Benoist démonte le système de leur collusion, les raisons socio-politiques et philosophiques de leur apparition.
   Cet essai philosophique qui se tient au-dessus de la mêlée est par la clarté de son style et la vigueur de sa pensée, dans la tradition de Bernanos et de Dostoïevski.
   Né en 1942. Ancien élève de l'École Normale Supé­rieure, agrégé de philosophie, Jean-Marie Benoist est attaché culturel près l'Ambassade de France à Londres avant d'être nommé maître-assistant du Professeur Claude Lévi-Strauss du Collège de France.
   Il a publié de nombreux essais philosophiques et politiques, en particulier Marx est mort qui a marqué le début des années '70. Compagnon de route des nouveaux philosophes, il est aujourd'hui candidat de la majorité présidentielle dans la première circonscription du Val-de-Marne contre M. Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français.

9 euros (code de commande : 03254).

 

BÉRESNIAK (Daniel) — Du temple de Salomon à l'échelle mystique. - Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur du Temple de Jérusalem 27e - Chevalier du Soleil 28e - Grand Écossais de St-André 29e - Grand Élu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir 30e. Paris, Detrad, 1988. In-8° (162 x 240 mm.) broché, 55 p., illustrations, exemplaire en bon état.


Présentation de l'éditeur :
   Le 30e degré, Chevalier Kadosch est devenu LE degré de la progression. À la démarche initiatique des autres degrés, il ajoute plusieurs thèmes forts qui en font un grade prestigieux, au lourd passé historique et polémique. Dégagé de bien des contraintes, se connaissant mieux, le Maçon peut parfaire ses connaissances en étudiant les Arts et la Science. Il ne doit cependant jamais rester dans le savoir seul, il lui faut aussi redescendre pour se mettre au service des autres tout en acquérant les vertus qui font d'un homme, un être vigilant, ferme et maître de lui. Les allusions Templières ne sont qu'une façade qu'il faut traiter comme un symbole : chercher ce qu'il y a au-delà. Il appartient au « Kadosch » – autrement dit au « Saint », c'est-à-dire à celui qui entièrement libéré de ce qui en lui n'est pas exclusivement spirituel – de vivre hors des normes et de franchir toutes les limites... Mais cela est perçu comme un privilège pour ceux qui ne sont pas Kadosch !

10 euros (code de commande : 03268).

 

BÉRESNIAK (Daniel) — Le sens de l'initiation sacerdotale. - Grand Maître Architecte 12ème - Royal Arche 13ème - Grand Élu de la Voute Sacrée 14ème. Paris, Detrad, [ca 1990]. In-8° (162 x 233 mm.) broché, 49 p., illustrations, exemplaire en bon état.


Présentation de l'éditeur :
   Grand Maître Architecte 12e – Royal Arche 13e Grand Élu de la Voûte Sacrée 14eAu travers de ce fascicule Daniel Béresniak nous donne avec précision les éléments essentiels pour répondre à notre questionnement. Seul nous intéresse le symbolisme véhiculé par ces trois degrés dits de perfection et les enseignements qu’ils contiennent. L’enjeu est d’importance puisqu’il s’agit pour le Franc-maçon de faire émerger l’être nouveau qu’il cherche à construire. Grand Maître Architecte (12e), nous voici parvenu au terme des petits mystères, caractérisés par la fin de la légende d’HIRAM. Il s’agit à ce degré d’achever sa propre construction en même temps que celle du temple afin de tirer le plus grand profit des règles du Métier. Chevalier de Royal-Arche (13e) et Grand Élu, Parfait et Sublime maçon (14e), avec ces degrés on arrive au terme d’une fabuleuse épopée où le maçon découvre que c’est dans un nouveau Cabinet de Réflexion que son travail lui permettra de voir non pas une apparence mais la réalité concrète de l’individu. C’est en ajoutant vos propres connaissances et vos propres commentaires à ce travail de perfection que vous aurez rempli l’obligation de Lire et de Réfléchir.

Vendu.

 

[BYRNE (Charlie)]. I Survived, Didn't I ? The Great War Reminiscences of Private « Ginger » Byrne. Edited by Joy B. Cave. London, Leo Cooper, 1993. In-8° (143 x 223 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 143 p., illustrations hors texte, mouillures et soulignements à l'encre rouge.


Sur la jaquette :
   4124 Private Byrne, C., 2nd Battalion the Hampshire Regiment, latterly transferred to the Machine Gun Corps ; served Egypt, 1915 ; France and Belgium, 1916-18 ; Germany, 1918-19 ; honourably discharged, 1919.
   Behind that bald statement lies a remarkable account of an infantryman's service on the Western Front during the Great War. Charlie « Ginger » Byrne was a typical young volunteer soldier of 1914, a soldier's son seeking a part in what seemed a great adventure. If his experiences may be said to mirror those of thousands of others, his account stands out from so many because it is set down in the authentic voice of the old soldier. Unlike hundreds of thousands of his contemporaries, Charlie Byrne survived into old age. Sound in body and mind, and blessed with almost total recall, he was persuaded to tell his tale to an interested, informed, and acute listener. Now Joy Cave has triumphantly made the transition into print of Charlie's war. It is not a tale of high strategy, a recital of epic heroism, but a trench's-eye view of the great tragedy. In that, it perhaps conveys a truth that may sometimes elude the literary memoirists, the heroes and commanders, even the ever-rising tide of Great War historians. All have had their say, and more; Charlie Byrne speaks for the lost thousands who, for whatever reason, never had a voice.
   In the often searing descriptions – of going into action with the Newfoundland Regiment on the Somme on 1 July 1916 (and he was one of the very few survivors of that doomed advance near Beaumont-Hamel) ; of a catastrophic gas attack in the Ypres Salient ; of raids, wiring- and ration-parties ; of work details and transport duties ; of front-line and reserve trenches, and life in billets behind the lines ; of the endless incomprehensible moves, and the shattered landscapes of France and Flanders ; of the ever-present dangers and the ghastly evidence of their effects – there shines through the chaos the good humour and forbearance of the soldier who fought and survived. There is much to be learned from Private Byrne about tolerance and the virtue of simple humanity. He adds to the cataract of words about the Great War his own drop of impish comprehension; in doing so, his narrative forms an excellent counterpoint to the reminiscences and other writings that form the litany of the First World War. Gallant, proud, humorous, and enduring, Charlie Byrne reminds us that wars are fought by ordinary people, but that in each of them there is always something extraordinary.

Vendu.

 

[CROMMELYNCK (Albert)]. BODART (Roger) — Albert Crommelynck. Bruxelles, Elsevier, 1962. In-8° (182 x 247 mm.) sous reliure et Rhodoïd d'éditeur, 14, [2] p., un frontispice en couleurs, un portrait de l'artiste et 24 planches hors texte, (collection « Monographies de l'Art Belge »), exemplaire numéroté (n° 199), en bon état.


Extrait :
   Flamand par son père, français par sa mère, Crommelynck naît en 1902, en un lieu où se mêlent génies roman et germanique : Bruxelles. Sa naissance en fait un homme de dialogue : Flandre lui donne le sens de la couleur ; France, l'amour du mot. Son père est acteur. Son frère, Fernand, l'auteur du Cocu Magnifique, de Chaud et Froid, de Tripes d'or, un grand poète du théâtre. Lui-même, avant 1916, devient acteur, fait partie de la troupe du « Théâtre Volant » que son frère a créée, épouse la fille de l'auteur dramatique Louis Fallens. Il a plus d'amis écrivains, acteurs, éditeurs, directeurs de théâtre que peintres. Cependant c'est à la peinture qu'il se donne, à elle seule. Connaître, pour lui, c'est voir ; et dire, c'est peindre.
   Non peindre n'importe quoi : uniquement le visage. Son entourage lui conseille d'aller au paysage, à la nature-morte, à la composition, au nu. En vain. Seul l'intéresse le portrait. Déchiffrer le masque sous lequel se cache l'homme, telle est dès ses quinze ans, sa vocation. Il s'y est tenu jusqu'ici. Il ira à l'école, puisqu'il le faut : lycée français d'abord, atelier du peintre Hector Letellier ensuite, académie de Bruxelles, chez Montald, enfin. Mais sa véritable école est buissonnière : les bibliothèques, les musées, lui parlent de temps lointains où l'homme savait regarder l'homme et le peindre. Temps riches en réflexions intérieures où, comme dit Montaigne, on tient registre de soi, où l'on se peint « par devant, par derrière, à gauche, à droite, debout, assis, en tous ses naturels plis ». À vingt ans, il gagne Paris. Il va dire, le visage humain, non avec la plume, mais avec le pinceau.
   Ce mélange en lui de sang flamand et français, de goût de la littérature et de la peinture, est-il à l'origine de sa vocation de portraitiste ? Peut-être.

10 euros (code de commande : 03273).

 

DELATTRE (Achille) — Lettre autographe signée adressée à Edmond Colin, directeur de la Faïencerie de Saint-Ghislain. Un feuille pliée en deux (137 x 215 mm.) manuscrite sur les pp. 1 et 3, en très bon état 


   Dans cette lettre, Achille Delattre (Pâturages, 1879 - Baudour, 1964), alors bourgmestre de Pâturages après avoir occupé le poste de ministre du Travail et de la Prévoyance sociale (du 25 mars 1935 au 22 février 1939), s'adressait au directeur de la Faïencerie de Saint-Ghislain qui, eut égard à la situation économique de l'époque, envisageait de se séparer d'une partie de son personnel. Le député du P.O.B. (Parti Ouvrier Belge) de l’arrondissement de Mons-Borinage sollicitait le directeur afin qu'il évite de licencier Germaine et Gilberte Mahieu, deux sœurs vivant dans la commune voisine de Wasmuël, dont il exposait la difficile situation familiale.

Vendu.

 

[DEMOUSTIER (Charles-Albert, attr.)]. Les Roses de la mythologie, Étrennes à Émilie. Paris, Janet, [1811]. In-24 sous cartonnage muet et étui vert d'origine, tranches dorées, [1 (titre avec une vignette gravée)], [1 bl.], 47, [1 (table)] p., 6 gravures hors texte de François Janet d'après des dessins de Louis Lafitte. À la suite : Petit souvenir des Dames, Paris, Janet, s.d. [36 (titre, 7 p. vierges titrées aux jours de la semaine encadrées d'un filet, 12 p. vierges titrées aux mois de l'année encadrées d'une guirlande, 4 p. vierges encadrées d'un filet, 12 p. de calendrier pour l'année 1814] p., bon exemplaire malgré quelques rousseurs.


   La Bibliographie de l’Empire français nous apprend que ce livre fut imprimé à 2000 exemplaires et John-Grand Carteret précise à propos des gravures : « Ces compositions, plus artistiques qu’à l’ordinaire, sont dans le goût de l’école académique de David. »

Table de textes (la mention « gravure » indique que le texte est l'objet d'une illustration) :
   - L’enlèvement de Psyché (gravure).
   - Sapho au rocher de Leucade.
   - Le sage Amoureux.
   - La curiosité de Psyché (gravure).
   - À Psyché.
   - Psyché demandant grâce à l’Amour.
   - Vénus et Cupidon (gravure).
   - Apollon et Daphné.
   - Les deux Amours.
   - À Émilie.
   - Zéphyr et Flore.
   - Le Papillon et la Rose (gravure).
   - La douce Volonté.
   - Les ailes d’Adonis (gravure).
   - Céphale et l'Aurore.
   - Psyché dans le Palais de l'Amour (gravure).
   - La Toilette.
   - Le Bal.
   - Chanson.
   - Ariane et Thésée.
   - Ariane abandonnée.
   - Le premier âge.
   - Ariane.


