MISE À JOUR DU 31 MARS 2026
par courriel (b.waterlot@hotmail.com) ou par téléphone (+32 (0) 472 51 52 63)
pour obtenir d'autres informations à propos de ces livres.
BENOIST (Jean-Marie) — Les nouveaux primaires. Paris, Éditions Libres - Hallier, 1978. In-8° (135 x 209 mm.) collé, 219 p., exemplaire en très bon état.
En quatrième
de couverture :
Des
forces sourdes d'abaissement et de totalitarisme visent à
opérer une simplification tragique de la vie politique
et la vie culturelle où Jean-Marie Benoist voit la manifestation
de l'esprit primaire. Ce texte, politico-philosophique, vise trois
catégories de nouveaux primaires : les technocrates
sans âme, maniaques de l'organisation, les progressistes
qui imposent de nouveaux dogmes et de nouveaux rituels au mépris
de la richesse subtile des traditions ; les pédagogues
de l'amnésie enfin, qui transforment nos enfants en parfaits
rouages d'une société technicienne.
Jean-Marie Benoist démonte le système
de leur collusion, les raisons socio-politiques et philosophiques
de leur apparition.
Cet essai philosophique qui se tient au-dessus
de la mêlée est par la clarté de son style
et la vigueur de sa pensée, dans la tradition de Bernanos
et de Dostoïevski.
Né en 1942. Ancien élève
de l'École Normale Supé­rieure, agrégé
de philosophie, Jean-Marie Benoist est attaché culturel
près l'Ambassade de France à Londres avant d'être
nommé maître-assistant du Professeur Claude Lévi-Strauss
du Collège de France.
Il a publié de nombreux essais philosophiques
et politiques, en particulier Marx est mort qui a marqué
le début des années '70. Compagnon de route des
nouveaux philosophes, il est aujourd'hui candidat de la majorité
présidentielle dans la première circonscription
du Val-de-Marne contre M. Georges Marchais, secrétaire
général du Parti communiste français.
9 euros (code de commande : 03254).
BÉRESNIAK (Daniel) — Du temple de Salomon à l'échelle mystique. - Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur du Temple de Jérusalem 27e - Chevalier du Soleil 28e - Grand Écossais de St-André 29e - Grand Élu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir 30e. Paris, Detrad, 1988. In-8° (162 x 240 mm.) broché, 55 p., illustrations, exemplaire en bon état.
Présentation
de l'éditeur :
Le
30e degré, Chevalier Kadosch est devenu LE degré
de la progression. À la démarche initiatique des
autres degrés, il ajoute plusieurs thèmes forts
qui en font un grade prestigieux, au lourd passé historique
et polémique. Dégagé de bien des contraintes,
se connaissant mieux, le Maçon peut parfaire ses connaissances
en étudiant les Arts et la Science. Il ne doit cependant
jamais rester dans le savoir seul, il lui faut aussi redescendre
pour se mettre au service des autres tout en acquérant
les vertus qui font d'un homme, un être vigilant, ferme
et maître de lui. Les allusions Templières ne sont
qu'une façade qu'il faut traiter comme un symbole : chercher
ce qu'il y a au-delà. Il appartient au « Kadosch »
– autrement dit au « Saint »,
c'est-à-dire à celui qui entièrement libéré
de ce qui en lui n'est pas exclusivement spirituel –
de vivre hors des normes et de franchir toutes les limites...
Mais cela est perçu comme un privilège pour ceux
qui ne sont pas Kadosch !
10 euros (code de commande : 03268).
BÉRESNIAK (Daniel) — Le sens de l'initiation sacerdotale. - Grand Maître Architecte 12ème - Royal Arche 13ème - Grand Élu de la Voute Sacrée 14ème. Paris, Detrad, [ca 1990]. In-8° (162 x 233 mm.) broché, 49 p., illustrations, exemplaire en bon état.
Présentation
de l'éditeur :
Grand
Maître Architecte 12e – Royal Arche 13e Grand Élu
de la Voûte Sacrée 14eAu travers de ce fascicule
Daniel Béresniak nous donne avec précision les éléments
essentiels pour répondre à notre questionnement.
Seul nous intéresse le symbolisme véhiculé
par ces trois degrés dits de perfection et les enseignements
qu’ils contiennent. L’enjeu est d’importance puisqu’il
s’agit pour le Franc-maçon de faire émerger
l’être nouveau qu’il cherche à construire.
Grand Maître Architecte (12e), nous voici parvenu au terme
des petits mystères, caractérisés par la
fin de la légende d’HIRAM. Il s’agit à
ce degré d’achever sa propre construction en même
temps que celle du temple afin de tirer le plus grand profit des
règles du Métier. Chevalier de Royal-Arche (13e)
et Grand Élu, Parfait et Sublime maçon (14e), avec
ces degrés on arrive au terme d’une fabuleuse épopée
où le maçon découvre que c’est dans
un nouveau Cabinet de Réflexion que son travail lui permettra
de voir non pas une apparence mais la réalité concrète
de l’individu. C’est en ajoutant vos propres connaissances
et vos propres commentaires à ce travail de perfection
que vous aurez rempli l’obligation de Lire et de Réfléchir.
Vendu.
[BYRNE (Charlie)]. I Survived, Didn't I ? The Great War Reminiscences of Private « Ginger » Byrne. Edited by Joy B. Cave. London, Leo Cooper, 1993. In-8° (143 x 223 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 143 p., illustrations hors texte, mouillures et soulignements à l'encre rouge.
Sur la jaquette :
4124
Private Byrne, C., 2nd Battalion the Hampshire Regiment, latterly
transferred to the Machine Gun Corps ; served Egypt, 1915 ;
France and Belgium, 1916-18 ; Germany, 1918-19 ; honourably
discharged, 1919.
Behind that bald statement lies a remarkable
account of an infantryman's service on the Western Front during
the Great War. Charlie « Ginger » Byrne
was a typical young volunteer soldier of 1914, a soldier's son
seeking a part in what seemed a great adventure. If his experiences
may be said to mirror those of thousands of others, his account
stands out from so many because it is set down in the authentic
voice of the old soldier. Unlike hundreds of thousands of his
contemporaries, Charlie Byrne survived into old age. Sound in
body and mind, and blessed with almost total recall, he was persuaded
to tell his tale to an interested, informed, and acute listener.
Now Joy Cave has triumphantly made the transition into print of
Charlie's war. It is not a tale of high strategy, a recital of
epic heroism, but a trench's-eye view of the great tragedy. In
that, it perhaps conveys a truth that may sometimes elude the
literary memoirists, the heroes and commanders, even the ever-rising
tide of Great War historians. All have had their say, and more;
Charlie Byrne speaks for the lost thousands who, for whatever
reason, never had a voice.
In the often searing descriptions – of
going into action with the Newfoundland Regiment on the Somme
on 1 July 1916 (and he was one of the very few survivors of that
doomed advance near Beaumont-Hamel) ; of a catastrophic gas
attack in the Ypres Salient ; of raids, wiring- and ration-parties ;
of work details and transport duties ; of front-line and
reserve trenches, and life in billets behind the lines ;
of the endless incomprehensible moves, and the shattered landscapes
of France and Flanders ; of the ever-present dangers and
the ghastly evidence of their effects – there shines through
the chaos the good humour and forbearance of the soldier who fought
and survived. There is much to be learned from Private Byrne about
tolerance and the virtue of simple humanity. He adds to the cataract
of words about the Great War his own drop of impish comprehension;
in doing so, his narrative forms an excellent counterpoint to
the reminiscences and other writings that form the litany of the
First World War. Gallant, proud, humorous, and enduring, Charlie
Byrne reminds us that wars are fought by ordinary people, but
that in each of them there is always something extraordinary.
Vendu.
[CROMMELYNCK (Albert)]. BODART (Roger) — Albert Crommelynck. Bruxelles, Elsevier, 1962. In-8° (182 x 247 mm.) sous reliure et Rhodoïd d'éditeur, 14, [2] p., un frontispice en couleurs, un portrait de l'artiste et 24 planches hors texte, (collection « Monographies de l'Art Belge »), exemplaire numéroté (n° 199), en bon état.
Extrait :
Flamand
par son père, français par sa mère, Crommelynck
naît en 1902, en un lieu où se mêlent génies
roman et germanique : Bruxelles. Sa naissance en fait un
homme de dialogue : Flandre lui donne le sens de la couleur ;
France, l'amour du mot. Son père est acteur. Son frère,
Fernand, l'auteur du Cocu Magnifique, de Chaud et Froid,
de Tripes d'or, un grand poète du théâtre.
Lui-même, avant 1916, devient acteur, fait partie de la
troupe du « Théâtre Volant »
que son frère a créée, épouse la fille
de l'auteur dramatique Louis Fallens. Il a plus d'amis écrivains,
acteurs, éditeurs, directeurs de théâtre que
peintres. Cependant c'est à la peinture qu'il se donne,
à elle seule. Connaître, pour lui, c'est voir ;
et dire, c'est peindre.
Non peindre n'importe quoi : uniquement
le visage. Son entourage lui conseille d'aller au paysage, à
la nature-morte, à la composition, au nu. En vain. Seul
l'intéresse le portrait. Déchiffrer le masque sous
lequel se cache l'homme, telle est dès ses quinze ans,
sa vocation. Il s'y est tenu jusqu'ici. Il ira à l'école,
puisqu'il le faut : lycée français d'abord, atelier
du peintre Hector Letellier ensuite, académie de Bruxelles,
chez Montald, enfin. Mais sa véritable école est
buissonnière : les bibliothèques, les musées,
lui parlent de temps lointains où l'homme savait regarder
l'homme et le peindre. Temps riches en réflexions intérieures
où, comme dit Montaigne, on tient registre de soi, où
l'on se peint « par devant, par derrière, à
gauche, à droite, debout, assis, en tous ses naturels plis ».
À vingt ans, il gagne Paris. Il va dire, le visage humain,
non avec la plume, mais avec le pinceau.
Ce mélange en lui de sang flamand et
français, de goût de la littérature et de
la peinture, est-il à l'origine de sa vocation de portraitiste ?
Peut-être.
10 euros (code de commande : 03273).
DELATTRE (Achille) — Lettre autographe signée adressée à Edmond Colin, directeur de la Faïencerie de Saint-Ghislain. Un feuille pliée en deux (137 x 215 mm.) manuscrite sur les pp. 1 et 3, en très bon état
Dans cette lettre, Achille Delattre (Pâturages, 1879 - Baudour, 1964), alors bourgmestre de Pâturages après avoir occupé le poste de ministre du Travail et de la Prévoyance sociale (du 25 mars 1935 au 22 février 1939), s'adressait au directeur de la Faïencerie de Saint-Ghislain qui, eut égard à la situation économique de l'époque, envisageait de se séparer d'une partie de son personnel. Le député du P.O.B. (Parti Ouvrier Belge) de l’arrondissement de Mons-Borinage sollicitait le directeur afin qu'il évite de licencier Germaine et Gilberte Mahieu, deux sœurs vivant dans la commune voisine de Wasmuël, dont il exposait la difficile situation familiale.
Vendu.
[DEMOUSTIER (Charles-Albert, attr.)]. Les Roses de la mythologie, Étrennes à Émilie. Paris, Janet, [1811]. In-24 sous cartonnage muet et étui vert d'origine, tranches dorées, [1 (titre avec une vignette gravée)], [1 bl.], 47, [1 (table)] p., 6 gravures hors texte de François Janet d'après des dessins de Louis Lafitte. À la suite : Petit souvenir des Dames, Paris, Janet, s.d. [36 (titre, 7 p. vierges titrées aux jours de la semaine encadrées d'un filet, 12 p. vierges titrées aux mois de l'année encadrées d'une guirlande, 4 p. vierges encadrées d'un filet, 12 p. de calendrier pour l'année 1814] p., bon exemplaire malgré quelques rousseurs.