Bibliographie :
   - Bibliographie de l’Empire français ou Journal de l’imprimerie et de la librairie, n° 6, 22 novembre 1811, p. 64, n° 507.
   - Grand Carteret (John), Les almanachs français, Paris, J. Alisié, 1896, pp. 710-711 n° 3438.
   - Mathis (Véronique), Louis Lafitte : un peintre d’histoire de la Révolution à la Restauration. Normandie Université, 2020, tome III, p. 156.
   - Biet (Christian), « Les Lettres à Émilie de Demoustier, ou la mythologie au service des familles », dans Mélanges offerts à Pierre Barbéris, textes réunis par Gérard Gengembre et Jean Goldzink, Fontenay aux Roses, E.N.S. Editions, 1995, pp. 45-64.

 

 75 euros (code de commande : 03257).

 

[DÜRER (Albrecht)]. Albert Dürer aux Pays-Bas son voyage (1520-1521), son influence. Bruxelles, [Europalia], 1977. In-8° (205 x 205 mm.) broché, XXIII, 211 p., nombreuses illustrations en noir dans le texte et quelques illustrations hors texte en couleurs, dos ridé.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée au Palais des Beaux-Arts, à Bruxelles, du 1er octobre au 27 novembre 1977 dans le cadre des manifestations « Europalia 77 Bundesrepublik Deutschland ».


Tables des matières :
   - Albert Dürer aux Pays-Bas, par Paul Eeckhout.
   - Bibliographie.
   - Catalogue :
      I. Nürnberg au temps d'Albert Dürer, par Matthias Mende.
      II. Peintures et dessins du voyage aux Pays-Bas Introduction, par Fedja Anzelewsky.
      III. Choix de gravures d'Abert Dürer.
      IV. Le voyage d'Albert Dürer aux Pays-Bas, par Jan-Albert Goris.
      V. Albert Dürer et les artistes des Pays-Bas, par Matthias Mende.
   - Biographies.

Vendu.

 

DUVOSQUEL (Jean-Marie)Les statistiques communales de l'ancien canton électoral de Saint-Hubert (1834-1976). Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1977. In-8° (161 x 240 mm.) broché, [80] p.
   Extrait de Saint-Hubert d'Ardenne, cahiers d'histoire, Tome I, pp. 155-235.


Extrait :
   La présente publication concerne le canton électoral de Saint-Hubert tel qu'il se présentait avant la fusion des communes entrée en vigueur le 1er janvier 1977. Cependant, les communes d'Awenne et de Mirwart, appartenant au canton électoral de Saint-Hubert, relevaient alors du canton judiciaire de Nassogne : aussi a-t-il semblé utile de les distinguer dans la présentation du travail. En outre, pour permettre la comparaison avec les chiffres qui apparaîtront dans les recensements futurs, les communes anciennes qui constituent aujourd'hui la nouvelle entité de Saint-Hubert ont été pourvues systématiquement d'un astérisque.
   Rien n'est plus difficile à utiliser que les chiffres : il est évidemment primordial de savoir ce qu'ils recouvrent exactement. Des données apparemment comparables cachent des réalités bien différentes. C'est la raison pour laquelle il sera prudent de consulter, avant utilisation des tableaux qui suivent, un article qui paraîtra dans le Bulletin trimestriel du Crédit Communal de Belgique et qui fournira les caractéristiques de chaque recensement, les conditions dans lesquelles il a été élaboré ainsi que les critères qui ont été adoptés par les statisticiens de l'époque. Cet article nous dispense aujourd'hui d'entrer dans des considérations qui sont communes à tous les cantons qui seront envisagés.
   Précisons encore que le but de ce travail n'est que de fournir des matériaux et non de les mettre en œuvre. D'autres s'y emploieront ultérieurement.

10 euros (code de commande : 03253).

 

FROISSART (Jean) — Le Paradis d'amour. L'orloge amoureus. Édition avec notes, introduction et glossaire par Peter F. Dembowski. Genève, Librairie Droz, 1986. In-8° (116 x 180 mm.) broché, 149 p., (collection « Textes Littéraires Français », n° 339), exemplaire en très bon état. 


Présentation par l'éditeur :
   Ces poèmes narratifs n'ont connu qu'une édition à ce jour (Scheler 1870) aujourd'hui introuvable. Pour la présente édition Peter F. Dembowski s'est basé sur deux manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale (fr. 830 et fr. 831). Le Paradis d'amour est conservé dans les deux alors que l'Orloge amoureus n'a été copié que dans le second. M. Dembowski a retenu la version du Paradis d'amour contenue dans le premier manuscrit (f. fr. 830) car elle est plus proche du dialecte picard de Froissard. Selon le critique, le Paradis d'amour aurait été écrit entre le commencement de 1361 et la fin de 1362 et l'Orloge amoureus au milieu de 1368 en décasyllabes à rimes plates, contrairement à la plupart des dits narratifs de Froissard. Le glossaire de M. Dembowski est suivi d'un index des termes d'horlogerie qui témoigne de l'importance de l'Orloge amoureus pour l'histoire de l'horlogerie.

Vendu.

 

[GILLY - CARTE PORCELAINE]. Lithographie & Autographie Gustave Delacre & Sœur, à Gilly, près Charleroi. Carte porcelaine (216 x 156 mm.) imprimée en deux couleurs par Gustave Delacre, probablement vers 1855-1860.
   Gustave Delacre naquit à Dunkerque le 2 août 1828 et décéda à Châtelet, le 29 octobre 1867. Il résidait à Gilly où il épousa Élisa Thibaut le 24 février 1852. Si nous connaissons bien l'imprimerie Delacre à Charleroi, l'activité de production de cartes porcelaine semble restée dans l'ombre : Marie-Christine Claes ne la mentionne dans son Répertoire.

L'établissement proposait divers produits :
   - Comptabilités lithographiées, régistres à dos élastiques de toutes dimensions, livres à souches, copie de lettres, feuilles de quinzaine, états.
   - Lithographie, chromolithographie, mandats, factures, lettres de faire part, entêtes de lettres, prix-courant, circulaires, cartes d'adresses & de visites, portraits, dessins, musique.
   - Fournitures de bureaux, papiers de toutes dimensions pour plans et dessins, boîtes de mathématiques, cachets, timbres secs & à l'huile, presse à copier, encres, plumes, cires, porte-feuilles.
   - Librairie, cartonnages, reliures, livres classiques, images fines, cartes de voies navigables & des chemins de fer de la Belgique et de la France.
Bibliographie :

   - Claes (Marie-Christine), Répertoire des lithographes actifs en Belgique sous la période hollandaise et le règne de Léopold Ier (1816-1865), IRPA, 2012 (mise à jour 2024).

Vendu.

 

[GIRAUDOUX (Jean)]. JOB (André) et TEISSIER (Guy) — Figures juives chez Jean Giraudoux. Avertissement par Pierre d'Almeida. Paris, Bernard Grasset, 1992. In-8° (130 x 205 mm.) broché, 238 p., (collection « Cahiers Jean Giraudoux », n° 21), exemplaire en bon état. 


Avertissement :
   En ces temps exquis où Brasillach, par la grâce d’Éric Neuhoff, se transfigure en héros de roman : où la publication de l’immonde Journal de Drieu suscite, en nombre, de bien subtils articles ; où Céline prend rang de « l’un des plus grands écrivains du siècle, – le plus grand peut-être », cependant que Touvier, la Milice, Vichy sont blanchis, récurés par décision de Justice, il ne se passe guère de mois qu’un folliculaire, ou parfois même un universitaire, ne s’avise, la mine effarouchée, feignant le haut-le-corps, de révéler au public l’antisémitisme de Giraudoux. Les pièces à conviction ? Toujours les mêmes, bien sûr, depuis tant d’années – ou plutôt toujours la même : le chapitre de Pleins pouvoirs intitulé « La France peuplée ». Est-ce à dire qu’on n’en pourrait procurer d’autres qu’en se livrant à la falsification ? On n’y répugne pas toujours... Du moins, grande est l’habileté des giraldophobes : l’un dissémine dans un abondant ouvrage de courtes citations, dont il se garde bien d’avertir le lecteur qu’elles proviennent toutes du même texte ; l’autre laisse entendre que c’est par pure bonté d’âme qu’il s’en tient à ce même opuscule.
   Les Amis de Jean Giraudoux n’ont jamais cherché à le dissimuler ; ainsi le rédacteur de ces lignes lui a-t-il consacré un article qui n’était pas de complaisance, dans un précédent Cahier. Qui nous lit sait donc bien, contrairement à ce que suggère un Jacques Lecarme, qu’il nous « inquiète » : cette fois non plus, nous n’allons pas tenter d’en justifier, d'en absoudre son auteur. Mais observons ceci : l'antisémitisme d’un Céline, d’un Drieu, d’un Brasillach ne se manifeste pas seulement dans un article de circonstance, il rayonne dans beaucoup de leurs œuvres. Et celui de nombre d’autres écrivains, pour être moins obscène, n’est guère moins obsédant. Giraudoux, que l’on sache, n’a écrit ni le Péril juif (Jouhandeau), ni même France-la-Doulce (Morand)...
   Seul en vérité Jeffrey Mehlman a cru pouvoir mettre en évidence un délire antisémite qui structurerait l’œuvre entière de Giraudoux, promu à cette fin « idéologue de la littérature française » ; il conclut en ces termes sa démonstration :
      « Les Juifs, rejetés (Cantique, avec Églantine) ; déportés (Sodome avec Bérénice) ; exterminés (La Folle de Chaillot avec Athalie). Tel est le cortège de textes – en 1938, 1943, 1944, par lesquels Giraudoux défend et illustre l’essence menacée de la littérature française. Le programme implicite de ces pièces – celui d’Holopherne, en fin de compte – se précise de manière de plus en plus lugubre, à mesure qu’il fête secrètement le rôle de la France dans l’enfer européen ».
   Mais comment adhérer à pareille thèse, qui se fonde sur les superpositions les plus gratuites, les déductions les plus hasardeuses, voire des manipulations éhontées ? Quelques exemples : Charles Mauron ayant comparé Sodome et Gomorrhe à Bérénice, cela suffit à Mehlman pour avoir la vision de Giraudoux « à sa maison de campagne à Cusset, à quelques kilomètres de Vichy, ou dans Paris occupé » relisant avec délectation cette tragédie où le spectacle fasciste (« Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée »...) prépare « l’expulsion-déportation de la Juive », et décidant d’écrire à son tour une Bérénice – à la suite de Brasillach, auteur en 1940 de La Reine de Césarée. Dans Sodome et Gomorrhe, l’Ange ne dit-il pas à Lia : « Ton occupation, c’est toi-même » ? Abraham et Sarah ne marchent-ils pas « entre les décombres » ? Mehlman de se demander sans trembler : « Et si le mot occupation (...) était utilisé au sens de Drieu ? » ; et de rappeler que « Les Décombres était le titre du best-seller antisémite de Rebatet sur l’effondrement de la Troisième République. ». Il est malheureusement plus banal de le voir solliciter outrageusement une interview – celle du 29 avril 1938 dans Je suis partout – ou tronquer certaine phrase de « La France peuplée ».
   Pourtant, ainsi que déjà le suggérait André Job il y a six ans, il faut retenir de Mehlman l’obligation où se trouve tout lecteur de Giraudoux de rendre compte de la situation faite aux Juifs et aux Juives dans l’ensemble de l’œuvre. Car il est vrai que Bella, puis Églantine reposent sur le parallèle d’un grand seigneur champenois, de noblesse « immémoriale », et d’un Juif oriental devenu « le directeur de la banque la plus puissante d’Europe », et que Judith peut être considérée comme « la tragédie des Juifs et du judaïsme », selon la formule de Guy Teissier. Telle est donc la tâche que les collaborateurs de ce Cahier ont entreprise : décrire la vision qu’avait Giraudoux du peuple juif, penser la représentation qu’il s’était formée de l’élection, définir les valeurs affectées dans son univers au judaïsme et à la judéité.
   Nous espérons bien sûr éclairer ainsi d’un autre jour les pages honnies de Pleins pouvoirs, mais surtout esquisser à la fois une lecture nouvelle de l’œuvre de Giraudoux, et une nouvelle approche de la thématique juive dans la littérature de l’entre-deux-guerres. Si en effet la quasi-totalité des accusateurs de Giraudoux, préférant l’invective, consacre l’ineffable méthode dont use le plus célèbre d’entre eux quand il s’avise de transformer Piero délia Francesca en peintre cubiste (tâche pas plus ardue, nous semble-t-il, que celle de transformer Giraudoux en écrivain antisémite) : « Il suffit d’oublier de comprendre », – nous voudrions, quant à nous, donner à chacun quelques éléments pour comprendre.