La Bibliographie de l’Empire français nous apprend que ce livre fut imprimé à 2000 exemplaires et John-Grand Carteret précise à propos des gravures : « Ces compositions, plus artistiques qu’à l’ordinaire, sont dans le goût de l’école académique de David. »
Table de textes (la mention « gravure » indique que
le texte est l'objet d'une illustration) :
- L’enlèvement de Psyché
(gravure).
- Sapho au rocher de Leucade.
- Le sage Amoureux.
- La curiosité de Psyché
(gravure).
- À Psyché.
- Psyché demandant grâce à
l’Amour.
- Vénus et Cupidon (gravure).
- Apollon et Daphné.
- Les deux Amours.
- À Émilie.
- Zéphyr et Flore.
- Le Papillon et la Rose (gravure).
- La douce Volonté.
- Les ailes d’Adonis (gravure).
- Céphale et l'Aurore.
- Psyché dans le Palais de l'Amour
(gravure).
- La Toilette.
- Le Bal.
- Chanson.
- Ariane et Thésée.
- Ariane abandonnée.
- Le premier âge.
- Ariane.
Bibliographie :
- Bibliographie de l’Empire français
ou Journal de l’imprimerie et de la librairie, n°
6, 22 novembre 1811, p. 64, n° 507.
- Grand Carteret (John), Les almanachs
français, Paris, J. Alisié, 1896, pp. 710-711
n° 3438.
- Mathis (Véronique), Louis Lafitte
: un peintre d’histoire de la Révolution à
la Restauration. Normandie Université, 2020, tome III,
p. 156.
- Biet (Christian), « Les Lettres
à Émilie de Demoustier, ou la mythologie au service
des familles », dans Mélanges offerts à
Pierre Barbéris, textes réunis par Gérard
Gengembre et Jean Goldzink, Fontenay aux Roses, E.N.S. Editions,
1995, pp. 45-64.
75 euros (code de commande : 03257).
[DÜRER
(Albrecht)]. Albert Dürer aux Pays-Bas son voyage (1520-1521),
son influence. Bruxelles,
[Europalia], 1977. In-8° (205 x 205 mm.) broché,
XXIII, 211 p., nombreuses illustrations en noir dans le texte
et quelques illustrations hors texte en couleurs, dos ridé.
Ouvrage publié
à l'occasion de l'exposition éponyme organisée
au Palais des Beaux-Arts, à Bruxelles, du 1er octobre au
27 novembre 1977 dans le cadre des manifestations « Europalia
77 Bundesrepublik Deutschland ».
Tables des matières
:
- Albert
Dürer aux Pays-Bas, par Paul Eeckhout.
- Bibliographie.
- Catalogue :
I. Nürnberg au temps
d'Albert Dürer, par Matthias Mende.
II. Peintures et dessins du
voyage aux Pays-Bas Introduction, par Fedja Anzelewsky.
III. Choix de gravures d'Abert
Dürer.
IV. Le voyage d'Albert Dürer
aux Pays-Bas, par Jan-Albert Goris.
V. Albert Dürer et les
artistes des Pays-Bas, par Matthias Mende.
- Biographies.
Vendu.
DUVOSQUEL
(Jean-Marie) — Les statistiques communales
de l'ancien canton électoral de Saint-Hubert (1834-1976). Bruxelles, Crédit
Communal de Belgique, 1977. In-8° (161 x 240 mm.) broché,
[80] p.
Extrait de
Saint-Hubert d'Ardenne, cahiers d'histoire, Tome I, pp. 155-235.
Extrait :
La présente publication concerne le canton
électoral de Saint-Hubert tel qu'il se présentait
avant la fusion des communes entrée en vigueur le 1er janvier
1977. Cependant, les communes d'Awenne et de Mirwart, appartenant
au canton électoral de Saint-Hubert, relevaient alors du
canton judiciaire de Nassogne : aussi a-t-il semblé utile
de les distinguer dans la présentation du travail. En outre,
pour permettre la comparaison avec les chiffres qui apparaîtront
dans les recensements futurs, les communes anciennes qui constituent
aujourd'hui la nouvelle entité de Saint-Hubert ont été
pourvues systématiquement d'un astérisque.
Rien n'est plus difficile à utiliser
que les chiffres : il est évidemment primordial de savoir
ce qu'ils recouvrent exactement. Des données apparemment
comparables cachent des réalités bien différentes.
C'est la raison pour laquelle il sera prudent de consulter, avant
utilisation des tableaux qui suivent, un article qui paraîtra
dans le Bulletin trimestriel du Crédit Communal de Belgique
et qui fournira les caractéristiques de chaque recensement,
les conditions dans lesquelles il a été élaboré
ainsi que les critères qui ont été adoptés
par les statisticiens de l'époque. Cet article nous dispense
aujourd'hui d'entrer dans des considérations qui sont communes
à tous les cantons qui seront envisagés.
Précisons encore que le but de ce travail
n'est que de fournir des matériaux et non de les mettre
en œuvre. D'autres s'y emploieront ultérieurement.
10 euros (code de commande : 03253).
FROISSART (Jean) — Le Paradis d'amour. L'orloge amoureus. Édition avec notes, introduction et glossaire par Peter F. Dembowski. Genève, Librairie Droz, 1986. In-8° (116 x 180 mm.) broché, 149 p., (collection « Textes Littéraires Français », n° 339), exemplaire en très bon état.
Présentation
par l'éditeur :
Ces
poèmes narratifs n'ont connu qu'une édition à
ce jour (Scheler 1870) aujourd'hui introuvable. Pour la présente
édition Peter F. Dembowski s'est basé sur deux manuscrits
conservés à la Bibliothèque nationale (fr.
830 et fr. 831). Le Paradis d'amour est conservé
dans les deux alors que l'Orloge amoureus n'a été
copié que dans le second. M. Dembowski a retenu la version
du Paradis d'amour contenue dans le premier manuscrit (f.
fr. 830) car elle est plus proche du dialecte picard de Froissard.
Selon le critique, le Paradis d'amour aurait été
écrit entre le commencement de 1361 et la fin de 1362 et
l'Orloge amoureus au milieu de 1368 en décasyllabes
à rimes plates, contrairement à la plupart des dits
narratifs de Froissard. Le glossaire de M. Dembowski est suivi
d'un index des termes d'horlogerie qui témoigne de l'importance
de l'Orloge amoureus pour l'histoire de l'horlogerie.
Vendu.
[GILLY - CARTE PORCELAINE]. Lithographie
& Autographie Gustave Delacre & Sœur, à Gilly,
près Charleroi. Carte
porcelaine (216 x 156 mm.) imprimée en deux couleurs par
Gustave Delacre, probablement vers 1855-1860.
Gustave Delacre naquit à Dunkerque le 2 août
1828 et décéda à Châtelet, le 29 octobre
1867. Il résidait à Gilly où il épousa
Élisa Thibaut le 24 février 1852. Si nous connaissons
bien l'imprimerie Delacre à Charleroi, l'activité
de production de cartes porcelaine semble restée dans l'ombre
: Marie-Christine Claes ne la mentionne dans son Répertoire.
L'établissement proposait
divers produits :
- Comptabilités lithographiées,
régistres à dos élastiques de toutes dimensions,
livres à souches, copie de lettres, feuilles de quinzaine,
états.
- Lithographie, chromolithographie, mandats,
factures, lettres de faire part, entêtes de lettres, prix-courant,
circulaires, cartes d'adresses & de visites, portraits, dessins,
musique.
- Fournitures de bureaux, papiers de toutes
dimensions pour plans et dessins, boîtes de mathématiques,
cachets, timbres secs & à l'huile, presse à
copier, encres, plumes, cires, porte-feuilles.
- Librairie, cartonnages, reliures, livres
classiques, images fines, cartes de voies navigables & des
chemins de fer de la Belgique et de la France.
Bibliographie :
- Claes (Marie-Christine), Répertoire
des lithographes actifs en Belgique sous la période hollandaise
et le règne de Léopold Ier (1816-1865), IRPA,
2012 (mise à jour 2024).
Vendu.
[GIRAUDOUX (Jean)]. JOB (André) et TEISSIER (Guy) — Figures juives chez Jean Giraudoux. Avertissement par Pierre d'Almeida. Paris, Bernard Grasset, 1992. In-8° (130 x 205 mm.) broché, 238 p., (collection « Cahiers Jean Giraudoux », n° 21), exemplaire en bon état.
Avertissement :
En
ces temps exquis où Brasillach, par la grâce d’Éric
Neuhoff, se transfigure en héros de roman : où
la publication de l’immonde Journal de Drieu suscite,
en nombre, de bien subtils articles ; où Céline
prend rang de « l’un des plus grands écrivains
du siècle, – le plus grand peut-être »,
cependant que Touvier, la Milice, Vichy sont blanchis, récurés
par décision de Justice, il ne se passe guère de
mois qu’un folliculaire, ou parfois même un universitaire,
ne s’avise, la mine effarouchée, feignant le haut-le-corps,
de révéler au public l’antisémitisme
de Giraudoux. Les pièces à conviction ? Toujours
les mêmes, bien sûr, depuis tant d’années
– ou plutôt toujours la même : le chapitre
de Pleins pouvoirs intitulé « La France
peuplée ». Est-ce à dire qu’on n’en
pourrait procurer d’autres qu’en se livrant à
la falsification ? On n’y répugne pas toujours...
Du moins, grande est l’habileté des giraldophobes :
l’un dissémine dans un abondant ouvrage de courtes
citations, dont il se garde bien d’avertir le lecteur qu’elles
proviennent toutes du même texte ; l’autre laisse
entendre que c’est par pure bonté d’âme
qu’il s’en tient à ce même opuscule.
Les Amis de Jean Giraudoux n’ont jamais
cherché à le dissimuler ; ainsi le rédacteur
de ces lignes lui a-t-il consacré un article qui n’était
pas de complaisance, dans un précédent Cahier.
Qui nous lit sait donc bien, contrairement à ce que suggère
un Jacques Lecarme, qu’il nous « inquiète » :
cette fois non plus, nous n’allons pas tenter d’en justifier,
d'en absoudre son auteur. Mais observons ceci : l'antisémitisme
d’un Céline, d’un Drieu, d’un Brasillach
ne se manifeste pas seulement dans un article de circonstance,
il rayonne dans beaucoup de leurs œuvres. Et celui de nombre
d’autres écrivains, pour être moins obscène,
n’est guère moins obsédant. Giraudoux, que
l’on sache, n’a écrit ni le Péril juif
(Jouhandeau), ni même France-la-Doulce (Morand)...
Seul en vérité Jeffrey Mehlman
a cru pouvoir mettre en évidence un délire antisémite
qui structurerait l’œuvre entière de Giraudoux,
promu à cette fin « idéologue de la littérature
française » ; il conclut en ces termes
sa démonstration :
« Les Juifs, rejetés
(Cantique, avec Églantine) ; déportés
(Sodome avec Bérénice) ; exterminés
(La Folle de Chaillot avec Athalie). Tel est le
cortège de textes – en 1938, 1943, 1944, par
lesquels Giraudoux défend et illustre l’essence menacée
de la littérature française. Le programme implicite
de ces pièces – celui d’Holopherne, en fin
de compte – se précise de manière de plus
en plus lugubre, à mesure qu’il fête secrètement
le rôle de la France dans l’enfer européen ».
Mais comment adhérer à pareille
thèse, qui se fonde sur les superpositions les plus gratuites,
les déductions les plus hasardeuses, voire des manipulations
éhontées ? Quelques exemples : Charles
Mauron ayant comparé Sodome et Gomorrhe à
Bérénice, cela suffit à Mehlman pour
avoir la vision de Giraudoux « à sa maison de
campagne à Cusset, à quelques kilomètres
de Vichy, ou dans Paris occupé » relisant avec
délectation cette tragédie où le spectacle
fasciste (« Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette
armée »...) prépare « l’expulsion-déportation
de la Juive », et décidant d’écrire
à son tour une Bérénice – à
la suite de Brasillach, auteur en 1940 de La Reine de Césarée.
Dans Sodome et Gomorrhe, l’Ange ne dit-il pas à
Lia : « Ton occupation, c’est toi-même » ?
Abraham et Sarah ne marchent-ils pas « entre les décombres » ?
Mehlman de se demander sans trembler : « Et si
le mot occupation (...) était utilisé au sens de
Drieu ? » ; et de rappeler que « Les
Décombres était le titre du best-seller antisémite
de Rebatet sur l’effondrement de la Troisième République. ».
Il est malheureusement plus banal de le voir solliciter outrageusement
une interview – celle du 29 avril 1938 dans Je suis
partout – ou tronquer certaine phrase de «
La France peuplée ».
Pourtant, ainsi que déjà le suggérait
André Job il y a six ans, il faut retenir de Mehlman l’obligation
où se trouve tout lecteur de Giraudoux de rendre compte
de la situation faite aux Juifs et aux Juives dans l’ensemble
de l’œuvre. Car il est vrai que Bella, puis Églantine
reposent sur le parallèle d’un grand seigneur champenois,
de noblesse « immémoriale », et d’un
Juif oriental devenu « le directeur de la banque la
plus puissante d’Europe », et que Judith
peut être considérée comme « la
tragédie des Juifs et du judaïsme », selon
la formule de Guy Teissier. Telle est donc la tâche que
les collaborateurs de ce Cahier ont entreprise : décrire
la vision qu’avait Giraudoux du peuple juif, penser la représentation
qu’il s’était formée de l’élection,
définir les valeurs affectées dans son univers au
judaïsme et à la judéité.
Nous espérons bien sûr éclairer
ainsi d’un autre jour les pages honnies de Pleins pouvoirs,
mais surtout esquisser à la fois une lecture nouvelle de
l’œuvre de Giraudoux, et une nouvelle approche de la
thématique juive dans la littérature de l’entre-deux-guerres.
Si en effet la quasi-totalité des accusateurs de Giraudoux,
préférant l’invective, consacre l’ineffable
méthode dont use le plus célèbre d’entre
eux quand il s’avise de transformer Piero délia Francesca
en peintre cubiste (tâche pas plus ardue, nous semble-t-il,
que celle de transformer Giraudoux en écrivain antisémite) :
« Il suffit d’oublier de comprendre »,
– nous voudrions, quant à nous, donner à
chacun quelques éléments pour comprendre.
8 euros (code de commande : 03263).
[HAGGADAH DE PESSAH]. Die Darmstädter
Pessach-Haggadah. Codex orientalis
8 der Landesbibliothek zu Darmstadt aus dem vierzehnten jahrhundert
herausgegeben und erläutert von Bruno Italiener unter
mitwirkung von Aron Freimann, August L. Mayer und
Adolf Schmidt mit einer gesamtbibliographie der illustrierten
Haggadah. Textband mit 20 bishr noch unveröffenlichten abbildungen
auf 16 lichtdrucktafeln. Leipzig, Hiersemann, 1927. In-8°
(200 x 283 mm.) demi-chagrin brun à coins d'éditeur,
dos lisse orné de fers dorés, XI, 313 p., frontispice
et 16 planches hors texte.
À ce volume d'introduction, on joint le fac-similé
:
In-folio (265 x 363 mm.) plein veau à fermoirs, dos
à 6 nerfs, plats ornés d'un grand décor à
froid avec un cabochon cuivré aux centres et quatre écoinçons
aux angles, [116] p., les miniatures en couleurs sont rehaussées
à la feuille d'or.
Les bibliographies
indiquent que cet ouvrage a été imprimé à
350 exemplaires ; la reliure réalisée pour
ce luxueux fac-similé sur parchemin est particulièrement
réussie.
Le
manuscrit original fut réalisé de la fin du XIVe
siècle ou au début du XVe siècle, on le doit
au scribe Israel Ben Meir qui, selon August Mayer, réalisa
« la plus distinguée des premières Haggadahs
du Nord. »
La Darmstädter Landesbibliothek doit la
possession de ce précieux manuscrit à un grand collectionneur,
le baron Adolf von Hüpsch (Vielsalm, 1730 - Cologne, 1805),
qui avait légué par testament sa bibliothèque
et ses collections au Landgraf Ludwig X. À la mort de ce
dernier, les collections constituèrent la base du Musée
d'État de Hesse (Darmstadt) et du département des
manuscrits de la Landes- und Hochschulbibliothek Darmstadt.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle,
les collections du baron von Hüpsch étaient l'une
des principales attractions de la ville de Cologne. Il semble
que la Haggadah ait été en sa possession depuis
1788 ; on en trouve la mention dans une description de son
Cabinet publiée dans le numéro de novembre de l'année
1788 de la revue parisienne L'Esprit des Journaux français
et étrangers. Par une Société de Gens-de-Lettres
(p. 280) :
« Un manuscrit hébreux se
distingue sur-tout par la beauté du caractère, les
peintures antiques & autres ornemens dont il est decoré.
Il merite d'autant plus d'attention que, comme l'on sait, la plus
grande partie des manuscrits hébreux n'offrent point de
portraits des pères de l'Ancien Testament. Ce manuscrit
contient les prières des Juifs au tems de Pâques,
& il a été écrit dans le treizième
siecle. »
Suivez le lien pour découvrir toutes les illustrations :
https://www.youtube.com/watch?v=hxL_mDH-VOg
Les deux volumes : 550 euros (code de commande : 03271).
[HAINAUT]. Almanach de la Province de Hainaut,
pour l'An 1819, présenté à Son Excellence
M. le Chevalier De Bousies, Gouverneur de la Province, Chambellan
de Sa Majesté. Mons,
Monjot, 1819. [Mons, /
Imprimerie de Monjot, rue de la Clef, N° 19. / 1819.] In-8° (108 x 174 mm.) sous son brochage
d'époque, 180, 196 p., exemplaire en bon état
malgré la couverture salie.
Ex-libris manuscrit
de Théophile Massart, de Binche, sur la page de titre et
répété sur les tranches ; en deuxième
page de couverture, on lit la mention manuscrite : «
Acheté chez Gossart, rue du Parc en 1840 » suivie
d'une signature (peut-être « Robette »).
Après les éphémérides, la première partie de l'ouvrage est consacrée aux affaires internationales et nationale ; la seconde partie est consacrée à la province de Hainaut.
Vendu.
[HORACE]. DUPOUY (Auguste) — Horace. 9e édition. Paris, Bernard Grasset, 1928. In-8° (120 x 188 mm.) broché, 266 p., (collection « Les Heures Antiques », n° 3), cachet ex-libris de J. De Rasse sur la couverture et la page de titre.
Table :
- Pour
servir d'avant-propos.
- En tutelle.
- Sous les ombrages.
- Les ailes coupées.
- Mécène, gloire et soutien.
- Libres propos.
- Vœu comblé.
- Melpomène.
- Euterpe et Polymnie.
- Vivre pour soi.
- L'abeille du Mont Matinus.
- Le génie blanc et noir.
- Deux tombes sur l'Esquilin.
- Appendice.
8 euros (code de commande : 03248).
[HUREZ
(Léon)]. Léon Hurez. Préface
de Michel Debauque. [La Louvière], [Les Amis de
Léon Hurez], [1985]. In-4° (194 x 265 mm.) collé,
49 p., illustrations.
Publication
éditée à l'occasion de la séance d'hommage
à Léon Hurez organisée le 26 janvier 1985
au Théâtre communal de La Louvière.
Préface :
La
vie et la carrière de Léon Hurez sont exemplaires.
C'est un homme qui doit tout à ses propres
qualités. Les fées ne se sont pas penchées
sur son berceau mais jamais, il n'a sombré dans le fatalisme.
Il a terminé avec succès ses études
malgré la guerre et surtout après la perte douloureuse
de ses parents.
La tradition familiale, la vision quotidienne
des misères humaines, la volonté de contribuer à
l'amélioration de la condition des travailleurs l'amènent
tout naturellement à militer dans les rangs syndicaux et
au sein du Parti Socialiste.
Cette action obscure, il l'a menée sans
relâche tout en se révélant un professeur
exigeant et humain.
Pour ceux qui le connaissent, sa candidature
et son élection aux élections légis­latives
de 1961 n'ont pas constitué du tout une surprise.
Il s'est révélé un mandataire
consciencieux, soucieux du respect de l'électeur, fidèle
à ses engagements.
Chez lui, pas de discours inutiles, de phrases
creuses, de promesses faciles.
La franchise, la loyauté et le dévouement
sont restés ses vertus cardinales à travers les
vicissitudes de la vie politique.
En tant que gestionnaire, il a été
sans cesse guidé par le souci d'efficacité.
L'amitié et l'esprit d'équipe
ont toujours présidé ses relations avec ses collaborateurs
qu'il a toujours su mobiliser et galvaniser.
Il a participé à des moments très
délicats de l'histoire nationale : remise en cause
du Pacte Scolaire, révision constitutionnelle, mise en
place difficile de la régionalisation. À chaque
instant, il a eu le souci de défendre les principes, les
idées, le programme de l'équipe dont il était
membre en reléguant au second plan ses ambitions personnelles
et en rejetant le carriérisme et les mondanités.
Ses plus belles joies, son épanouissement
il les a connus dans la vie locale où il a démontré
ses qualités d'administrateur.
À Strépy-Bracquegnies, il a cicatrisé
les plaies provoquées par la crise charbonnière.
De cette commune marquée par la multiplication des sites
industriels désaffectés et dont l'habitat souffrait
d'un vieillissement prématuré, il a fait une cité
résidentielle verte et accueillante.
Après la fusion des communes, il a su
galvaniser les énergies pour faire de La Louvière
un ensemble urbain cohérent digne du rôle régional
qui lui est reconnu.
Sa méthode de gestion a toujours été
faite de rigueur et d'enthousiasme communicatifs.
Il a bien mérité de La Louvière,
de la Wallonie, du pays.
Qu'il en soit remercié !
9 euros (code de commande : 03261).
[JÉSUITES]. Avis des Evêques de France, sur l'utilité, la doctrine, la conduite & le régime des Jésuites de France. Rome, 1762. In-8° (109 x 175 mm.) broché, [1 (titre)], [1 bl.], 39, [1 bl.] p., exemplaire en très bon état.
Extrait :
Sire,
Votre Majesté remplie de ces sentimens
de Foi & de Religion dans lesquels nos Monarques se sont toujours
distingués entre tous les Monarques du monde, & marchant
sur les traces de ses Augustes Prédécesseurs, n'a
point voulu se décider sur une affaire où il y avoit
des points concernant la doctrine & la discipline Ecclésiastique
à examiner, sans en avoir auparavant l'avis d'un grand
nombre d'Evêques de son Royaume.
Le tems que Votre Majesté nous a donné
pour examiner ces différens points a été
fort court ; mais nous nous sommes efforcés de suppléer
au tems par l'assiduité & la persévérance
de notre travail, regardant comme un de nos principaux devoirs
de concourir aux vues que Votre Majesté se propose pour
l'avantage de la Religion, le maintien du bon ordre & la tranquillité
de son Royaume.
Après avoir examiné, Sire, avec
route la maturité qu'exigeoit l'importance de l'objet,
les différens points sur lesquels Votre Majesté
nous fait l'honneur de nous consulter, nous avons cru lui donner
notre avis ainsi qu'il fuit.
Extrait de l'article de Louis Raison :
En 1761, « pendant que les Parlements
s'acharnaient contre la Compagnie, l'assemblée du Clergé
de France fut amenée à s'occuper des Jésuites.