8 euros (code de commande : 03263).

 

[HAGGADAH DE PESSAH]. Die Darmstädter Pessach-Haggadah. Codex orientalis 8 der Landesbibliothek zu Darmstadt aus dem vierzehnten jahrhundert herausgegeben und erläutert von Bruno Italiener unter mitwirkung von Aron Freimann, August L. Mayer und Adolf Schmidt mit einer gesamtbibliographie der illustrierten Haggadah. Textband mit 20 bishr noch unveröffenlichten abbildungen auf 16 lichtdrucktafeln. Leipzig, Hiersemann, 1927. In-8° (200 x 283 mm.) demi-chagrin brun à coins d'éditeur, dos lisse orné de fers dorés, XI, 313 p., frontispice et 16 planches hors texte.
À ce volume d'introduction, on joint le fac-similé :
In-folio (265 x 363 mm.) plein veau à fermoirs, dos à 6 nerfs, plats ornés d'un grand décor à froid avec un cabochon cuivré aux centres et quatre écoinçons aux angles, [116] p., les miniatures en couleurs sont rehaussées à la feuille d'or.
   
Les bibliographies indiquent que cet ouvrage a été imprimé à 350 exemplaires ; la reliure réalisée pour ce luxueux fac-similé sur parchemin est particulièrement réussie.


 

    Le manuscrit original fut réalisé de la fin du XIVe siècle ou au début du XVe siècle, on le doit au scribe Israel Ben Meir qui, selon August Mayer, réalisa « la plus distinguée des premières Haggadahs du Nord. »
   La Darmstädter Landesbibliothek doit la possession de ce précieux manuscrit à un grand collectionneur, le baron Adolf von Hüpsch (Vielsalm, 1730 - Cologne, 1805), qui avait légué par testament sa bibliothèque et ses collections au Landgraf Ludwig X. À la mort de ce dernier, les collections constituèrent la base du Musée d'État de Hesse (Darmstadt) et du département des manuscrits de la Landes- und Hochschulbibliothek Darmstadt.
   Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les collections du baron von Hüpsch étaient l'une des principales attractions de la ville de Cologne. Il semble que la Haggadah ait été en sa possession depuis 1788 ; on en trouve la mention dans une description de son Cabinet publiée dans le numéro de novembre de l'année 1788 de la revue parisienne L'Esprit des Journaux français et étrangers. Par une Société de Gens-de-Lettres (p. 280) :
   « Un manuscrit hébreux se distingue sur-tout par la beauté du caractère, les peintures antiques & autres ornemens dont il est decoré. Il merite d'autant plus d'attention que, comme l'on sait, la plus grande partie des manuscrits hébreux n'offrent point de portraits des pères de l'Ancien Testament. Ce manuscrit contient les prières des Juifs au tems de Pâques, & il a été écrit dans le treizième siecle. »




Suivez le lien pour découvrir toutes les illustrations :
https://www.youtube.com/watch?v=hxL_mDH-VOg

Les deux volumes : 550 euros (code de commande : 03271).

 

[HAINAUT]. Almanach de la Province de Hainaut, pour l'An 1819, présenté à Son Excellence M. le Chevalier De Bousies, Gouverneur de la Province, Chambellan de Sa Majesté. Mons, Monjot, 1819. [Mons, / Imprimerie de Monjot, rue de la Clef, N° 19. / 1819.] In-8° (108 x 174 mm.) sous son brochage d'époque, 180, 196 p., exemplaire en bon état malgré la couverture salie.
   Ex-libris manuscrit de Théophile Massart, de Binche, sur la page de titre et répété sur les tranches ; en deuxième page de couverture, on lit la mention manuscrite : « Acheté chez Gossart, rue du Parc en 1840 » suivie d'une signature (peut-être « Robette »).


Après les éphémérides, la première partie de l'ouvrage est consacrée aux affaires internationales et nationale ; la seconde partie est consacrée à la province de Hainaut.

 

 Vendu.

 

[HORACE]. DUPOUY (Auguste) — Horace. 9e édition. Paris, Bernard Grasset, 1928. In-8° (120 x 188 mm.) broché, 266 p., (collection « Les Heures Antiques », n° 3), cachet ex-libris de J. De Rasse sur la couverture et la page de titre.


Table :
   - Pour servir d'avant-propos.
   - En tutelle.
   - Sous les ombrages.
   - Les ailes coupées.
   - Mécène, gloire et soutien.
   - Libres propos.
   - Vœu comblé.
   - Melpomène.
   - Euterpe et Polymnie.
   - Vivre pour soi.
   - L'abeille du Mont Matinus.
   - Le génie blanc et noir.
   - Deux tombes sur l'Esquilin.
   - Appendice.

8 euros (code de commande : 03248).

 

[HUREZ (Léon)]. Léon Hurez. Préface de Michel Debauque. [La Louvière], [Les Amis de Léon Hurez], [1985]. In-4° (194 x 265 mm.) collé, 49 p., illustrations.
   
Publication éditée à l'occasion de la séance d'hommage à Léon Hurez organisée le 26 janvier 1985 au Théâtre communal de La Louvière.


Préface :
   La vie et la carrière de Léon Hurez sont exemplaires.
   C'est un homme qui doit tout à ses propres qualités. Les fées ne se sont pas penchées sur son berceau mais jamais, il n'a sombré dans le fatalisme.
   Il a terminé avec succès ses études malgré la guerre et surtout après la perte douloureuse de ses parents.
   La tradition familiale, la vision quotidienne des misères humaines, la volonté de contribuer à l'amélioration de la condition des travailleurs l'amènent tout naturellement à militer dans les rangs syndicaux et au sein du Parti Socialiste.
   Cette action obscure, il l'a menée sans relâche tout en se révélant un professeur exigeant et humain.
   Pour ceux qui le connaissent, sa candidature et son élection aux élections légis­latives de 1961 n'ont pas constitué du tout une surprise.
   Il s'est révélé un mandataire consciencieux, soucieux du respect de l'électeur, fidèle à ses engagements.
   Chez lui, pas de discours inutiles, de phrases creuses, de promesses faciles.
   La franchise, la loyauté et le dévouement sont restés ses vertus cardinales à travers les vicissitudes de la vie politique.
   En tant que gestionnaire, il a été sans cesse guidé par le souci d'efficacité.
   L'amitié et l'esprit d'équipe ont toujours présidé ses relations avec ses collaborateurs qu'il a toujours su mobiliser et galvaniser.
   Il a participé à des moments très délicats de l'histoire nationale : remise en cause du Pacte Scolaire, révision constitutionnelle, mise en place difficile de la régionalisation. À chaque instant, il a eu le souci de défendre les principes, les idées, le programme de l'équipe dont il était membre en reléguant au second plan ses ambitions personnelles et en rejetant le carriérisme et les mondanités.
   Ses plus belles joies, son épanouissement il les a connus dans la vie locale où il a démontré ses qualités d'administrateur.
   À Strépy-Bracquegnies, il a cicatrisé les plaies provoquées par la crise charbonnière. De cette commune marquée par la multiplication des sites industriels désaffectés et dont l'habitat souffrait d'un vieillissement prématuré, il a fait une cité résidentielle verte et accueillante.
   Après la fusion des communes, il a su galvaniser les énergies pour faire de La Louvière un ensemble urbain cohérent digne du rôle régional qui lui est reconnu.
   Sa méthode de gestion a toujours été faite de rigueur et d'enthousiasme communicatifs.
   Il a bien mérité de La Louvière, de la Wallonie, du pays.
   Qu'il en soit remercié !

9 euros (code de commande : 03261).

 

[JÉSUITES]. Avis des Evêques de France, sur l'utilité, la doctrine, la conduite & le régime des Jésuites de France. Rome, 1762. In-8° (109 x 175 mm.) broché, [1 (titre)], [1 bl.], 39, [1 bl.] p., exemplaire en très bon état. 


Extrait :
   Sire,
   Votre Majesté remplie de ces sentimens de Foi & de Religion dans lesquels nos Monarques se sont toujours distingués entre tous les Monarques du monde, & marchant sur les traces de ses Augustes Prédécesseurs, n'a point voulu se décider sur une affaire où il y avoit des points concernant la doctrine & la discipline Ecclésiastique à examiner, sans en avoir auparavant l'avis d'un grand nombre d'Evêques de son Royaume.
   Le tems que Votre Majesté nous a donné pour examiner ces différens points a été fort court ; mais nous nous sommes efforcés de suppléer au tems par l'assiduité & la persévérance de notre travail, regardant comme un de nos principaux devoirs de concourir aux vues que Votre Majesté se propose pour l'avantage de la Religion, le maintien du bon ordre & la tranquillité de son Royaume.
   Après avoir examiné, Sire, avec route la maturité qu'exigeoit l'importance de l'objet, les différens points sur lesquels Votre Majesté nous fait l'honneur de nous consulter, nous avons cru lui donner notre avis ainsi qu'il fuit.
Extrait de l'article de Louis Raison :
   En 1761, « pendant que les Parlements s'acharnaient contre la Compagnie, l'assemblée du Clergé de France fut amenée à s'occuper des Jésuites. Elle s'était réunie à Paris, le 20 novembre 1761. Le Roi l'avait convoquée pour qu'elle lui donnât un avis éclairé sur le célèbre institut, son but, son influence, ses règles. Elle devait même se prononcer sur la question de son maintien. Cinquante et un évêques se trouvèrent réunis à Paris. En réponse à la consultation du Roi, 45 signèrent, le 30 décembre, un acte en faveur des religieux. Ils sollicitaient de Louis XV la conservation de la Société de Jésus. Leur déclaration était intitulée : Avis des Évêques de France sur l'utilité, la doctrine, la conduite et le régime des Jésuites en France. »
Bibliographie :
   - Raison (Louis), « Le Mouvement Janséniste au diocèse de Rennes (suite) », dans Annales de Bretagne, tome 51, n° 1, 1944, pp. 58-59.

40 euros (code de commande : 03270).

 

JOUHANDEAU (Marcel) — Élise architecte suivi de L'incroyable journée. 8e édition. Paris, Bernard Grasset, 1951. In-8° (120 x 185 mm.) broché, 193 p.
   Ex-libris de l'écrivain belge André Allard l'Olivier (Paris, 1913 - Luxembourg, 1985).


Note de l'éditeur pour la réimpression dans la collection La Cahiers Rouges :
   Elise architecte est une chronique maritale où, souveraine, la femme se fait tour à tour jardinière, décoratrice, « romancière de l'ameublement ». Devant ce déferlement d'activités, l'homme n'a plus qu'à bien se tenir...
   C'est probablement autobiographique, comme l'Incroyable Journée, récit d'un samedi soir où l'auteur fit coup sur coup trois rencontres bien extraordinaires...

10 euros (code de commande : 03272).

 

[LE FRANC (Martin)]. BAYOT (Alphonse) — Martin Le Franc. L'estrif de Fortune et de Vertu, étude du manuscrit 9510 de la Bibliothèque royale de Belgique, provenant de l'ancienne "librairie" des Croy de Chimay. Bruxelles, Œuvre Nationale pour la Reproduction de Manuscrits à Miniatures de Belgique, 1928. In-folio (), 59 p., 2 chromolithographies (armes héraldiques),1 planche chromolithographiée en frontispice, 21 planches documentaires en noir, un des exemplaires numérotés et nominatifs imprimés pour la Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique (n° 158 - Georges Vander Meylen).