Elle s'était réunie à Paris, le 20 novembre
1761. Le Roi l'avait convoquée pour qu'elle lui donnât
un avis éclairé sur le célèbre institut,
son but, son influence, ses règles. Elle devait même
se prononcer sur la question de son maintien. Cinquante et un
évêques se trouvèrent réunis à
Paris. En réponse à la consultation du Roi, 45 signèrent,
le 30 décembre, un acte en faveur des religieux. Ils sollicitaient
de Louis XV la conservation de la Société de Jésus.
Leur déclaration était intitulée : Avis
des Évêques de France sur l'utilité, la doctrine,
la conduite et le régime des Jésuites en France. »
Bibliographie :
- Raison (Louis), « Le Mouvement
Janséniste au diocèse de Rennes (suite) »,
dans Annales de Bretagne, tome 51, n° 1, 1944,
pp. 58-59.
40 euros (code de commande : 03270).
JOUHANDEAU
(Marcel) — Élise architecte suivi de L'incroyable journée.
8e édition. Paris, Bernard Grasset,
1951. In-8° (120 x 185 mm.) broché, 193 p.
Ex-libris de
l'écrivain belge André Allard l'Olivier (Paris,
1913 - Luxembourg, 1985).
Note de l'éditeur
pour la réimpression dans la collection La Cahiers Rouges
:
Elise
architecte est une chronique maritale où, souveraine,
la femme se fait tour à tour jardinière, décoratrice,
« romancière de l'ameublement ».
Devant ce déferlement d'activités, l'homme n'a plus
qu'à bien se tenir...
C'est probablement autobiographique, comme l'Incroyable
Journée, récit d'un samedi soir où l'auteur
fit coup sur coup trois rencontres bien extraordinaires...
10 euros (code de commande : 03272).
[LE FRANC (Martin)]. BAYOT (Alphonse) — Martin Le Franc. L'estrif de Fortune et de Vertu, étude du manuscrit 9510 de la Bibliothèque royale de Belgique, provenant de l'ancienne "librairie" des Croy de Chimay. Bruxelles, Œuvre Nationale pour la Reproduction de Manuscrits à Miniatures de Belgique, 1928. In-folio (), 59 p., 2 chromolithographies (armes héraldiques),1 planche chromolithographiée en frontispice, 21 planches documentaires en noir, un des exemplaires numérotés et nominatifs imprimés pour la Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique (n° 158 - Georges Vander Meylen).
Extrait :
Le
manuscrit 9510, dont le frontispice fait l'objet de la présente
publication, est un des exemplaires de l'Estrif transcrits
entre 1449 et 1455. Il comprend 182 feuillets de parchemin et
mesure 344 sur 238 millimètres. C'est un beau volume, d'un
luxe discret, mais où tout est de la meilleure qualité,
à commencer par le parchemin lui-même. Les pages,
rayées en rouge, ne portent que 27 longues lignes de texte,
avec une justification de 210 sur 140 millimètres, qui
laisse subsister de grandes marges. L'écriture est la grosse
lettre de forme en usage chez les calligraphes du temps de Philippe
le Bon. Partout, des initiales ou des crochets de paragraphes
jettent la note claire de leur or, se détachant sur des
fonds de pourpre et d'azur relevés de filets blancs. Sans
insister, pour l'instant, sur les détails du frontispice,
on trouve, en tête de chacun des trois Livres de l'ouvrage,
de grandes lettrines bleues, champiées d'or et fleuronnées
en toutes couleurs, semblables à celle qui décore
la première page du volume. Au f. 2, la lettrine est accompagnée
d'une bordure d'angle, du même style que l'encadrement de
la dite page. Aux ff. 44 et ioiv, elle a, dans la marge, des prolongements
où l'or s'étale en bandeau et qui se terminent par
des bouquets stylisés.
Le volume a dû être préparé
en vue du commerce. Nul signe de propriété n'y avait
d'abord trouvé place. Les armes des Croÿ de Chimay,
qui se voient sur la bordure du frontispice, ont, manifestement,
été peintes en surcharge. De même, c'est bien
longtemps après la confection du manuscrit qu'au f. 182,
sous la rubrique terminale, est venu s'inscrire cet ex-libris
autographe (Pl. II) :
C'est le livre appellé
l'Estrif de Fortune et Vertu, et
n'y a que une histoire, lequel
est a monseigneur Charles
de Croÿ, prince de Chimay.
Charles.
Charles de Croÿ, l'auteur de cette note,
était le dernier d'une née de bibliophiles qui ont
possédé une des plus riches collections de livres
de l'époque bourguignonne J'en connais au-delà de
quatre-vingts volumes, en partie disséminés à
l'étranger, mais dont cinquante-quatre se conservent à
la Bibliothèque royale de Belgique.
80 euros (code de commande : 03246).
[LIVRE].
Le livre illustré en occident du haut Moyen Âge
à nos jours. Avant-propos
de Martin Wittek. Bruxelles, Bibliothèque Royale
Albert Ier, 1977. In-8° (185 x 255 mm) broché,
X, 238 p., illustrations en couleurs et 132 planches
en noir hors texte, exemplaire en bon état.
Ouvrage édité
à l'occasion de l'exposition éponyme organisée
à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'International
Federation of Library Associations and Institutions, à
la Bibliothèque royale Albert Ier, à Bruxelles,
du 5 septembre au 22 octobre 1977.
Introduction :
Rares
sont les musées qui peuvent offrir à leurs visiteurs
un panorama de la peinture occidentale depuis la fin de l'antiquité
jusqu'à nos jours. Or, c'est là un privilège
que se partagent un certain nombre de grandes bibliothèques.
Et paradoxalement, la peinture des livres est
une des formes d'art le moins connue, l'art de l'illustration
demeure un domaine réservé à un petit nombre
d'initiés.
Il suffira, pour s'en convaincre, de voir la
part minime faite au livre illustré dans la plupart des
manuels d'initiation artistique. Pour la peinture, les hautes
époques y sont brossées à grands traits,
on y déplore le petit nombre de spécimens conservés...
et l'on oublie les trésors contenus dans les manuscrits.
De même, on oublie souvent les illustrations que nous ont
laissées les plus grands artistes, des époques moderne
et contemporaine.
Et pourtant, l'art du livre est si intimement
lié à l'évolution générale
des arts dits majeurs qu'un panorama complet de son évolution
constitue la plus sûre et la plus simple des initiations
à l'histoire de l'art.
C'est là précisément le
but que se propose cette exposition et le présent catalogue
se voudrait une modeste contribution à la connaissance
de l'histoire du livre illustré.
Le cadre d'une exposition et d'un catalogue
imposait évidemment des limites à ce projet.
Pour des raisons d'ordre matériel, il
a été tout d'abord décidé de se limiter
aux ressources exclusives des collections de la Bibliothèque
royale. Or celles-ci, comme toutes les grandes collections historiques,
ne se sont pas constituées de façon systématique
– du moins jusqu'au milieu du XIXe siècle –
et présentent, de ce fait, des lacunes importantes.
La conséquence pratique en est que les
organisateurs de l'exposition ont dû se limiter le plus
souvent à des œuvres originaires de la région
formée par les trois grandes vallées du Rhin, de
la Meuse et de l'Escaut, ainsi qu'à des œuvres du
nord de la France et de la région parisienne. Pour les
Temps modernes et le XIXe siècle, on a pu produire en outre
quelques œuvres illustrant l'apport d'autres pays, comme
l'Italie, l'Allemagne ou l'Angleterre. Enfin pour le XXe siècle,
on a dû se limiter à présenter les écoles
française et belge, les fonds de la Bibliothèque
royale ne contenant pas suffisamment d'œuvres caractéristiques
des autres écoles.
En dépit de ces lacunes importantes,
sur lesquelles on se devait d'attirer l'attention, on est parvenu
à évoquer toutes les étapes de l'évolution
artistique dans l'art du livre en Occident, depuis la fin de l'antiquité.
En outre, on s'est efforcé de souligner, aussi souvent
que possible, les influences extérieures décelables
dans les œuvres exposées.
Enfin, la nécessité pratique de
limiter en nombre les documents à décrire a imposé
des choix parfois douloureux, que d'aucuns regretteront. Les organisateurs
espèrent que l'exposition de 185 chefs-d'œuvre de
la civilisation occidentale sera de nature à faire oublier
l'absence de certaines œuvres tout aussi marquantes.
Chacun des grands courants de l'histoire de
l'art a fait l'objet d'un chapitre séparé, commençant
par une brève synthèse, si bien que l'ensemble de
ces exposés préliminaires constitue, en moins de
50 pages, un abrégé de l'histoire du livre illustré
en Occident. Une bibliographie substantielle, citée à
la suite de chaque introduction permettra au lecteur intéressé
de compléter les données forcément succinctes
du catalogue.
En principe, tous les documents décrits
ont été reproduits dans le catalogue, à l'exception
toutefois des œuvres contemporaines qui ne sont pas encore
tombées dans le domaine public.
En replaçant l'évolution de l'illustration
dans une perspective rigoureusement historique, en illustrant
cette évolution par une exposition et un catalogue de moyenne
importance, en fournissant au grand public des éléments
de référence précis aux autres formes d'art,
les organisateurs espèrent avoir contribué à
rendre plus accessible le domaine passionnant de l'illustration.
Ils ont surtout cherché à convaincre les visiteurs
de l'exposition que le livre illustré constitue un des
produits le plus raffinés de toute civilisation et mérite
à ce titre la même considération que les autres
œuvres d'art. Qu'il leur soit permis, en terminant, de reproduire
un souhait émis au IXe siècle par un moine de Corbie :
« Cher lecteur, en feuilletant les pages du doigt,
prends soin de ne pas abîmer ce qui s'y trouve écrit ;
nul, s'il n'est calligraphe, ne peut avoir idée du travail
impliqué. Il est aussi doux pour le copiste d'atteindre
la dernière ligne que pour le marin d'atteindre le port.
Trois doigts seulement tiennent le calame, mais c'est tout le
corps qui peine au travail. »
15 euros (code de commande : 03252).
MALVA
(Constant, pseudonyme d'Alphonse Bourlard) — Le brasier.
Introduction et notes par
Jacques Cordier. Préface par Jacques Lanotte.
Charleroi, Institut Jules Destrée, 1982. In-8° (138
x 211 mm.) broché, 115 p.
Édition
originale de ce texte resté inédit pendant une cinquantaine
d'années...
Extrait de l'introduction
:
Depuis
quatre ans, l'œuvre de Constant Malva, redécouverte,
est au centre de diverses préoccupations. Rééditions,
adaptations théâtrales, études critiques,
l'ont replacée sous les feux de l'actualité et de
la critique littéraires et font de cet auteur le seul écrivain
prolétarien dont on parle. On pourrait s'en étonner.
Voici un auteur qui, de son vivant, n'a retenu l'attention que
de rares intellectuels branchés sur les problèmes
sociaux plutôt que littéraires. Tout en le déplorant
et en dépit d’une foi naïve dans le discernement
de ses contemporains (« la culture ne va quand même
pas me laisser tomber... »), Malva avait la prescience
de la reconnaissance future de son œuvre. Il la savait inscrite
dans la substance même du Borinage houiller, gravée
sur les avatars socio-économiques de cette région
qui agonise depuis si longtemps. Question de sensibilité.
De style aussi. Car, qu'on ne s'y trompe pas : il y a un
ton Malva. Michel Gheude a eu raison de souligner dernièrement
ce que l'écriture de Malva avait de spécifique :
une parfaite adéquation aux situations décrites,
une sorte de balancement interne proche du style parlé,
avec juste ce qu’il faut de distance, de « réflexion »
au sens littéral du terme. Ce « ton Malva »
a connu sa traversée du désert. Les diverses directions
qu'a prises la littérature française des dernières
décennies n'ont pas privilégié le genre « mémoire
ouvrière » qu'on redécouvre actuellement.
Malva se situe donc dans un courant de redécouverte qui
le dépasse, mais dont il fait partie intégrante.