Extrait :
   Le manuscrit 9510, dont le frontispice fait l'objet de la présente publication, est un des exemplaires de l'Estrif transcrits entre 1449 et 1455. Il comprend 182 feuillets de parchemin et mesure 344 sur 238 millimètres. C'est un beau volume, d'un luxe discret, mais où tout est de la meilleure qualité, à commencer par le parchemin lui-même. Les pages, rayées en rouge, ne portent que 27 longues lignes de texte, avec une justification de 210 sur 140 millimètres, qui laisse subsister de grandes marges. L'écriture est la grosse lettre de forme en usage chez les calligraphes du temps de Philippe le Bon. Partout, des initiales ou des crochets de paragraphes jettent la note claire de leur or, se détachant sur des fonds de pourpre et d'azur relevés de filets blancs. Sans insister, pour l'instant, sur les détails du frontispice, on trouve, en tête de chacun des trois Livres de l'ouvrage, de grandes lettrines bleues, champiées d'or et fleuronnées en toutes couleurs, semblables à celle qui décore la première page du volume. Au f. 2, la lettrine est accompagnée d'une bordure d'angle, du même style que l'encadrement de la dite page. Aux ff. 44 et ioiv, elle a, dans la marge, des prolongements où l'or s'étale en bandeau et qui se terminent par des bouquets stylisés.
   Le volume a dû être préparé en vue du commerce. Nul signe de propriété n'y avait d'abord trouvé place. Les armes des Croÿ de Chimay, qui se voient sur la bordure du frontispice, ont, manifestement, été peintes en surcharge. De même, c'est bien longtemps après la confection du manuscrit qu'au f. 182, sous la rubrique terminale, est venu s'inscrire cet ex-libris autographe (Pl. II) :
      C'est le livre appellé l'Estrif de Fortune et Vertu, et
      n'y a que une histoire, lequel est a monseigneur Charles
     de Croÿ, prince de Chimay.
         Charles.
   Charles de Croÿ, l'auteur de cette note, était le dernier d'une née de bibliophiles qui ont possédé une des plus riches collections de livres de l'époque bourguignonne J'en connais au-delà de quatre-vingts volumes, en partie disséminés à l'étranger, mais dont cinquante-quatre se conservent à la Bibliothèque royale de Belgique.


 

80 euros (code de commande : 03246).

 

[LIVRE]. Le livre illustré en occident du haut Moyen Âge à nos jours. Avant-propos de Martin Wittek. Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert Ier, 1977. In-8° (185 x 255 mm) broché, X, 238 p., illustrations en couleurs et 132 planches en noir hors texte, exemplaire en bon état.
   
Ouvrage édité à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'International Federation of Library Associations and Institutions, à la Bibliothèque royale Albert Ier, à Bruxelles, du 5 septembre au 22 octobre 1977.


Introduction :
   Rares sont les musées qui peuvent offrir à leurs visiteurs un panorama de la peinture occidentale depuis la fin de l'antiquité jusqu'à nos jours. Or, c'est là un privilège que se partagent un certain nombre de grandes bibliothèques.
   Et paradoxalement, la peinture des livres est une des formes d'art le moins connue, l'art de l'illustration demeure un domaine réservé à un petit nombre d'initiés.
   Il suffira, pour s'en convaincre, de voir la part minime faite au livre illustré dans la plupart des manuels d'initiation artistique. Pour la peinture, les hautes époques y sont brossées à grands traits, on y déplore le petit nombre de spécimens conservés... et l'on oublie les trésors contenus dans les manuscrits. De même, on oublie souvent les illustrations que nous ont laissées les plus grands artistes, des époques moderne et contemporaine.
   Et pourtant, l'art du livre est si intimement lié à l'évolution générale des arts dits majeurs qu'un panorama complet de son évolution constitue la plus sûre et la plus simple des initiations à l'histoire de l'art.
   C'est là précisément le but que se propose cette exposition et le présent catalogue se voudrait une modeste contribution à la connaissance de l'histoire du livre illustré.
   Le cadre d'une exposition et d'un catalogue imposait évidemment des limites à ce projet.
   Pour des raisons d'ordre matériel, il a été tout d'abord décidé de se limiter aux ressources exclusives des collections de la Bibliothèque royale. Or celles-ci, comme toutes les grandes collections historiques, ne se sont pas constituées de façon systématique – du moins jusqu'au milieu du XIXe siècle – et présentent, de ce fait, des lacunes importantes.
   La conséquence pratique en est que les organisateurs de l'exposition ont dû se limiter le plus souvent à des œuvres originaires de la région formée par les trois grandes vallées du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, ainsi qu'à des œuvres du nord de la France et de la région parisienne. Pour les Temps modernes et le XIXe siècle, on a pu produire en outre quelques œuvres illustrant l'apport d'autres pays, comme l'Italie, l'Allemagne ou l'Angleterre. Enfin pour le XXe siècle, on a dû se limiter à présenter les écoles française et belge, les fonds de la Bibliothèque royale ne contenant pas suffisamment d'œuvres caractéristiques des autres écoles.
   En dépit de ces lacunes importantes, sur lesquelles on se devait d'attirer l'attention, on est parvenu à évoquer toutes les étapes de l'évolution artistique dans l'art du livre en Occident, depuis la fin de l'antiquité. En outre, on s'est efforcé de souligner, aussi souvent que possible, les influences extérieures décelables dans les œuvres exposées.
   Enfin, la nécessité pratique de limiter en nombre les documents à décrire a imposé des choix parfois douloureux, que d'aucuns regretteront. Les organisateurs espèrent que l'exposition de 185 chefs-d'œuvre de la civilisation occidentale sera de nature à faire oublier l'absence de certaines œuvres tout aussi marquantes.
   Chacun des grands courants de l'histoire de l'art a fait l'objet d'un chapitre séparé, commençant par une brève synthèse, si bien que l'ensemble de ces exposés préliminaires constitue, en moins de 50 pages, un abrégé de l'histoire du livre illustré en Occident. Une bibliographie substantielle, citée à la suite de chaque introduction permettra au lecteur intéressé de compléter les données forcément succinctes du catalogue.
   En principe, tous les documents décrits ont été reproduits dans le catalogue, à l'exception toutefois des œuvres contemporaines qui ne sont pas encore tombées dans le domaine public.
   En replaçant l'évolution de l'illustration dans une perspective rigoureusement historique, en illustrant cette évolution par une exposition et un catalogue de moyenne importance, en fournissant au grand public des éléments de référence précis aux autres formes d'art, les organisateurs espèrent avoir contribué à rendre plus accessible le domaine passionnant de l'illustration. Ils ont surtout cherché à convaincre les visiteurs de l'exposition que le livre illustré constitue un des produits le plus raffinés de toute civilisation et mérite à ce titre la même considération que les autres œuvres d'art. Qu'il leur soit permis, en terminant, de reproduire un souhait émis au IXe siècle par un moine de Corbie : « Cher lecteur, en feuilletant les pages du doigt, prends soin de ne pas abîmer ce qui s'y trouve écrit ; nul, s'il n'est calligraphe, ne peut avoir idée du travail impliqué. Il est aussi doux pour le copiste d'atteindre la dernière ligne que pour le marin d'atteindre le port. Trois doigts seulement tiennent le calame, mais c'est tout le corps qui peine au travail. »

15 euros (code de commande : 03252).

 

MALVA (Constant, pseudonyme d'Alphonse Bourlard) — Le brasier. Introduction et notes par Jacques Cordier. Préface par Jacques Lanotte. Charleroi, Institut Jules Destrée, 1982. In-8° (138 x 211 mm.) broché, 115 p.
   
Édition originale de ce texte resté inédit pendant une cinquantaine d'années...


Extrait de l'introduction :
   Depuis quatre ans, l'œuvre de Constant Malva, redécouverte, est au centre de diverses préoccupations. Rééditions, adaptations théâtrales, études critiques, l'ont replacée sous les feux de l'actualité et de la critique littéraires et font de cet auteur le seul écrivain prolétarien dont on parle. On pourrait s'en étonner. Voici un auteur qui, de son vivant, n'a retenu l'attention que de rares intellectuels branchés sur les problèmes sociaux plutôt que littéraires. Tout en le déplorant et en dépit d’une foi naïve dans le discernement de ses contemporains (« la culture ne va quand même pas me laisser tomber... »), Malva avait la prescience de la reconnaissance future de son œuvre. Il la savait inscrite dans la substance même du Borinage houiller, gravée sur les avatars socio-économiques de cette région qui agonise depuis si longtemps. Question de sensibilité. De style aussi. Car, qu'on ne s'y trompe pas : il y a un ton Malva. Michel Gheude a eu raison de souligner dernièrement ce que l'écriture de Malva avait de spécifique : une parfaite adéquation aux situations décrites, une sorte de balancement interne proche du style parlé, avec juste ce qu’il faut de distance, de « réflexion » au sens littéral du terme. Ce « ton Malva » a connu sa traversée du désert. Les diverses directions qu'a prises la littérature française des dernières décennies n'ont pas privilégié le genre « mémoire ouvrière » qu'on redécouvre actuellement. Malva se situe donc dans un courant de redécouverte qui le dépasse, mais dont il fait partie intégrante. S'ajoute à cet environnement culturel devenu favorable, l'authenticité de l’homme et de l'œuvre. Ici pas de témoignages enregistrés au magnétophone, retouchés par des professionnels de l'écriture. Pas d'autres intermédiaires entre le lecteur et lui que sa maladresse et sa sincérité. Et le lecteur le sent. Nous sommes quelques-uns à avoir œuvré à la réhabilitation de cet écrivain d'entre-deux-guerres refaisant surface entre deux crises. Sans doute y aura-t-il de plus en plus de lecteurs à aimer une œuvre polymorphe, enrichissante par sa diversité même et émouvante dans sa simplicité.

Vendu.

 

[MARGUERITE D'YORK]. HOMMEL (Luc) — Marguerite d'York ou la duchesse Junon. Paris, Hachette, 1959. In-8° (133 x 201 mm.) broché, 351 p. 


En quatrième de couverture d'une réimpression aux éditions :
   Si l'on s'arrête un instant pour jeter un regard d'ensemble sur la vie de Marguerite d'York, on ne laisse pas d'être étonné, voire confondu de tout ce qui a rempli cette vie, des activités aussi multiples que diverses auxquelles la duchesse s'est adonnée, de tout ce qu'elle a réalisé dans les grandes et petites choses. Elle vivait, semble-t-il, à un rythme précipité, entraînée par une volonté toujours tendue. Mais ce rythme ne faiblissait-il jamais ? N'arrivait-il pas à cette volonté de se détendre ? Luc Hommel décrit les réjouissances de la « noble feste » du mariage avec une éblouissante profusion d'images. Il reprend ensuite l'implacable acheminement de la tragédie de Charles le Téméraire, en centrant, cette fois, les événements sur sa femme que le duc de Bourgogne avait épousée à contre-cœur, uniquement pour se ménager l'alliance anglaise contre Louis XI. Il nous montre Marguerite d'York affrontant avec sang-froid les premiers désastres, tentant d'obtenir l'aide des députés des États et, enfin, quand le drame est consommé, soutenant avec affection et intelligence les efforts de Marie de Bourgogne en vue de son héritage menacé. « Le mariage autrichien, estime Luc Hommel, a sauvegardé les fondements de la nation belge. Pour avoir voulu à tout prix ce mariage, Marguerite d'York mérite une large part dans l'existence de l'actuel royaume de Belgique. »

Vendu.

 

MARTINON (Philippe) — Comment on parle en français. La langue parlée correcte comparée avec la langue littéraire et la langue familière. Paris, Librairie Larousse, 1938. In-8° (125 x 180 mm.) sous reliure d'éditeur, 600 p., exemplaire en bon état. 


Table des matières :
   - Préface.
  Première partie. Le nom.
      I. Observations sur le genre et le nombre.
         - Les noms à forme unique pour les personnes ou pour les animaux.
         - Gent et gens, personnes et personne.
         - Les noms de choses qui ont deux genres.
         - Sur quelques pluriels.
      II. Observations sur les compléments du nom.
   Deuxième partie. L'article.
      I. Nature et usage de l'article.
      II. Omission de l'article.
      III. L'article et les noms propres.
      IV. L'article partitif.
    Troisième partie.. L'adjectif qualificatif.
      I. Observations sur le genre et le nombre.
      II. Sur la place de l'épithète.
      III. Sur l'accord de l'adjectif.
      IV. Sur les substituts de l'adjectif.
      V. Du comparatif.
      VI. Du superlatif.
   Quatrième partie. Les adjectifs déterminatifs et les pronoms correspondants.
      I. Des adjectifs et pronoms démonstratifs.
         - Des démonstratifs masculins et féminins. Emploi de celui.
         - Du pronom démonstratif neutre : ce, ceci, cela, ça.
         - Emploi de c’est. Est-ce que.
         - Des démonstratifs même et tel.
      II. Des adjectifs et pronoms possessifs.
         - Observations générales.
         - Extension de l'emploi de l'adjectif possessif.
         - Élimination de l'adjectif possessif avec les parties du corps.
      III. Des adjectifs et pronoms indéfinis.
         - Un, quelqu'un et quelque, aucun, chacun et chaque.
         - De l'adjectif autre, autrui.
         - De l'adjectif tout.
      IV. Des adjectifs numéraux.
         - Les adjectifs cardinaux.
         - Les adjectifs ordinaux.
   Cinquième partie. Le pronom relatif et interrogatif.
      I. Le relatif sujet, attribut ou complément direct qui et que.
      II. Le relatif indirect dont.
      III. Les relatifs indirects quoi et lequel.
      IV. Rapports du relatif et de l'antécédent.
      V. Syntaxe de la proposition relative.
      VI. Le pronom interrogatif.
   Sixième partie. Les pronoms personnels.
      I. Les pronoms personnels sujets. Il neutre et on.
      II. De l'omission du pronom sujet.
      III. De l'inversion du pronom sujet.
         - Dans l'interrogation.
         - En dehors de l'interrogation.
      IV. Les pronoms personnels compléments directs.
      V. Le pronom neutre et pronom attribut.
      VI. Les pronoms personnels compléments indirects pour les personnes.
      VII. Les pronoms compléments indirects pour les choses.
         - Le pronom en.
         - Le pronom y.
      VIII. Les pronoms réfléchis se et soi.
      IX. Quelques observations générales.
   Septième partie. Le verbe.
      I. Observations sur la conjugaison des verbes.
      II. De l'accord du verbe.
         - Avec un sujet unique.
         - Avec plusieurs sujets.
      III. Observations sur les compléments des verbes.
      IV. Emploi des temps de l'indicatif.
         - Le présent.
         - L'imparfait.
         - Le passé, simple ou composé.
         - Le passé antérieur et le plus-que-parfait.
         - Le futur et le futur antérieur.
      V. Emploi du conditionnel.
         - L'imparfait du futur et le conditionnel proprement dit.
         - Le conditionnel dans la proposition principale.
         - Le conditionnel dans la proposition conditionnelle.
         - Le conditionnel de concession.
         - Le conditionnel sans condition.
      VI. Emploi de l'impératif.
      VII. Emploi des temps du subjonctif.
         - Nature du subjonctif.
         - Les règles dites de la concordance des temps.
         - Caractère archaïque de certaines formes du subjonctif.
      VIII. L'indicatif et le subjonctif dans les propositions subordonnées.
         - Dans les propositions relatives.
         - Dans les propositions complétives introduites par que.
         - Dans les propositions qui indiquent la cause ou l'effet, et l'intention.
         - Dans les propositions temporelles.
         - Dans les propositions comparatives.
         - Dans les propositions qui annoncent une concession (ou une restriction).
         - Dans les propositions conditionnelles.
      IX. Emploi de l'infinitif.
         - L'infinitif sujet ou attribut.
         - L'infinitif complément direct.
         - L'infinitif complément indirect.
         - Les propositions infinitives.
      X. Emploi du participe.
         - Le participe présent.
         - La proposition participe absolue.
         - Le participe passé.
   Huitième partie. L'adverbe.
      I. Observations sur l'adverbe.
      II. Sur les adverbes de lieu.
      III. Sur les adverbes de temps.
      IV. Sur les adverbes de manière.
      V. Les adverbes de quantité.
         - Combien, comme, que.
         - Beaucoup, bien, plus, davantage, trop.
         - Peu, guère, moins.
         - Autant, tant, tellement, aussi, si.
      VI. La négation.
         - Emploi de la négation non.
         - La négation normale : ne avec pas et point ; ne... plus.
         - La négation ne employée seule.
         - Emploi de la négation avec jamais, rien, personne, aucun (et nul).
         - Ellipse de la négation. Rien négatif.
         - Les négations coordonnées : ne et ni.
         - Les fausses négations.
      VII. Observations sur les prépositions.
         - De et a, dans et en, avant et devant, près de, parmi, durant, jusque, voici et voilà.
   - Conclusion.
   - Index alphabétique.

Vendu.

 

MECKERT (Jean) — Nous sommes tous des assassins. D'après le scénario original d'André Cayatte et Charles Spaak. Paris, Gallimard, 1952. Dix-septième édition. In-8° (121 x 188 mm.) broché, 262 p. 


Préface :
   Il arrive souvent que des scénaristes adaptent pour l'écran des œuvres classiques de la littérature et nous avons, pour notre part, écrit la version cinématographique de plusieurs romans de Balzac, de Dostoievsky, de Maupassant. Ces travaux, qui ont connu des fortunes diverses, nous valurent à chaque fois le même reproche : nous avions manqué de fidélité à des auteurs célèbres. Pour notre défense, nous avons toujours allégué que la qualité d’une adaptation ne se mesurait pas à sa fidélité et que le cinéaste, reprenant un thème donné, en pouvait, à sa guise, établir une version tout à fait renouvelée. Chaque genre littéraire a ses règles, aussi précises qu'indéfinissables, dont le romancier, le dramaturge, le scénariste ont une connaissance intuitive et tyrannique ; il est naturel qu'ils y sacrifient. Il est naturel, aussi, que l'adaptateur aux prises avec une œuvre très riche accorde une préférence à de certains personnages, développe des épisodes pour en sacrifier d'autres, mette l'accent sur les points de vue qui le touchent particulièrement et qu'excité par ce choix où il se révèle, tende de plus en plus à s'exprimer lui-même, sans que Balzac, Dostoïevsky, Maupassant, intacts dans leurs œuvres complètes, s'en trouvent diminués. Ainsi comprises, ces transpositions d’un genre àa un autre relèvent d’un agréable jeu de société.
   Le cinéma ne s'inspire pas toujours d’intrigues qu'un romancier ou qu'un dramaturge a déjà traitées et de plus en plus fréquemment les scénaristes conçoivent pour lui des œuvres originales qui deviennent à leur tour des récits littéraires. Hélas ! ceux-ci, toujours écrits à la va-vite, assemblent grossièrement les dialogues du film séquence par séquence démontrant de façon péremptoire combien la fidélité est de peu d'importance en matière d'adaptation. Pour une fois, nous avons souhaité qu'un thème conçu et développé pour l'écran fut repris dans un roman par un véritable écrivain, le recréant à, sa guise selon les lois du genre et son inspiration personnelle, en bref jouant le jeu avec toute la liberté que nous avions prise autrefois avec les œuvres de ses confrères illustres.
   Comme il était à prévoir, Jean Meckert s'est intéressé à certains de nos personnages plus qu’à d'autres ; il a bouleversé l'ordre des épisodes, en supprimant quelques-uns pour en créer de nouveaux ; il a sacrifié plusieurs points de vue intellectuels pour ne se préoccuper que des individus et de leurs réactions brutales ; il nous a adaptés, à toutes les pages, déformés et trahis avec une loyauté constante dont nous lui sommes infiniment reconnaissants.
   Film ou roman, « Nous sommes tous des assassins », en racontant les mêmes anecdotes, diffèrent dans la mesure où leurs auteurs diffèrent les uns des autres. Comment ne pas songer à ce que donnerait une adaptation cinématographique du livre de Jean Meckert ? Mais sans doute serait-elle adaptée par un cinéaste qui en tirerait un scénario inattendu... Et s'il arrivait qu'un nouveau romancier, s'inspirant de ce deuxième film... Pour mettre fin à ce jeu, il faudrait qu'intervint, pour la déception de tous, un adaptateur scrupuleusement fidèle qui révélât par une soumission banale au thème proposé qu’il n'avait aucun tempérament.

10 euros (code de commande : 03241).

 

OLIVER (Neil) — Not Forgotten. London, Hodder & Stoughton, 2005. In-8° (160 x 240 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, XIII, 306 p., illustrations hors texte, ex-libris manuscrit à la page de garde.


Sur la jaquette :
   There are over 36,000 Great War memorials in Britain, listing names from all walks of life – grand estates, cities, villages, places of work. They stand as landmarks to a defining period in British history – and yet one which is slipping away from popular memory.
   Accompanying the major Channel Four series, Not Forgotten is a revealing look at the untold stories lying behind these lists of names – stories of the impact of the Great War on British society, the echoes of which can still be felt today. More than a conflict overseas, it was the catalyst for an extraordinary period of rapid and radical change to the social and cultural fabric of the nation.
   Loss and bereavement were felt at every level of society. The centuries-old class system was thrown into disarray, both at home and on the front lines. Social restrictions on women were revolutionised, from jobs and the vote to new freedoms in dress, behaviour and sexuality ; roles were reversed in family life for a large part of the population. And when the survivors returned after the fighting stopped, it was to a world in which the foundations were being laid for the changed society in which we live today.
   The memorials to the Great War are a surviving connection to lives that were lived and lost between 1914 and I9J8- By looking back at those lives, and remembering, we can find a unique and moving account of Britain's coming of age in the Great War.

6 euros (code de commande : 03266).

 

['PATAPHYSIQUE]. Monitoires du Cymbalum Pataphysicum. N° 33. Philippe Merlen & Emmanuel Peillet : histoire d'une amitié, par Louis Barnier, Provéditeur-Inquisiteur Général. Sermiers, Cymbalum Pataphysicum, 1994. In-8° (153 x 210 mm.) agrafé, [52 (pp. 87-138)] p., illustrations, exemplaire en très bon état et marqué de trois déshonorants escargots.
   Ce volume appartient également à la collection « Expectateur », n° 24.


Avant-propos :
  Comme annoncé dans le n° 28 de L'Expectateur (n° 29 des Monitoires, vieux style), l'Approche chronologique de Philippe Merlen est ici complétée par les soins du Sme Provéditeur-Inquisiteur Général Louis Barnier. Utilisant une partie de ses archives et divers documents fournis par le Sme Administrateur-Opitulateur Général, le Sme Louis Barnier étudie principalement – et avec toutes les nuances requises – les méandres d'une amitié : celle d'Emmanuel Peillet et de Philippe Merlen. Il rappelle, au-delà de l'amitié, toute la pataphysique de l'enchantement qui irradiait – nominalisme oblige – de la personne de celui qui voulut s'appeler Philippe Merlin. Le Sme Louis Barnier présente enfin et commente quelques lettres particulièrement révélatrices adressées par Philippe Merlen à divers correspondants. Les Cymbalistes attentifs – en est-il d'autres ? – voudront bien excuser les inévitables répétitions, certains fragments de ces missives ayant déjà été cités dans la livraison consacrée à l'« approche chronologique » de Philippe Merlen. Mais il fallait bien, au commentaire et à la biographie, ajouter le document brut et ainsi inverser, une fois de plus, une célèbre formule de Jarry : ici « la lettre seule importe et tout le reste est littérature ».