S'ajoute à cet environnement culturel devenu favorable,
l'authenticité de l’homme et de l'œuvre. Ici
pas de témoignages enregistrés au magnétophone,
retouchés par des professionnels de l'écriture.
Pas d'autres intermédiaires entre le lecteur et lui que
sa maladresse et sa sincérité. Et le lecteur le
sent. Nous sommes quelques-uns à avoir œuvré
à la réhabilitation de cet écrivain d'entre-deux-guerres
refaisant surface entre deux crises. Sans doute y aura-t-il de
plus en plus de lecteurs à aimer une œuvre polymorphe,
enrichissante par sa diversité même et émouvante
dans sa simplicité.
Vendu.
[MARGUERITE D'YORK]. HOMMEL (Luc) — Marguerite d'York ou la duchesse Junon. Paris, Hachette, 1959. In-8° (133 x 201 mm.) broché, 351 p.
En quatrième
de couverture d'une réimpression aux éditions :
Si
l'on s'arrête un instant pour jeter un regard d'ensemble
sur la vie de Marguerite d'York, on ne laisse pas d'être
étonné, voire confondu de tout ce qui a rempli cette
vie, des activités aussi multiples que diverses auxquelles
la duchesse s'est adonnée, de tout ce qu'elle a réalisé
dans les grandes et petites choses. Elle vivait, semble-t-il,
à un rythme précipité, entraînée
par une volonté toujours tendue. Mais ce rythme ne faiblissait-il
jamais ? N'arrivait-il pas à cette volonté
de se détendre ? Luc Hommel décrit les réjouissances
de la « noble feste » du mariage avec une
éblouissante profusion d'images. Il reprend ensuite l'implacable
acheminement de la tragédie de Charles le Téméraire,
en centrant, cette fois, les événements sur sa femme
que le duc de Bourgogne avait épousée à contre-cœur,
uniquement pour se ménager l'alliance anglaise contre Louis XI.
Il nous montre Marguerite d'York affrontant avec sang-froid les
premiers désastres, tentant d'obtenir l'aide des députés
des États et, enfin, quand le drame est consommé,
soutenant avec affection et intelligence les efforts de Marie
de Bourgogne en vue de son héritage menacé. « Le
mariage autrichien, estime Luc Hommel, a sauvegardé les
fondements de la nation belge. Pour avoir voulu à tout
prix ce mariage, Marguerite d'York mérite une large part
dans l'existence de l'actuel royaume de Belgique. »
Vendu.
MARTINON (Philippe) — Comment on parle en français. La langue parlée correcte comparée avec la langue littéraire et la langue familière. Paris, Librairie Larousse, 1938. In-8° (125 x 180 mm.) sous reliure d'éditeur, 600 p., exemplaire en bon état.
Table des matières
:
- Préface.
Première partie. Le nom.
I. Observations sur le
genre et le nombre.
- Les
noms à forme unique pour les personnes ou pour les animaux.
- Gent
et gens, personnes et personne.
- Les
noms de choses qui ont deux genres.
- Sur
quelques pluriels.
II. Observations sur les compléments
du nom.
Deuxième partie. L'article.
I. Nature et usage de
l'article.
II. Omission de l'article.
III. L'article et les noms
propres.
IV. L'article partitif.
Troisième partie.. L'adjectif qualificatif.
I. Observations sur le
genre et le nombre.
II. Sur la place de l'épithète.
III. Sur l'accord de
l'adjectif.
IV. Sur les substituts
de l'adjectif.
V. Du comparatif.
VI. Du superlatif.
Quatrième partie. Les adjectifs déterminatifs
et les pronoms correspondants.
I. Des adjectifs et pronoms
démonstratifs.
- Des
démonstratifs masculins et féminins. Emploi de celui.
- Du
pronom démonstratif neutre : ce, ceci,
cela, ça.
- Emploi
de c’est. Est-ce que.
- Des
démonstratifs même et tel.
II. Des adjectifs et
pronoms possessifs.
- Observations
générales.
- Extension
de l'emploi de l'adjectif possessif.
- Élimination
de l'adjectif possessif avec les parties du corps.
III. Des adjectifs et
pronoms indéfinis.
- Un,
quelqu'un et quelque, aucun, chacun
et chaque.
- De
l'adjectif autre, autrui.
- De
l'adjectif tout.
IV. Des adjectifs numéraux.
- Les
adjectifs cardinaux.
- Les
adjectifs ordinaux.
Cinquième partie. Le pronom relatif et
interrogatif.
I. Le relatif sujet,
attribut ou complément direct qui et que.
II. Le relatif indirect
dont.
III. Les relatifs indirects
quoi et lequel.
IV. Rapports du relatif
et de l'antécédent.
V. Syntaxe de la proposition
relative.
VI. Le pronom interrogatif.
Sixième partie. Les pronoms personnels.
I. Les pronoms personnels
sujets. Il neutre et on.
II. De l'omission du
pronom sujet.
III. De l'inversion du
pronom sujet.
- Dans
l'interrogation.
- En
dehors de l'interrogation.
IV. Les pronoms personnels
compléments directs.
V. Le pronom neutre et
pronom attribut.
VI. Les pronoms personnels
compléments indirects pour les personnes.
VII. Les pronoms compléments
indirects pour les choses.
- Le
pronom en.
- Le
pronom y.
VIII. Les pronoms réfléchis
se et soi.
IX. Quelques observations
générales.
Septième partie. Le verbe.
I. Observations sur la
conjugaison des verbes.
II. De l'accord du verbe.
- Avec
un sujet unique.
- Avec
plusieurs sujets.
III. Observations sur les
compléments des verbes.
IV. Emploi des temps
de l'indicatif.
- Le
présent.
- L'imparfait.
- Le
passé, simple ou composé.
- Le
passé antérieur et le plus-que-parfait.
- Le
futur et le futur antérieur.
V. Emploi du conditionnel.
- L'imparfait
du futur et le conditionnel proprement dit.
- Le
conditionnel dans la proposition principale.
- Le
conditionnel dans la proposition conditionnelle.
- Le
conditionnel de concession.
- Le
conditionnel sans condition.
VI. Emploi de l'impératif.
VII. Emploi des temps
du subjonctif.
- Nature
du subjonctif.
- Les
règles dites de la concordance des temps.
- Caractère
archaïque de certaines formes du subjonctif.
VIII. L'indicatif et
le subjonctif dans les propositions subordonnées.
- Dans
les propositions relatives.
- Dans
les propositions complétives introduites par que.
- Dans
les propositions qui indiquent la cause ou l'effet, et l'intention.
- Dans
les propositions temporelles.
- Dans
les propositions comparatives.
- Dans
les propositions qui annoncent une concession (ou une restriction).
- Dans
les propositions conditionnelles.
IX. Emploi de l'infinitif.
- L'infinitif
sujet ou attribut.
- L'infinitif
complément direct.
- L'infinitif
complément indirect.
- Les
propositions infinitives.
X. Emploi du participe.
- Le
participe présent.
- La
proposition participe absolue.
- Le
participe passé.
Huitième partie. L'adverbe.
I. Observations sur l'adverbe.
II. Sur les adverbes
de lieu.
III. Sur les adverbes
de temps.
IV. Sur les adverbes
de manière.
V. Les adverbes de quantité.
- Combien,
comme, que.
- Beaucoup,
bien, plus, davantage, trop.
- Peu,
guère, moins.
- Autant,
tant, tellement, aussi, si.
VI. La négation.
- Emploi
de la négation non.
- La
négation normale : ne avec pas et point
; ne... plus.
- La
négation ne employée seule.
- Emploi
de la négation avec jamais, rien, personne,
aucun (et nul).
- Ellipse
de la négation. Rien négatif.
- Les
négations coordonnées : ne et ni.
- Les
fausses négations.
VII. Observations sur les
prépositions.
- De
et a, dans et en, avant et devant,
près de, parmi, durant, jusque,
voici et voilà.
- Conclusion.
- Index alphabétique.
Vendu.
MECKERT (Jean) — Nous sommes tous des assassins. D'après le scénario original d'André Cayatte et Charles Spaak. Paris, Gallimard, 1952. Dix-septième édition. In-8° (121 x 188 mm.) broché, 262 p.
Préface :
Il
arrive souvent que des scénaristes adaptent pour l'écran
des œuvres classiques de la littérature et nous avons,
pour notre part, écrit la version cinématographique
de plusieurs romans de Balzac, de Dostoievsky, de Maupassant.
Ces travaux, qui ont connu des fortunes diverses, nous valurent
à chaque fois le même reproche : nous avions
manqué de fidélité à des auteurs célèbres.
Pour notre défense, nous avons toujours allégué
que la qualité d’une adaptation ne se mesurait pas
à sa fidélité et que le cinéaste,
reprenant un thème donné, en pouvait, à sa
guise, établir une version tout à fait renouvelée.
Chaque genre littéraire a ses règles, aussi précises
qu'indéfinissables, dont le romancier, le dramaturge, le
scénariste ont une connaissance intuitive et tyrannique ;
il est naturel qu'ils y sacrifient. Il est naturel, aussi, que
l'adaptateur aux prises avec une œuvre très riche
accorde une préférence à de certains personnages,
développe des épisodes pour en sacrifier d'autres,
mette l'accent sur les points de vue qui le touchent particulièrement
et qu'excité par ce choix où il se révèle,
tende de plus en plus à s'exprimer lui-même, sans
que Balzac, Dostoïevsky, Maupassant, intacts dans leurs œuvres
complètes, s'en trouvent diminués. Ainsi comprises,
ces transpositions d’un genre àa un autre relèvent
d’un agréable jeu de société.
Le cinéma ne s'inspire pas toujours d’intrigues
qu'un romancier ou qu'un dramaturge a déjà traitées
et de plus en plus fréquemment les scénaristes conçoivent
pour lui des œuvres originales qui deviennent à leur
tour des récits littéraires. Hélas !
ceux-ci, toujours écrits à la va-vite, assemblent
grossièrement les dialogues du film séquence par
séquence démontrant de façon péremptoire
combien la fidélité est de peu d'importance en matière
d'adaptation. Pour une fois, nous avons souhaité qu'un
thème conçu et développé pour l'écran
fut repris dans un roman par un véritable écrivain,
le recréant à, sa guise selon les lois du genre
et son inspiration personnelle, en bref jouant le jeu avec toute
la liberté que nous avions prise autrefois avec les œuvres
de ses confrères illustres.
Comme il était à prévoir,
Jean Meckert s'est intéressé à certains de
nos personnages plus qu’à d'autres ; il a bouleversé
l'ordre des épisodes, en supprimant quelques-uns pour en
créer de nouveaux ; il a sacrifié plusieurs
points de vue intellectuels pour ne se préoccuper que des
individus et de leurs réactions brutales ; il nous
a adaptés, à toutes les pages, déformés
et trahis avec une loyauté constante dont nous lui sommes
infiniment reconnaissants.
Film ou roman, « Nous sommes tous des
assassins », en racontant les mêmes anecdotes, diffèrent
dans la mesure où leurs auteurs diffèrent les uns
des autres. Comment ne pas songer à ce que donnerait une
adaptation cinématographique du livre de Jean Meckert ?
Mais sans doute serait-elle adaptée par un cinéaste
qui en tirerait un scénario inattendu... Et s'il arrivait
qu'un nouveau romancier, s'inspirant de ce deuxième film...
Pour mettre fin à ce jeu, il faudrait qu'intervint, pour
la déception de tous, un adaptateur scrupuleusement fidèle
qui révélât par une soumission banale au thème
proposé qu’il n'avait aucun tempérament.
10 euros (code de commande : 03241).
OLIVER (Neil) — Not Forgotten. London, Hodder & Stoughton, 2005. In-8° (160 x 240 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, XIII, 306 p., illustrations hors texte, ex-libris manuscrit à la page de garde.