 

 10 euros (code de commande : 03276).

 

PETIT (Paul) — Résistance spirituelle. 1940-1942. Avec un poème de Paul Claudel. Préface de Jacques Madaule. 6e édition. Paris, Gallimard, 1947. In-8° (121 x 188 mm.) broché, 108 p., bon exemplaire avec sa bande d'annonce.
   
Un ouvrage posthume peu courant d'un intellectuel, ardent résistant contre le nazisme, l'occupation et la collaboration. 


Avant-propos :
   Paul Petit a été exécuté par les Allemands à Cologne le 24 Août 1944, jour de saint Barthélémy apôtre, et vigile de Saint Louis de France, à l'heure même où Paris secouait ses chaînes. Il était condamné à mort depuis le 16 Octobre 1943, pour avoir « travaillé contre l'Allemagne en éditant un journal clandestin hostile et en publiant des tracts qui avaient beaucoup influencé les milieux intellectuels dans un sens hostile à la politique de collaboration ! » Il était en prison depuis le 7 Février 1942, constamment tenu au secret. La publication qui lui était reprochée s'appelait La France Continue... : Paul Petit s'était montré prophète de cette libération que ponctuait le 24 Août, au loin, la salve de Cologne.
   Rien, dans la carrière antérieure de Paul Petit, si on la considère du dehors, ne paraissait l'appeler à ce témoignage sanglant. Reçu premier, en 1920, au Concours du Ministère des Affaires Étrangères, il avait été en poste successivement à Prague, à Rome, à Smyrne, à Munich et à Copenhague. Il fut chassé du Danemark par l'agression allemande du 9 Avril 1940. Il ne revint en France, au mois de Mai, que pour assister à notre défaite provisoire.
   Mais Paul Petit n'était pas seulement un brillant diplomate ; il était encore un amateur éclairé d'art et de littérature, un philosophe et, par-dessus tout, un chrétien. Tout cela, chez lui, se tient tellement qu'il est difficile de séparer des activités si diverses. Soit qu'il s'enchante à un tableau de la première manière de Gromaire, soit qu'il se laisse aller un moment au courant bergsonien, pour ensuite le remonter ; soit qu'il admire Max Jacob ou Paul Claudel ; soit qu'il traduise un vieux texte chinois sur Les Dix Étapes dans l'art de garder la vache ; soit qu'il donne considération à certaines recherches de René Guenon ; soit qu'il traduise Gertrude von Le Fort, Meister Eckhart ou Kierkegaard; soit qu'il contemple la stigmatisée de Konnersreuth, il n'a jamais cessé d'être cet homme qui est mort le 24 Août 1944, son chapelet à la main, priant pour sa femme et pour ses enfants. Je veux dire que tout en lui, même en apparence le plus futile, était orienté vers l'Unique nécessaire.
   À cet Unique nécessaire quand il est mort, il était pratiquement réduit depuis des années. Mais ceux qui l'ont connu peuvent dire que nul n'est ainsi entré dans la séparation de tous les hommes mieux préparé à subir une semblable épreuve. Nous savons, par des témoignages, le réconfort spirituel et moral qu'il a donné à ses compagnons de captivité toutes les fois qu'il lui fut possible de communiquer avec eux.
   Mais Paul Petit aurait horreur que l'on parlât de lui aussi longtemps, et sur le ton du panégyrique. Aussi bien n'est-ce point parce qu'il est mort comme il est mort et parce que Dieu lui fit des dons qu'il est seul à connaître que l'on a décidé de réunir ces pages et de les publier à nouveau. Mais parce qu'elles ont une valeur indépendante du martyre qui les a terminées.
   Dès 1933 Paul Petit publiait chez Desclée de Brouwer la plaquette : Le Social est-il une Source ? Il y réfute la théorie de Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion. Pour Paul Petit il n'y a qu'une source : la source mystique qui vient de Dieu et de la Révélation. Au fur et à mesure que les années passaient, au contact de Meister Eckhart et de Kiergegaard, Paul Petit s'en persuadait davan­tage, et c'est pourquoi la tartuferie de Vichy lui fut un abominable scandale.
   Sans doute le patriote en lui souffrait-il comme personne de notre défaite et de notre humiliation ; sans doute le manquement à la parole donnée à l'Angleterre lui était-il particulièrement douloureux. Ce ne fut cependant pas pour des motifs politiques, si graves fussent-ils, que Paul Petit se lança dans l'action clandestine. Il importe que le lecteur ne s'y trompe pas et ne se laisse pas égarer par le ton polémique de certaines pages.
   Ce que Vichy mettait en cause, c'était l'essentiel. Il fallait qu'une voix chrétienne s'élevât pour proclamer ce qui devait être dit. On ne pouvait tolérer que le gouvernement de Pétain, sous prétexte de « redressement intellectuel et moral », nous ramenât à la politique morale du clan. Le silence était d'autant plus impossible à garder que les plus hautes autorités religieuses se taisaient ou paraissaient ne pas comprendre la gravité de l'enjeu. La violence du ton s'explique par la nécessité où l'on se trouvait alors de rappeler à tout risque l'Unique nécessaire. Paul Petit a pris ce que Péguy appelait « une inscription historique ». Grâce à lui sont effacés certains silences et certaines complaisances. Certes, il n'a fait ainsi qu'exprimer ce que beaucoup d'autres pensaient comme lui, mais avec moins de force et de clarté. Mais enfin il fallait que cela fût dit avec toute la précision possible pour qu'on ne pût désormais prétendre sans mauvaise foi que la conscience chrétienne n'avait pas réagi en tant que telle devant l'abomination.
   On va donc entendre non pas la voix d'un patriote meurtri, mais celle d'un chrétien qui témoigne au mépris de sa vie en face des idoles nouvelles. Ce qui a été mis en péril par les régimes totalitaires, dont Vichy fut la pâle et servile imitation, c'est le principe même de toute civilisation digne de ce nom. Nous ne le sentons que trop aujourd'hui où, la vague hitlérienne brisée, il subsiste tant de confusion dans les esprits et où quelques-uns se demandent si la défaite d'Hitler ne fut pas plus apparente que réelle.
   Aussi rien ne me semble plus actuel et plus vivant que cette parole d'outre-tombe qui nous rappelle avec fermeté à notre vocation essentielle ; vocation surnaturelle et non pas purement terrestre. Si les hommes croient qu'ils ne sont appelés qu'à l'aménagement de la planète, ils sont condamnés aux plus pitoyables échecs. Ils se rendent compte obscurément aujourd'hui qu'aux problèmes qu'ils se posent il n'y a pas de solution sur le plan où ils les posent. La nécessité de changer de plan est affirmée par Paul Petit avec une précision singulière. Autrement l'humanité, après des convulsions sanglantes où elle risque, du reste, de périr, sera réduite à l'état de termitière. L'homme n'est sacré pour l'homme que dans la perspective d'une doctrine transcendante. Cette affirmation capitale s'accompagne ici de pointes polémiques qui ne doivent pas déconcerter le lecteur. Elles sont le fruit des circonstances dans lesquelles Paul Petit écrivait. Il n'a pas semblé aux éditeurs que cela dût être dissimulé, car ce sont les mêmes circonstances qui ont amené Paul Petit jusqu'au témoignage final, et l'on sait que le sang des martyrs est la semence des chrétiens.

Vendu.

 

ROSENBERG (Harold) — La dé-définition de l'art. [Titre original : The De-definition of art.] Traduit de l'anglais par Christian Bounay. Nîmes, Éditions Jacqueline Chambon, 1992. In-8° (140 x 205 mm.) collé, 262 p., (collection « Rayon Art »), exemplaire en bon état. 


En quatrième de couverture :
   Américain, Harold Rosenberg est né en 1907 et mort en 1978. Il eut dès les années trente une activité de critique et de théoricien de l’art, notamment dans des revues comme Art Front et Partisan Review. Au carrefour de la pensée de Marx et des réflexions de Trotski sur l’art et la politique, marqué parle dadaïsme et l’existentialisme, Rosenberg développa une approche non formaliste de la modernité artistique, cherchant à relier l’art à ses conditions sociales de production et à la recherche, par les artistes, d’une identité désormais précaire. Pendant de nombreuses années, Rosenberg fut critique d’art au New Yorker et professeur au comité de la Social Thought et au département de l’Art de l’Université de Chicago. Son approche imaginative de l’esthétique de l’artiste contemporain et de la situation culturelle a influencé non seulement le champ de la critique d’art, mais aussi la pratique de l’art et le processus de sélection qui a proclamé l’importance de figures majeures de l’après-guerre telles que Barnett Newman, Arshile Gorky, Jackson Pollock, etc., (on doit notamment à Rosenberg l’invention du terme d'Action Painting). Son œuvre publiée par Chicago Press est importante.
   La dé-définition de l’art, publié en 1972, est un recueil de textes écrits entre 1969 et 1972 pour la revue The New Yorker. Ces textes de critique, consacrés chaque fois à un événement d’actualité, forment rassemblés une théorie étonnamment cohérente de la modernité, de sa tradition déjà académique et de la perte de sens qui la guette.

Vendu.

 

ROUIR (Eugène) — Gravures étrangères contemporaines. Donation Eugène Rouir. Avant-propos de Martin Wittek. Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert Ier, 1989. In-8° (185 x 254 mm.) broché, 118 p., illustrations en noir, exemplaire en très bon état.
   
Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la Bibliothèque royale Albert Ier, à Bruxelles, du 9 décembre 1989 au 20 janvier 1990. 


Extrait de l'introduction :
   Pour faire œuvre d'historien, il faut jouir d'un certain recul afin de pouvoir évaluer d’une manière objective les différents mouvements avec leurs tenants et aboutissants, en éliminant les modes passagères ; en outre il faut disposer d’une période assez étendue pour effectuer son survol. La plupart des estampes ici présentées ont été réalisées dans les vingt-cinq dernières années. Un classement par pays ou par école est impossible vu la courte période examinée. Tout au plus peut-on souligner quelques tendances, rapprocher des artistes manifestant des préoccupations voisines. La personnalité s'extériorise en une individualité tellement forte pour chacun qu’il faut les examiner séparément.
   C'est ainsi qu'on peut rattacher au mouvement classique : Kazandjian, Jeanne, Minaux ; au réalisme magique : Rigal, Gäfgen, Wight, Nevjestic ; à l’hyper-réalisme : Barbisan, Sartorius, von Schantz, Altman ; au misérabilisme : Buffet ; au réalisme surréaliste : Ortner, Desmazières, Dado, Anderlé, Brunovski ; à l'abstraction simple : La Mauvinière, Stempfel ; à l'abstraction constructive : Cunliffe, Chillida, Andriessen, Starczewski ; à l'abstraction poétique : Zao Wou Ki, Friedlaender, Troschke, Matsutani ; au mouvement cubiste : Couy, Gischia ; à l'expressionnisme : Dzmerkovic, Sammet, Turba et au graphisme pur : Marfaing, Jankovic.
    L'ensemble présenté n'a pas la prétention de montrer toutes les tendances actuelles de l'estampe, loin de là. Il a été réuni après 1970, dans un but de curiosité d'abord, ensuite par intérêt pour les techniques graphiques. De nombreux pays ou écoles sont absents, non par dédain ou par manque d'intérêt mais simplement parce que les occasions d'acquérir ces productions ne se sont pas présentées. Enfin il ne faut jamais perdre de vue que le choix du collectionneur, même le plus raisonnable, est souvent guidé par son cœur.

10 euros (code de commande : 03244).

 

SPEECKAERT (Georges Patrick) — Livres scolaires d'autrefois. De 1840 à 1940. Bruxelles, De Boeck, 1996. In-4° (223 x 277 mm.) sous cartonnage illustré d'éditeur, 189 p., exemplaire en parfait état.


Introduction :
   Ce livre n'est pas une œuvre d'imagination ou d'érudition, mais d'affection.
   Charmé par la lecture de quelques livres scolaires d'autrefois, j'en ai, en l'espace d'une vingtaine d'années, collectionné près de quatre cents, publiés en Belgique ou en France. Ils ont été découverts au hasard de flâneries chez des bouquinistes ou dans des brocantes.
   Constatant avec plaisir que beaucoup éprouvaient comme moi un lien affectif avec le passé, et en particulier avec les années d'enfance, j'ai tenté de faire revivre une facette de ce temps révolu. Les cris et les rires des enfants dans les préaux des écoles aux heures de récréation sont restés identiques à ceux d'hier mais leurs livres scolaires ont totalement changé.
   Mon travail s'est limité à quatre opérations : la recherche des livres, leur lecture, les choix et l'établissement des notices bibliographiques. Celles-ci, insérées en tête de chacun des extraits reproduits donnent le titre complet du livre. Ce titre est déjà en lui-même l'expression d'une philosophie et d'un souci. Il traduit ce que l'auteur a considéré comme important pour la formation de l'enfant. Souvent, il est le témoin de matières disparues de l'enseignement par l'effet du changement de la société.

Vendu.

 

SUFFERT (Georges) — Tu es Pierre. L'histoire des vingt premiers siècles de l'Église fondée par Jésus-Christ. Paris, Éditions de Fallois, 2000. In-8° (155 x 225 mm.) collé, 571 p., exemplaire en très bon état avec sa bande d'annonce. 


En quatrième de couverture :
   « Tu es Pierre, avait dit Jésus, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. »
   Parti de Jérusalem, le premier des apôtres alla donc à Rome fonder la première Église de Jésus.
   C'était il y a deux mille ans. L'orgueilleux Empire romain n'est plus. Ni aucun de ceux qui sont venus après lui. L'Église est toujours là. Vivante.
   Rome est devenue la capitale intemporelle du christianisme, qui n'est pas une patrie, ni un territoire. Simplement une foi, c'est-à-dire la transmission des paroles et des gestes à travers l'immensité du temps, proclamant la résurrection du Christ et la victoire sur la mort.
   Cette année, des milliers de pèlerins convergeront vers la Ville éternelle. Or la plupart ignorent à peu près tout de ce que fut l'histoire de l'Église. Ils gardent en mémoire quelques images : les chrétiens dans l'arène, les flèches des cathédrales, la folle aventure des croisades, les bûchers de l'Inquisition.
   Mais quels procédés, quelle sagesse, voire quel miracle, ont permis à cette étrange organisation de surmonter l'obstacle décisif : le temps ? Qui a fait quoi ? Quelles défaites l'Église a-t-elle subies ? Quelles erreurs capitales a-t-elle commises ?
   Des centaines de papes se sont succédé sur le trône de Pierre, dont tout le monde ignore les noms. De leur existence, on ne connaît à peu près rien.
   Quelle aventure, pourtant ! Rome a été envahie près de vingt fois, et détruite cinq fois. Des dizaines de papes ont dû fuir leur ville, pour éviter d'être assassinés. En vérité, l'histoire de l'Église est une tempête dont le fracas n'est pas venu jusqu'à nous. On trouvera ici l'essentiel de cette épopée inconnue.

4 euros (code de commande : 03255).

 

[SYRIE]. Syrie, un patrimoine inédit. Paris, Institut du Monde Arabe - Éditions de l'Amateur, 1995. In-8° (210 x 210 mm.) broché, 91 p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Le Musée des Musées »), exemplaire en bon état.


Table des matières :
   - Préface de Mohamed Bennouma.
   - Chronologie.
   - Carte.
   - Avant-propos, par Sultan Muhesen.
   - La Syrie préhistorique.
      - La Syrie du paléolithique au néolithique, par Yossra Al-Koujok.
      - La protohistoire, les premières villes, par Yossra Al-Koujok.
   - La Syrie de l'Âge du bronze.
      - Les premières Cités-États, par Wahd Khayata. Directeur du musée d'Alep
      - Le IIe millénaire, les royaumes amorites, par Michel Al-Maqdissi.
      - La naissance de l'alphabet, par Michel Al-Maqdissi.
   - La Syrie à l'Âge du fer.
      - Le premier millénaire : les royaumes araméens, par Ali Abou Assaf.
   - La Syrie hellénistique et romaine.
      - Palmyre, principauté arabe, par Adnan Bounni.
      - Le Hauran, province romaine, par Jacqueline Dentzer-Feydy.
   - La Syrie byzantine.
      - L'essor artistique de la Syrie sous l'Empire byzantin, par Jean-Charles Balty.
   - La Syrie islamique.
      - La Syrie des Ommeyades aux Ottomans, par André Raymond.
      - Le jardin aux époques omeyyade et abbasside, par Mohammed Al-Kholi.
      - L‘épigraphie funéraire syrienne, par Solange Ory.
      - L'architecture sous les Mamelouks, par Nassib Saliby.
      - Palais et demeures à l'époque ottomane, par Farouk Mardam-Bey.

Vendu.

 

TWIESSELMANN (François) — Les représentations de l'homme et des animaux quaternaires découvertes en Belgique. Révision des documents déjà connus et description de documents inédits. Bruxelles, Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, 1951. In-4° (255 x 330 mm.) broché, 28 p., illustrations, 10 planches hors texte, (« Mémoires », n° 113).


Table des matières :
   I. Révision des documents déjà connus.
     a) Le Bos primigenius du « Trou du Frontal ».
      b) La figurine anthropomorphe du « Trou Magrite ».
      c) Le bois de Renne gravé du « Trou Magrite ».
      d) Le « bâton de commandement » de la 3e caverne de Goyet.
      e) 1. La figurine et la plaquette pisciforme de Sy-Verlaine.
          2. Le coléoptère de Juzaine-Romal.
          3. La pendeloque de Fond-de-Forêt.
   II. Documents inédits.
      1. Figurations théromorphes provenant du « Trou de Chaleux ».
         A. Le cervidé gravé du Magdalénien terminal de Chaleux.
         B. La grande dalle de psammite gravée du Magdalénien de Chaleux.
            a) Avers de la dalle de Chaleux
               1. Le « Bos primigenius ».
               2.. Le Cervidé.
               3. Gravures de signification douteuse.
            b) Revers de la dalle de Chaleux.
               1. Le capridé couché.
               2. Les chevaux.
         C. Plaquette en ivoire découpé de Chaleux.
      2. Figurations théromorphes provenant de la 3e caverne de Goyet.
   III. Résumé.
   - Bibliographie.

 

15 euros (code de commande : 03267).

 

VALLETTE (Geneviève) et BOUILLON (Jacques) — Munich 1938. Paris, Armand Colin, 1964. In-8° (115 x 181 mm.) broché, 305 p., illustrations, (collection « Kiosque », n° 28). 


En quatrième de couverture :
   Lorsqu'on évoque les accords de Munich du 30 septembre 1938, c'est pour éprouver surtout un sentiment d'incompréhension : comment la France, et l'Angleterre, comment les vainqueurs de 1918 ont-ils pu accepter un pareil marché de dupes ? Le débat sur « Munich », où s'affrontent les anciens responsables de la politique française à cette époque, est loin d'être clos ; il ne le sera probablement jamais, mais il n'est pas de notre propos d'aborder ce débat.
   Ce que nous avons voulu étudier, c'est l'attitude de l'opinion devant ces accords ; Daladier fut accueilli au Bourget et dans Paris, Chamberlain à Heston et à Londres, par une foule délirante d'enthousiasme et de reconnaissance : devant l'enseignement fourni par l'histoire des années suivantes, nous sommes aujourd'hui frappés de stupeur à cette évocation. Nous nous sommes donc efforcés de trouver des indices, de déceler des explications, nous avons tenté de nous placer dans l'atmosphère de cette année 1938, nous avons demandé aux diverses tendances de l'opinion de nous exposer leurs raisons, les motifs de leur attitude à ce moment.
   Cette étude a dû être excessivement limitée. À la presse d'abord ; au sein de la presse, à la presse parisienne, ensuite ; nous avons aussi utilisé la presse britannique, celle d'un pays dont la politique eut tant de répercussions sur la nôtre, non pas tant pour l'étudier en elle-même (les quotidiens anglais, mis à part le Times et le Manchester Guardian, sont à peu près introuvables en France) que pour y trouver des éléments d'explication, soit de l'attitude du gouvernement britannique, soit de celle des journaux français.
   Lorsqu'en octobre 1935, Mussolini envahit l'Éthiopie, aux mépris des principes de Genève, la Société des Nations décida d'appliquer les « sanctions » prévues par le pacte. Mais les sanctions n'eurent qu'un caractère vexatoire et totalement inefficace : Mussolini s'installa en Éthiopie.
   Lorsqu'en mars 1936, Hitler, dénonçant le pacte de Locarno, réoccupa militairement la Rhénanie, au mépris du traité de Versailles, le Conseil de la S.D.N., où Grande-Bretagne et France jouaient un rôle prépondérant, décida finalement de discuter avec Hitler, et reconnut somme toute le fait accompli.
   Lorsqu'en juillet 1936, l'insurrection franquiste déchaîna la guerre civile en Espagne, et que Franco reçut des deux États totalitaires une aide efficace en hommes et matériel, les gouvernements français et anglais s'en tinrent à la formule de « non-intervention » qui permit à l'Allemagne et surtout à l'Italie d'avoir les coudées franches au-delà des Pyrénées.
   Lorsque le 12 mars 1938, l'entrée des troupes allemandes à Vienne sanctionna l'Anschluss de l'Autriche, la France et la Grande-Bretagne se contentèrent d'adresser à Berlin une protestation... C'est alors que se posa la question tchécoslovaque.

Vendu.

 

VERNANT (Jean-Pierre) — L'Univers, les Dieux, les Hommes. Récits grecs des origines. Paris, Éditions du Seuil, 1999. In-8° (141 x 206 mm.) broché sous jaquette d'éditeur, 244 p., (collection « La Librairie du XXe Siècle »), exemplaire en bon état. 


Sur la jaquette :
   Jean-Pierre Vernant raconte les mythes de la Grèce ancienne. Il évoque les origines de l’Univers, la guerre des dieux et les liens que l’humanité n’a cessé d’entretenir avec le divin. De la castration d’Ouranos aux ruses de Zeus, de l’invention de la femme au voyage d’Ulysse, des aventures d’Europe au destin boiteux d’Œdipe et à la course aux Gorgones, l’auteur nous fait entendre ces vieux mythes toujours vivants.
   Jean-Pierre Vernant, qui a consacré sa vie à la mythologie grecque, nous permet alors de mieux en déchiffrer le sens souvent multiple. C’est à cette rencontre entre le conteur et le savant que ce livre doit son originalité.
    Dans son Avant-propos, Vernant écrit : « Dans ce livre, j’ai tenté de livrer directement de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel je suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble, dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais nécessaire. Il me plaisait aussi que cet héritage parvienne au lecteur sur le mode de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui se passe d’une génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.
   J’ai essayé de raconter comme si la tradition de ces mythes pouvait se perpétuer encore. La voix qui autrefois, pendant des siècles, s’adressait directement aux auditeurs grecs, et qui s’est tue, je voulais qu’elle se fasse entendre de nouveau au lecteurs d’aujourd’hui, et que, dans certaines pages de ce livre, si j’y suis parvenu, ce soit elle, en écho, qui continue à résonner. »

Vendu.

 

VILLARD (Marc) — Elles sont folles de mon corps. Nouvelles. Nantes, L'Atalante, 2003. In-12 (130 x 180 mm.) collé, 170 p.
   Couverture illustrée par Loustal.


En quatrième de couverture :
   De temps en temps je me contemple dans la glace et je me trouve vraiment super. Des fois, quand j'ai bobo à mon doigt, je redeviens l'enfant aux boucles blondes qui pleurnichait à cinq ans en réclamant sa maman. Veut-on vraiment voir disparaître une innocence de cette qualité ? Je pose la question à ceux qui régissent le monde car leur responsabilité est fortement engagée. Ils peuvent me joindre à : villard@forever.com.