Sur la jaquette :
There
are over 36,000 Great War memorials in Britain, listing names
from all walks of life – grand estates, cities, villages,
places of work. They stand as landmarks to a defining period in
British history – and yet one which is slipping away from
popular memory.
Accompanying the major Channel Four series,
Not Forgotten is a revealing look at the untold stories
lying behind these lists of names – stories of the impact
of the Great War on British society, the echoes of which can still
be felt today. More than a conflict overseas, it was the catalyst
for an extraordinary period of rapid and radical change to the
social and cultural fabric of the nation.
Loss and bereavement were felt at every level
of society. The centuries-old class system was thrown into disarray,
both at home and on the front lines. Social restrictions on women
were revolutionised, from jobs and the vote to new freedoms in
dress, behaviour and sexuality ; roles were reversed in family
life for a large part of the population. And when the survivors
returned after the fighting stopped, it was to a world in which
the foundations were being laid for the changed society in which
we live today.
The memorials to the Great War are a surviving
connection to lives that were lived and lost between 1914 and
I9J8- By looking back at those lives, and remembering, we can
find a unique and moving account of Britain's coming of age in
the Great War.
6 euros (code de commande : 03266).
['PATAPHYSIQUE].
Monitoires du Cymbalum Pataphysicum. N° 33. Philippe Merlen & Emmanuel Peillet :
histoire d'une amitié, par Louis Barnier, Provéditeur-Inquisiteur
Général. Sermiers, Cymbalum Pataphysicum, 1994.
In-8° (153 x 210 mm.) agrafé, [52 (pp. 87-138)] p.,
illustrations, exemplaire en très bon état et marqué
de trois déshonorants escargots.
Ce volume appartient
également à la collection « Expectateur »,
n° 24.
Avant-propos :
Comme annoncé
dans le n° 28 de L'Expectateur (n° 29 des Monitoires,
vieux style), l'Approche chronologique de Philippe Merlen
est ici complétée par les soins du Sme Provéditeur-Inquisiteur
Général Louis Barnier. Utilisant une partie de ses
archives et divers documents fournis par le Sme Administrateur-Opitulateur
Général, le Sme Louis Barnier étudie principalement
– et avec toutes les nuances requises – les
méandres d'une amitié : celle d'Emmanuel Peillet
et de Philippe Merlen. Il rappelle, au-delà de l'amitié,
toute la pataphysique de l'enchantement qui irradiait – nominalisme
oblige – de la personne de celui qui voulut s'appeler
Philippe Merlin. Le Sme Louis Barnier présente enfin et
commente quelques lettres particulièrement révélatrices
adressées par Philippe Merlen à divers correspondants.
Les Cymbalistes attentifs – en est-il d'autres ? –
voudront bien excuser les inévitables répétitions,
certains fragments de ces missives ayant déjà été
cités dans la livraison consacrée à l'« approche
chronologique » de Philippe Merlen. Mais il fallait
bien, au commentaire et à la biographie, ajouter le document
brut et ainsi inverser, une fois de plus, une célèbre
formule de Jarry : ici « la lettre seule importe
et tout le reste est littérature ».
10 euros (code de commande : 03276).
PETIT
(Paul) — Résistance spirituelle. 1940-1942. Avec un poème de Paul Claudel.
Préface de Jacques Madaule. 6e édition. Paris,
Gallimard, 1947. In-8° (121 x 188 mm.) broché,
108 p., bon exemplaire avec sa bande d'annonce.
Un ouvrage posthume
peu courant d'un intellectuel, ardent résistant contre
le nazisme, l'occupation et la collaboration.
Avant-propos :
Paul
Petit a été exécuté par les Allemands
à Cologne le 24 Août 1944, jour de saint Barthélémy
apôtre, et vigile de Saint Louis de France, à l'heure
même où Paris secouait ses chaînes. Il était
condamné à mort depuis le 16 Octobre 1943, pour
avoir « travaillé contre l'Allemagne en éditant
un journal clandestin hostile et en publiant des tracts qui avaient
beaucoup influencé les milieux intellectuels dans un sens
hostile à la politique de collaboration ! »
Il était en prison depuis le 7 Février 1942, constamment
tenu au secret. La publication qui lui était reprochée
s'appelait La France Continue... : Paul Petit s'était
montré prophète de cette libération que ponctuait
le 24 Août, au loin, la salve de Cologne.
Rien, dans la carrière antérieure
de Paul Petit, si on la considère du dehors, ne paraissait
l'appeler à ce témoignage sanglant. Reçu
premier, en 1920, au Concours du Ministère des Affaires
Étrangères, il avait été en poste
successivement à Prague, à Rome, à Smyrne,
à Munich et à Copenhague. Il fut chassé du
Danemark par l'agression allemande du 9 Avril 1940. Il ne revint
en France, au mois de Mai, que pour assister à notre défaite
provisoire.
Mais Paul Petit n'était pas seulement
un brillant diplomate ; il était encore un amateur
éclairé d'art et de littérature, un philosophe
et, par-dessus tout, un chrétien. Tout cela, chez lui,
se tient tellement qu'il est difficile de séparer des activités
si diverses. Soit qu'il s'enchante à un tableau de la première
manière de Gromaire, soit qu'il se laisse aller un moment
au courant bergsonien, pour ensuite le remonter ; soit qu'il
admire Max Jacob ou Paul Claudel ; soit qu'il traduise un
vieux texte chinois sur Les Dix Étapes dans l'art de
garder la vache ; soit qu'il donne considération
à certaines recherches de René Guenon ; soit
qu'il traduise Gertrude von Le Fort, Meister Eckhart ou Kierkegaard;
soit qu'il contemple la stigmatisée de Konnersreuth, il
n'a jamais cessé d'être cet homme qui est mort le
24 Août 1944, son chapelet à la main, priant pour
sa femme et pour ses enfants. Je veux dire que tout en lui, même
en apparence le plus futile, était orienté vers
l'Unique nécessaire.
À cet Unique nécessaire quand
il est mort, il était pratiquement réduit depuis
des années. Mais ceux qui l'ont connu peuvent dire que
nul n'est ainsi entré dans la séparation de tous
les hommes mieux préparé à subir une semblable
épreuve. Nous savons, par des témoignages, le réconfort
spirituel et moral qu'il a donné à ses compagnons
de captivité toutes les fois qu'il lui fut possible de
communiquer avec eux.
Mais Paul Petit aurait horreur que l'on parlât
de lui aussi longtemps, et sur le ton du panégyrique. Aussi
bien n'est-ce point parce qu'il est mort comme il est mort et
parce que Dieu lui fit des dons qu'il est seul à connaître
que l'on a décidé de réunir ces pages et
de les publier à nouveau. Mais parce qu'elles ont une valeur
indépendante du martyre qui les a terminées.
Dès 1933 Paul Petit publiait chez Desclée
de Brouwer la plaquette : Le Social est-il une Source ?
Il y réfute la théorie de Bergson dans Les deux
sources de la morale et de la religion. Pour Paul Petit il
n'y a qu'une source : la source mystique qui vient de Dieu
et de la Révélation. Au fur et à mesure que
les années passaient, au contact de Meister Eckhart et
de Kiergegaard, Paul Petit s'en persuadait davan­tage, et
c'est pourquoi la tartuferie de Vichy lui fut un abominable scandale.
Sans doute le patriote en lui souffrait-il comme
personne de notre défaite et de notre humiliation ;
sans doute le manquement à la parole donnée à
l'Angleterre lui était-il particulièrement douloureux.
Ce ne fut cependant pas pour des motifs politiques, si graves
fussent-ils, que Paul Petit se lança dans l'action clandestine.
Il importe que le lecteur ne s'y trompe pas et ne se laisse pas
égarer par le ton polémique de certaines pages.
Ce que Vichy mettait en cause, c'était
l'essentiel. Il fallait qu'une voix chrétienne s'élevât
pour proclamer ce qui devait être dit. On ne pouvait tolérer
que le gouvernement de Pétain, sous prétexte de
« redressement intellectuel et moral »,
nous ramenât à la politique morale du clan. Le silence
était d'autant plus impossible à garder que les
plus hautes autorités religieuses se taisaient ou paraissaient
ne pas comprendre la gravité de l'enjeu. La violence du
ton s'explique par la nécessité où l'on se
trouvait alors de rappeler à tout risque l'Unique nécessaire.
Paul Petit a pris ce que Péguy appelait « une
inscription historique ». Grâce à lui
sont effacés certains silences et certaines complaisances.
Certes, il n'a fait ainsi qu'exprimer ce que beaucoup d'autres
pensaient comme lui, mais avec moins de force et de clarté.
Mais enfin il fallait que cela fût dit avec toute la précision
possible pour qu'on ne pût désormais prétendre
sans mauvaise foi que la conscience chrétienne n'avait
pas réagi en tant que telle devant l'abomination.
On va donc entendre non pas la voix d'un patriote
meurtri, mais celle d'un chrétien qui témoigne au
mépris de sa vie en face des idoles nouvelles. Ce qui a
été mis en péril par les régimes totalitaires,
dont Vichy fut la pâle et servile imitation, c'est le principe
même de toute civilisation digne de ce nom. Nous ne le sentons
que trop aujourd'hui où, la vague hitlérienne brisée,
il subsiste tant de confusion dans les esprits et où quelques-uns
se demandent si la défaite d'Hitler ne fut pas plus apparente
que réelle.
Aussi rien ne me semble plus actuel et plus
vivant que cette parole d'outre-tombe qui nous rappelle avec fermeté
à notre vocation essentielle ; vocation surnaturelle
et non pas purement terrestre. Si les hommes croient qu'ils ne
sont appelés qu'à l'aménagement de la planète,
ils sont condamnés aux plus pitoyables échecs. Ils
se rendent compte obscurément aujourd'hui qu'aux problèmes
qu'ils se posent il n'y a pas de solution sur le plan où
ils les posent. La nécessité de changer de plan
est affirmée par Paul Petit avec une précision singulière.
Autrement l'humanité, après des convulsions sanglantes
où elle risque, du reste, de périr, sera réduite
à l'état de termitière. L'homme n'est sacré
pour l'homme que dans la perspective d'une doctrine transcendante.
Cette affirmation capitale s'accompagne ici de pointes polémiques
qui ne doivent pas déconcerter le lecteur. Elles sont le
fruit des circonstances dans lesquelles Paul Petit écrivait.
Il n'a pas semblé aux éditeurs que cela dût
être dissimulé, car ce sont les mêmes circonstances
qui ont amené Paul Petit jusqu'au témoignage final,
et l'on sait que le sang des martyrs est la semence des chrétiens.
Vendu.
ROSENBERG (Harold) — La dé-définition de l'art. [Titre original : The De-definition of art.] Traduit de l'anglais par Christian Bounay. Nîmes, Éditions Jacqueline Chambon, 1992. In-8° (140 x 205 mm.) collé, 262 p., (collection « Rayon Art »), exemplaire en bon état.
En quatrième
de couverture :
Américain,
Harold Rosenberg est né en 1907 et mort en 1978. Il eut
dès les années trente une activité de critique
et de théoricien de l’art, notamment dans des revues
comme Art Front et Partisan Review. Au carrefour
de la pensée de Marx et des réflexions de Trotski
sur l’art et la politique, marqué parle dadaïsme
et l’existentialisme, Rosenberg développa une approche
non formaliste de la modernité artistique, cherchant à
relier l’art à ses conditions sociales de production
et à la recherche, par les artistes, d’une identité
désormais précaire. Pendant de nombreuses années,
Rosenberg fut critique d’art au New Yorker et professeur
au comité de la Social Thought et au département
de l’Art de l’Université de Chicago. Son approche
imaginative de l’esthétique de l’artiste contemporain
et de la situation culturelle a influencé non seulement
le champ de la critique d’art, mais aussi la pratique de
l’art et le processus de sélection qui a proclamé
l’importance de figures majeures de l’après-guerre
telles que Barnett Newman, Arshile Gorky, Jackson Pollock, etc.,
(on doit notamment à Rosenberg l’invention du terme
d'Action Painting). Son œuvre publiée par Chicago
Press est importante.