5 euros (code de commande : 03249).

 

[WALLONIE]. La Vie Wallonne. Revue mensuelle illustrée. Huitième année, n° 5 (LXXXIX). 15 janvier 1928. Liège, La Vie Wallonne, 1928. In-8° (165 x 250 mm.) broché, [32 (pp. 129 à 158)], [16 (publicités)] p., quelques illustrations.


Sommaire :
   - Un Maître liégeois du XVIIe siècle : Bertholet Flémalle, étude biographique et critique, par Léon Dewez.
   - Chronique wallonne.
      - Bibliographie.
         - 
A. Meyers : La neutralité liégeoise du temps de Méan (1640-1654), compte rendu de F. Magnette.
         - 
Maurice Pirenne : Les constructions verviétoises du XVe au XXe siècle, compte rendu de E. Fairon.
         - Djos. Mignolet : Fleurs di prétimps, compte rendu de Oscar Pecqueur.
         - Élise Champagne : Taciturnes, compte rendu de Marcel Thiry.
         - Jules Gilles : Hommage a Moréas, compte rendu de Marcel Thiry.
         - 
Léon Halkin : Les origines du Collège des Jésuites et du Séminaire de Liège, compte rendu de George Laport.
         - Une nouvelle revue d'art a Liège.

5 euros (code de commande : 03251).

 

[WALLONIE]. La Vie Wallonne. Revue mensuelle illustrée. Dixième année, n° 3 (CXI). 15 novembre 1929. Liège, La Vie Wallonne, 1929. In-8° (165 x 250 mm.) broché, [32 (pp. 69 à 100)], [16 (publicités)] p., quelques illustrations.


Sommaire :
   - Un sculpteur liégeois : Joseph Zomers (1895-1928), par Jules Bosmant.
   - Le bilan dramatique wallon en 1928, par Oscar Pecqueur.
   - Contes de la vallée du Hoyoux : le veilleur de morts, par Émile Dantinne.
   - Les virtuoses wallons : Joseph Debroux, par Marcel Lepinois.
   - Le folklore des paysages : le moulin satanique de Lorce, par George Laport.
   - Chronique wallonne.
      - Notes et enquêtes.
         - Une émigration de calvinistes wallons en 1567-1570, par Jean Haust.
         - Les tribulations conjugales d'un diplomate liégeois, par Paul Harsin.
      - Spicilège liégeois.
         - Le souvenir de la ruelle et des bourgmestres martyres en 1789, par Pierre Debouxhtay.
      - Bibliographie.
         - Joseph Meunier : Au pays de Franchimont : le val de la Horgne.
         - Jean Grégoire : Guide des touristes dans les Hautes Fagnes, comptes rendus de P. Debouxhtay.

5 euros (code de commande : 03250).

 

WITKOWSKI (Nicolas, dir.) — Dictionnaire culturel des sciences. Art, littérature, cinéma, sociologie, mythe, politique, histoire, humour, religion, éthique, économie, poésie, vulgarisation. Paris, Seuil - Regard, 2001. In-4° (234 x 313 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 441 p., nombreuses illustrations en couleurs, exemplaire en très bon état.


Sur la jaquette :
   Ceci n'est pas un dictionnaire des sciences. C'est un « dictionnaire », certes, mais qui commence avec absinthe et finit à Zoroastre... Et s'il y est bien question de « science », ce n'est surtout pas celle des Scientifiques et des manuels scolaires ou universitaires, celle qu'il faut vulgariser au prétexte qu'elle serait inaccessible.
   Ceci est un recueil d'un bon millier d'articles, résultat de 97 regards croisés sur ce qui, dans la science, son histoire, ses personnages, ses lieux, ses idées – et surtout autour d'elle, dans ses contacts avec l'art, la littérature, l'économie, la politique ou la religion, a paru susceptible d'intéresser l'Homo sapiens sapiens du XXIe siècle. La plus totale liberté de ton est ici mise au service d'une recherche assidue de la clarté. Tout jargon, masque ordinaire de l'incompréhension, a été impitoyablement chassé, au même titre que ces figures de style signifiant qu'un savant s'adresse, du cœur de la Science, à un ignorant avide de savoir.
   Les sciences (toutes ou presque, et pas seulement occidentales) sont ici envisagées, non pas de l'intérieur comme c'est la coutume, mais de l'extérieur, depuis ces lieux où, au contact des autres domaines du savoir et de la culture, elles prennent tout leur sens. Le Big Bang de la cosmologie et l'ADN de nos cellules sont bien là, mais la poésie et l'alchimie ont aussi leur place ; les mathématiques et la biologie moléculaire, mais aussi le mesmérisme et les anges. Avec en prime l'utilité et la subtilité, la beauté et l'ignorance, nombre de personnages inattendus et quelques dizaines d'images emblématiques de la science : la raison, fut-elle scientifique, ne peut se passer de l'imaginaire, ni la science de sa fiction.
   C'est à renouer les liens perdus entre les sciences et la culture que se consacre cet ouvrage, dans l'espoir un peu fou mais essentiel de voir la science, aujourd'hui gravement coupée de ce qui devrait être « son » public, c'est-à-dire chacun de nous, devenir plus intelligible.
Bibliographie :
   - 
Bader (Barbara), Witkowski N. (Dir.) (2001). Dictionnaire culturel des sciences, dans Didaskalia, n° 22, 2003. Concepts et conceptions, pp. 139-140.

18 euros (code de commande : 03258).

 

WOUTERS (Liliane) — Panorama de la poésie française de Belgique. Bruxelles, Jacques Antoine, 1976. In-8° (167 x 223 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 453 p., illustrations hors texte, quelques traits marginaux crayonnés, sinon très bon exemplaire.


Avant-propos :
   Lorsque Jacques Antoine m'a demandé de composer une anthologie, je crains bien, au départ, avoir eu l'intention de cueillir des myrtilles. Les spécialistes le savent : un bon cueilleur de myrtilles n'a guère de raisons pour lever les yeux. Mieux vaut les garder au ras du sol. De même le faiseur d'anthologies : il doit pencher le front pour déchiffrer les pierres tombales. Ce qui lui permet ensuite d'élever un nouveau mausolée, en tous points pareil aux précédents.
   J'ai donc levé les yeux. Mon embarras fut égal à celui du cueilleur de myrtilles. Il comptait revenir, son panier plein, et le voici perdu dans la forêt. Connaît-il seulement le nom des arbres ? « Mister Verhaeren, I présume ? » Et si nous laissions de côté les noms ? Si nous retournions tout bonnement aux textes ?
   Pour étrange que cela paraisse, le faiseur d'anthologies part généralement de noms. Il ne juge pas l'arbre à ses fruits, il décide des fruits à partir de l'arbre. Il oublie, bien sûr, que le chêne donne des glands : c'est le chêne. Voilà pourquoi, des années durant, tels poètes mineurs – pour ne pas dire minables – apparaissent régulièrement dans tous les florilèges – au détriment d'autres plus authentiques. Nos Giraud, Gille et autres Gilkin cachèrent longtemps l'admirable Max Elskamp. Mais le temps, niveleur d'élite, finit toujours par remettre les choses en place. Il abat les châteaux de plâtre, épargne la pierre noble. « Ne désespérez jamais, faites infuser davantage » dit quelque part Henri Michaux.
   Donc, les textes. Mais à partir de quels critères ? Ou pis : suivant quelle humeur ?
   Je pourrais citer Hölderlin : « Est-il sur terre une mesure ? » II n'existe pas de système métrique applicable à la poésie. Un seul impératif m'a guidée : montrer – tenter de montrer – sous tous les angles possibles le visage présent de la poésie française de Belgique. Présent, c'est-à-dire lisible pour l'homme d'aujourd'hui. On a marché sur la lune n'est plus seulement une bande dessinée due à un certain Hergé. On a bel et bien marché sur la lune. Et sur les plates-bandes réservées du langage.
   Non qu'il faille absolument être de son époque : c'est le meilleur moyen d'y rester. Mais il faut admettre, avec Jean Paulhan, que « Nos arts littéraires sont faits de refus. Il y a eu un temps où il était poétique de dire : onde, coursier et vespéral. Mais il est aujourd'hui poétique de ne pas dire onde, coursier et vespéral. »
   Quel lecteur sérieux pourrait, en 1976, lire sans sourire ces vers de Fernand Séverin (encore ai-je choisi les moins larmoyants) : « en moi je sens mourir un cœur prédestiné / meurtri de tout l'amour qu'il n'aura pas donné / mourir, sans en rien dire, entre les mains des anges / à la simple façon d'un enfant dans ses langes... »
   À la même époque, pourtant, Jean de Boschère écrivait : « et puis, enfin, un midi, et à jeun, / la pensée se fend et s'ouvre. »
   Cette pensée ouverte, fendue, serait-ce l'une des mille définitions possibles de la poésie, et singulièrement de la poésie actuelle ? Peut-être. Sans doute. C'est du moins la pierre de touche qui nous permet de nommer tel texte « poème » sans que nous puissions davantage préciser en quoi il est poétique, et bien que, de plus en plus souvent, il donne l'impression d'être aux antipodes de ce que le commun des mortels appelle « poésie ».
   L'amateur de beaux vers, de jolies images, de phrases musicales sera probablement déçu par ce livre. Les tenants de la « désécriture » ne le seront pas moins. C'est qu'il s'agissait, avant tout, de faire une coupe dans le temps et dans l'espace. Hic et nunc.
   Point d'étiquettes, point d'écoles – nous ne sommes pas au jardin botanique. Je pense à la réponse de Magritte quand on lui proposa de participer à une exposition d'artistes wallons : les groupements d'artistes parce qu'ils sont « wallons » ou parce qu'ils seraient par exemple « végétariens » ne m'intéressent en aucune façon (quoique des artistes « végétariens » auraient une petite supériorité sur les artistes « wallons » : un comique appréciable).
   Un siècle sépare le plus âgé de ces poètes et le plus jeune d'entre eux. Émile Verhaeren est né en 1855, Eugène Savitzkaya en 1955. Entre ces deux noms, quelque cent cinquante autres. On m'objectera sans doute que c'est beaucoup. Existe-t-il tant de poètes en Belgique ? Encore s'agit-il uniquement de ceux chez qui l'esprit souffle en français...
   Rilke affirme qu'il ne peut exister trois cents poètes. En un sens, il a raison. Comme il n'existe pas trois cents points culminants – l'Éverest, d'ailleurs, vient d'être détrôné par le Chimborazo – sujet troublant que je livre aux méditations – comme il n'existe pas trois cents abysses. L'air rare ne se trouve qu'à certaines hauteurs ou profondeurs. Chaque siècle ne donne pas un Rimbaud. Mais chaque siècle voit naître de nombreux témoins qui l'« habitent » en poètes. Avec plus ou moins de bonheur. Serge Essine ne dit-il pas que : « tout le monde peut chanter » – mais il s'empresse d'ajouter qu'« il n'est pas donné à chacun de tomber comme une pomme aux pieds des autres ».
   Pour tomber comme une pomme, il suffit d'un seul vers. « Je deviens verte comme l'herbe », est à peu près tout ce qui reste de Sappho. Les cent cinquante poètes rassemblés ici laisseront-ils chacun au moins un vers ? Il est permis d'en douter. Dès lors, pourquoi les avoir retenus ? Et – question plus grave – pourquoi écrivent-ils ?
   Sans doute existe-t-il bien des réponses à cette question. Je ne veux rappeler que celle d'Edmond Jabès : « II y a ceux qui s'imaginent fonder leur avenir sur une certitude et ceux qui savent, à l'avance, qu'ils bâtiront sur le sable. Écoute. Le vent est revenu. Écoute le vent. »

Vendu.

 

La prochaine mise à jour
aura lieu
le mardi 14 avril 2026

 

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