La dé-définition de l’art,
publié en 1972, est un recueil de textes écrits
entre 1969 et 1972 pour la revue The New Yorker. Ces textes
de critique, consacrés chaque fois à un événement
d’actualité, forment rassemblés une théorie
étonnamment cohérente de la modernité, de
sa tradition déjà académique et de la perte
de sens qui la guette.
Vendu.
ROUIR
(Eugène) — Gravures étrangères contemporaines.
Donation Eugène Rouir. Avant-propos
de Martin Wittek. Bruxelles, Bibliothèque Royale
Albert Ier, 1989. In-8° (185 x 254 mm.) broché,
118 p., illustrations en noir, exemplaire en très
bon état.
Ouvrage publié
à l'occasion de l'exposition éponyme organisée
à la Bibliothèque royale Albert Ier, à Bruxelles,
du 9 décembre 1989 au 20 janvier 1990.
Extrait de l'introduction
:
Pour
faire œuvre d'historien, il faut jouir d'un certain recul
afin de pouvoir évaluer d’une manière objective
les différents mouvements avec leurs tenants et aboutissants,
en éliminant les modes passagères ; en outre
il faut disposer d’une période assez étendue
pour effectuer son survol. La plupart des estampes ici présentées
ont été réalisées dans les vingt-cinq
dernières années. Un classement par pays ou par
école est impossible vu la courte période examinée.
Tout au plus peut-on souligner quelques tendances, rapprocher
des artistes manifestant des préoccupations voisines. La
personnalité s'extériorise en une individualité
tellement forte pour chacun qu’il faut les examiner séparément.
C'est ainsi qu'on peut rattacher au mouvement
classique : Kazandjian, Jeanne, Minaux ; au réalisme
magique : Rigal, Gäfgen, Wight, Nevjestic ; à
l’hyper-réalisme : Barbisan, Sartorius, von Schantz,
Altman ; au misérabilisme : Buffet ; au
réalisme surréaliste : Ortner, Desmazières,
Dado, Anderlé, Brunovski ; à l'abstraction
simple : La Mauvinière, Stempfel ; à l'abstraction
constructive : Cunliffe, Chillida, Andriessen, Starczewski ;
à l'abstraction poétique : Zao Wou Ki, Friedlaender,
Troschke, Matsutani ; au mouvement cubiste : Couy, Gischia ;
à l'expressionnisme : Dzmerkovic, Sammet, Turba et
au graphisme pur : Marfaing, Jankovic.
L'ensemble présenté n'a
pas la prétention de montrer toutes les tendances actuelles
de l'estampe, loin de là. Il a été réuni
après 1970, dans un but de curiosité d'abord, ensuite
par intérêt pour les techniques graphiques. De nombreux
pays ou écoles sont absents, non par dédain ou par
manque d'intérêt mais simplement parce que les occasions
d'acquérir ces productions ne se sont pas présentées.
Enfin il ne faut jamais perdre de vue que le choix du collectionneur,
même le plus raisonnable, est souvent guidé par son
cœur.
10 euros (code de commande : 03244).
SPEECKAERT (Georges Patrick) — Livres scolaires d'autrefois. De 1840 à 1940. Bruxelles, De Boeck, 1996. In-4° (223 x 277 mm.) sous cartonnage illustré d'éditeur, 189 p., exemplaire en parfait état.
Introduction :
Ce
livre n'est pas une œuvre d'imagination ou d'érudition,
mais d'affection.
Charmé par la lecture de quelques livres
scolaires d'autrefois, j'en ai, en l'espace d'une vingtaine d'années,
collectionné près de quatre cents, publiés
en Belgique ou en France. Ils ont été découverts
au hasard de flâneries chez des bouquinistes ou dans des
brocantes.
Constatant avec plaisir que beaucoup éprouvaient
comme moi un lien affectif avec le passé, et en particulier
avec les années d'enfance, j'ai tenté de faire revivre
une facette de ce temps révolu. Les cris et les rires des
enfants dans les préaux des écoles aux heures de
récréation sont restés identiques à
ceux d'hier mais leurs livres scolaires ont totalement changé.
Mon travail s'est limité à quatre
opérations : la recherche des livres, leur lecture,
les choix et l'établissement des notices bibliographiques.
Celles-ci, insérées en tête de chacun des
extraits reproduits donnent le titre complet du livre. Ce titre
est déjà en lui-même l'expression d'une philosophie
et d'un souci. Il traduit ce que l'auteur a considéré
comme important pour la formation de l'enfant. Souvent, il est
le témoin de matières disparues de l'enseignement
par l'effet du changement de la société.
Vendu.
SUFFERT (Georges) — Tu es Pierre. L'histoire des vingt premiers siècles de l'Église fondée par Jésus-Christ. Paris, Éditions de Fallois, 2000. In-8° (155 x 225 mm.) collé, 571 p., exemplaire en très bon état avec sa bande d'annonce.
En quatrième
de couverture :
« Tu
es Pierre, avait dit Jésus, et sur cette pierre, je bâtirai
mon Église. »
Parti de Jérusalem, le premier des apôtres
alla donc à Rome fonder la première Église
de Jésus.
C'était il y a deux mille ans. L'orgueilleux
Empire romain n'est plus. Ni aucun de ceux qui sont venus après
lui. L'Église est toujours là. Vivante.
Rome est devenue la capitale intemporelle du
christianisme, qui n'est pas une patrie, ni un territoire. Simplement
une foi, c'est-à-dire la transmission des paroles et des
gestes à travers l'immensité du temps, proclamant
la résurrection du Christ et la victoire sur la mort.
Cette année, des milliers de pèlerins
convergeront vers la Ville éternelle. Or la plupart ignorent
à peu près tout de ce que fut l'histoire de l'Église.
Ils gardent en mémoire quelques images : les chrétiens
dans l'arène, les flèches des cathédrales,
la folle aventure des croisades, les bûchers de l'Inquisition.
Mais quels procédés, quelle sagesse,
voire quel miracle, ont permis à cette étrange organisation
de surmonter l'obstacle décisif : le temps ?
Qui a fait quoi ? Quelles défaites l'Église
a-t-elle subies ? Quelles erreurs capitales a-t-elle commises ?
Des centaines de papes se sont succédé
sur le trône de Pierre, dont tout le monde ignore les noms.
De leur existence, on ne connaît à peu près
rien.
Quelle aventure, pourtant ! Rome a été
envahie près de vingt fois, et détruite cinq fois.
Des dizaines de papes ont dû fuir leur ville, pour éviter
d'être assassinés. En vérité, l'histoire
de l'Église est une tempête dont le fracas n'est
pas venu jusqu'à nous. On trouvera ici l'essentiel de cette
épopée inconnue.
4 euros (code de commande : 03255).
[SYRIE]. Syrie, un patrimoine inédit. Paris, Institut du Monde Arabe - Éditions de l'Amateur, 1995. In-8° (210 x 210 mm.) broché, 91 p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Le Musée des Musées »), exemplaire en bon état.
Table des matières
:
- Préface
de Mohamed Bennouma.
- Chronologie.
- Carte.
- Avant-propos, par Sultan Muhesen.
- La Syrie préhistorique.
- La Syrie du paléolithique
au néolithique, par Yossra Al-Koujok.
- La protohistoire,
les premières villes, par Yossra Al-Koujok.
- La Syrie de l'Âge du bronze.
- Les premières
Cités-États, par Wahd Khayata. Directeur
du musée d'Alep
- Le IIe millénaire,
les royaumes amorites, par Michel Al-Maqdissi.
- La naissance de
l'alphabet, par Michel Al-Maqdissi.
- La Syrie à l'Âge du fer.
- Le premier millénaire
: les royaumes araméens, par Ali Abou Assaf.
- La Syrie hellénistique et romaine.
- Palmyre, principauté
arabe, par Adnan Bounni.
- Le Hauran, province
romaine, par Jacqueline Dentzer-Feydy.
- La Syrie byzantine.
- L'essor artistique
de la Syrie sous l'Empire byzantin, par Jean-Charles Balty.
- La Syrie islamique.
- La Syrie des Ommeyades
aux Ottomans, par André Raymond.
- Le jardin aux époques
omeyyade et abbasside, par Mohammed Al-Kholi.
- L‘épigraphie
funéraire syrienne, par Solange Ory.
- L'architecture sous
les Mamelouks, par Nassib Saliby.
- Palais et demeures
à l'époque ottomane, par Farouk Mardam-Bey.
Vendu.
TWIESSELMANN (François) — Les représentations de l'homme et des animaux quaternaires découvertes en Belgique. Révision des documents déjà connus et description de documents inédits. Bruxelles, Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, 1951. In-4° (255 x 330 mm.) broché, 28 p., illustrations, 10 planches hors texte, (« Mémoires », n° 113).
Table des matières
:
I.
Révision des documents déjà connus.
a) Le Bos primigenius du
« Trou du Frontal ».
b) La figurine anthropomorphe
du « Trou Magrite ».
c) Le bois de Renne gravé
du « Trou Magrite ».
d) Le « bâton
de commandement » de la 3e caverne de Goyet.
e) 1. La figurine et
la plaquette pisciforme de Sy-Verlaine.
2.
Le coléoptère de Juzaine-Romal.
3.
La pendeloque de Fond-de-Forêt.
II. Documents inédits.
1. Figurations théromorphes
provenant du « Trou de Chaleux ».
A. Le
cervidé gravé du Magdalénien terminal de
Chaleux.
B. La
grande dalle de psammite gravée du Magdalénien de
Chaleux.
a) Avers
de la dalle de Chaleux
1.
Le « Bos primigenius ».
2..
Le Cervidé.
3. Gravures
de signification douteuse.
b) Revers
de la dalle de Chaleux.
1.
Le capridé couché.
2. Les
chevaux.
C. Plaquette
en ivoire découpé de Chaleux.
2. Figurations théromorphes
provenant de la 3e caverne de Goyet.
III. Résumé.
- Bibliographie.
15 euros (code de commande : 03267).
VALLETTE (Geneviève) et BOUILLON (Jacques) — Munich 1938. Paris, Armand Colin, 1964. In-8° (115 x 181 mm.) broché, 305 p., illustrations, (collection « Kiosque », n° 28).
En quatrième
de couverture :
Lorsqu'on
évoque les accords de Munich du 30 septembre 1938, c'est
pour éprouver surtout un sentiment d'incompréhension :
comment la France, et l'Angleterre, comment les vainqueurs de
1918 ont-ils pu accepter un pareil marché de dupes ?
Le débat sur « Munich », où
s'affrontent les anciens responsables de la politique française
à cette époque, est loin d'être clos ;
il ne le sera probablement jamais, mais il n'est pas de notre
propos d'aborder ce débat.
Ce que nous avons voulu étudier, c'est
l'attitude de l'opinion devant ces accords ; Daladier fut
accueilli au Bourget et dans Paris, Chamberlain à Heston
et à Londres, par une foule délirante d'enthousiasme
et de reconnaissance : devant l'enseignement fourni par l'histoire
des années suivantes, nous sommes aujourd'hui frappés
de stupeur à cette évocation. Nous nous sommes donc
efforcés de trouver des indices, de déceler des
explications, nous avons tenté de nous placer dans l'atmosphère
de cette année 1938, nous avons demandé aux diverses
tendances de l'opinion de nous exposer leurs raisons, les motifs
de leur attitude à ce moment.
Cette étude a dû être excessivement
limitée. À la presse d'abord ; au sein de la presse,
à la presse parisienne, ensuite ; nous avons aussi
utilisé la presse britannique, celle d'un pays dont la
politique eut tant de répercussions sur la nôtre,
non pas tant pour l'étudier en elle-même (les quotidiens
anglais, mis à part le Times et le Manchester
Guardian, sont à peu près introuvables en France)
que pour y trouver des éléments d'explication, soit
de l'attitude du gouvernement britannique, soit de celle des journaux
français.
Lorsqu'en octobre 1935, Mussolini envahit l'Éthiopie,
aux mépris des principes de Genève, la Société
des Nations décida d'appliquer les « sanctions »
prévues par le pacte. Mais les sanctions n'eurent qu'un
caractère vexatoire et totalement inefficace : Mussolini
s'installa en Éthiopie.
Lorsqu'en mars 1936, Hitler, dénonçant
le pacte de Locarno, réoccupa militairement la Rhénanie,
au mépris du traité de Versailles, le Conseil de
la S.D.N., où Grande-Bretagne et France jouaient un rôle
prépondérant, décida finalement de discuter
avec Hitler, et reconnut somme toute le fait accompli.
Lorsqu'en juillet 1936, l'insurrection franquiste
déchaîna la guerre civile en Espagne, et que Franco
reçut des deux États totalitaires une aide efficace
en hommes et matériel, les gouvernements français
et anglais s'en tinrent à la formule de « non-intervention »
qui permit à l'Allemagne et surtout à l'Italie d'avoir
les coudées franches au-delà des Pyrénées.
Lorsque le 12 mars 1938, l'entrée des
troupes allemandes à Vienne sanctionna l'Anschluss de l'Autriche,
la France et la Grande-Bretagne se contentèrent d'adresser
à Berlin une protestation... C'est alors que se posa la
question tchécoslovaque.
Vendu.
VERNANT (Jean-Pierre) — L'Univers, les Dieux, les Hommes. Récits grecs des origines. Paris, Éditions du Seuil, 1999. In-8° (141 x 206 mm.) broché sous jaquette d'éditeur, 244 p., (collection « La Librairie du XXe Siècle »), exemplaire en bon état.
Sur la jaquette :
Jean-Pierre
Vernant raconte les mythes de la Grèce ancienne. Il évoque
les origines de l’Univers, la guerre des dieux et les liens
que l’humanité n’a cessé d’entretenir
avec le divin. De la castration d’Ouranos aux ruses de Zeus,
de l’invention de la femme au voyage d’Ulysse, des aventures
d’Europe au destin boiteux d’Œdipe et à
la course aux Gorgones, l’auteur nous fait entendre ces vieux
mythes toujours vivants.
Jean-Pierre Vernant, qui a consacré sa
vie à la mythologie grecque, nous permet alors de mieux
en déchiffrer le sens souvent multiple. C’est à
cette rencontre entre le conteur et le savant que ce livre doit
son originalité.
Dans son Avant-propos, Vernant écrit :
« Dans ce livre, j’ai tenté de livrer directement
de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel je
suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble,
dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais nécessaire.
Il me plaisait aussi que cet héritage parvienne au lecteur
sur le mode de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à
la façon de ce qui se passe d’une génération
à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.
J’ai essayé de raconter comme si
la tradition de ces mythes pouvait se perpétuer encore.
La voix qui autrefois, pendant des siècles, s’adressait
directement aux auditeurs grecs, et qui s’est tue, je voulais
qu’elle se fasse entendre de nouveau au lecteurs d’aujourd’hui,
et que, dans certaines pages de ce livre, si j’y suis parvenu,
ce soit elle, en écho, qui continue à résonner. »
Vendu.
VILLARD
(Marc) — Elles sont folles de mon corps. Nouvelles. Nantes, L'Atalante, 2003. In-12 (130
x 180 mm.) collé, 170 p.
Couverture illustrée
par Loustal.
En quatrième de
couverture :
De
temps en temps je me contemple dans la glace et je me trouve vraiment
super. Des fois, quand j'ai bobo à mon doigt, je redeviens
l'enfant aux boucles blondes qui pleurnichait à cinq ans
en réclamant sa maman. Veut-on vraiment voir disparaître
une innocence de cette qualité ? Je pose la question
à ceux qui régissent le monde car leur responsabilité
est fortement engagée. Ils peuvent me joindre à :
villard@forever.com.
5 euros (code de commande : 03249).
[WALLONIE]. La Vie Wallonne. Revue mensuelle illustrée. Huitième année, n° 5 (LXXXIX). 15 janvier 1928. Liège, La Vie Wallonne, 1928. In-8° (165 x 250 mm.) broché, [32 (pp. 129 à 158)], [16 (publicités)] p., quelques illustrations.
Sommaire :
- Un
Maître liégeois du XVIIe siècle : Bertholet
Flémalle, étude biographique et critique, par
Léon Dewez.
- Chronique wallonne.
- Bibliographie.
- A.
Meyers : La neutralité liégeoise du temps de
Méan (1640-1654), compte rendu de F. Magnette.
- Maurice
Pirenne : Les constructions verviétoises du XVe au XXe
siècle, compte rendu de E. Fairon.
- Djos.
Mignolet : Fleurs di prétimps, compte rendu de Oscar
Pecqueur.
- Élise
Champagne : Taciturnes, compte rendu de Marcel Thiry.
- Jules
Gilles : Hommage a Moréas, compte rendu de Marcel
Thiry.
- Léon
Halkin : Les origines du Collège des Jésuites
et du Séminaire de Liège, compte rendu de George
Laport.
- Une
nouvelle revue d'art a Liège.
5 euros (code de commande : 03251).
[WALLONIE]. La Vie Wallonne. Revue mensuelle illustrée. Dixième année, n° 3 (CXI). 15 novembre 1929. Liège, La Vie Wallonne, 1929. In-8° (165 x 250 mm.) broché, [32 (pp. 69 à 100)], [16 (publicités)] p., quelques illustrations.
Sommaire :
- Un
sculpteur liégeois : Joseph Zomers (1895-1928),
par Jules Bosmant.
- Le bilan dramatique wallon en 1928,
par Oscar Pecqueur.
- Contes de la vallée du Hoyoux :
le veilleur de morts, par Émile Dantinne.
- Les virtuoses wallons : Joseph
Debroux, par Marcel Lepinois.
- Le folklore des paysages : le
moulin satanique de Lorce, par George Laport.
- Chronique wallonne.
- Notes et enquêtes.
- Une
émigration de calvinistes wallons en 1567-1570, par
Jean Haust.
- Les
tribulations conjugales d'un diplomate liégeois, par
Paul Harsin.
- Spicilège liégeois.
- Le
souvenir de la ruelle et des bourgmestres martyres en 1789,
par Pierre Debouxhtay.
- Bibliographie.
- Joseph
Meunier : Au pays de Franchimont : le val de la Horgne.
- Jean
Grégoire : Guide des touristes dans les Hautes
Fagnes, comptes rendus de P. Debouxhtay.
5 euros (code de commande : 03250).
WITKOWSKI (Nicolas, dir.) — Dictionnaire culturel des sciences. Art, littérature, cinéma, sociologie, mythe, politique, histoire, humour, religion, éthique, économie, poésie, vulgarisation. Paris, Seuil - Regard, 2001. In-4° (234 x 313 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 441 p., nombreuses illustrations en couleurs, exemplaire en très bon état.
Sur la jaquette :
Ceci
n'est pas un dictionnaire des sciences. C'est un « dictionnaire »,
certes, mais qui commence avec absinthe et finit à Zoroastre...
Et s'il y est bien question de « science »,
ce n'est surtout pas celle des Scientifiques et des manuels scolaires
ou universitaires, celle qu'il faut vulgariser au prétexte
qu'elle serait inaccessible.
Ceci est un recueil d'un bon millier d'articles,
résultat de 97 regards croisés sur ce qui, dans
la science, son histoire, ses personnages, ses lieux, ses idées
– et surtout autour d'elle, dans ses contacts avec l'art,
la littérature, l'économie, la politique ou la religion,
a paru susceptible d'intéresser l'Homo sapiens sapiens
du XXIe siècle. La plus totale liberté de ton est
ici mise au service d'une recherche assidue de la clarté.
Tout jargon, masque ordinaire de l'incompréhension, a été
impitoyablement chassé, au même titre que ces figures
de style signifiant qu'un savant s'adresse, du cœur de la
Science, à un ignorant avide de savoir.
Les sciences (toutes ou presque, et pas seulement
occidentales) sont ici envisagées, non pas de l'intérieur
comme c'est la coutume, mais de l'extérieur, depuis ces
lieux où, au contact des autres domaines du savoir et de
la culture, elles prennent tout leur sens. Le Big Bang de la cosmologie
et l'ADN de nos cellules sont bien là, mais la poésie
et l'alchimie ont aussi leur place ; les mathématiques
et la biologie moléculaire, mais aussi le mesmérisme
et les anges. Avec en prime l'utilité et la subtilité,
la beauté et l'ignorance, nombre de personnages inattendus
et quelques dizaines d'images emblématiques de la science :
la raison, fut-elle scientifique, ne peut se passer de l'imaginaire,
ni la science de sa fiction.
C'est à renouer les liens perdus entre
les sciences et la culture que se consacre cet ouvrage, dans l'espoir
un peu fou mais essentiel de voir la science, aujourd'hui gravement
coupée de ce qui devrait être « son »
public, c'est-à-dire chacun de nous, devenir plus intelligible.
Bibliographie :
- Bader (Barbara), Witkowski N.
(Dir.) (2001). Dictionnaire culturel des sciences, dans Didaskalia,
n° 22, 2003. Concepts et conceptions, pp. 139-140.
18 euros (code de commande : 03258).
WOUTERS (Liliane) — Panorama de la poésie française de Belgique. Bruxelles, Jacques Antoine, 1976. In-8° (167 x 223 mm.) sous reliure et jaquette d'éditeur, 453 p., illustrations hors texte, quelques traits marginaux crayonnés, sinon très bon exemplaire.
Avant-propos :
Lorsque Jacques Antoine m'a demandé de
composer une anthologie, je crains bien, au départ, avoir
eu l'intention de cueillir des myrtilles. Les spécialistes
le savent : un bon cueilleur de myrtilles n'a guère de
raisons pour lever les yeux. Mieux vaut les garder au ras du sol.
De même le faiseur d'anthologies : il doit pencher le front
pour déchiffrer les pierres tombales. Ce qui lui permet
ensuite d'élever un nouveau mausolée, en tous points
pareil aux précédents.
J'ai donc levé les yeux. Mon embarras
fut égal à celui du cueilleur de myrtilles. Il comptait
revenir, son panier plein, et le voici perdu dans la forêt.
Connaît-il seulement le nom des arbres ? « Mister
Verhaeren, I présume ? » Et si nous laissions
de côté les noms ? Si nous retournions
tout bonnement aux textes ?
Pour étrange que cela paraisse, le faiseur
d'anthologies part généralement de noms. Il ne juge
pas l'arbre à ses fruits, il décide des fruits à
partir de l'arbre. Il oublie, bien sûr, que le chêne
donne des glands : c'est le chêne. Voilà pourquoi,
des années durant, tels poètes mineurs – pour
ne pas dire minables – apparaissent régulièrement
dans tous les florilèges – au détriment
d'autres plus authentiques. Nos Giraud, Gille et autres Gilkin
cachèrent longtemps l'admirable Max Elskamp. Mais le temps,
niveleur d'élite, finit toujours par remettre les choses
en place. Il abat les châteaux de plâtre, épargne
la pierre noble. « Ne désespérez jamais,
faites infuser davantage » dit quelque part Henri Michaux.
Donc, les textes. Mais à partir de quels
critères ? Ou pis : suivant quelle humeur ?
Je pourrais citer Hölderlin : « Est-il
sur terre une mesure ? » II n'existe pas de système
métrique applicable à la poésie. Un seul
impératif m'a guidée : montrer – tenter
de montrer – sous tous les angles possibles le visage
présent de la poésie française de Belgique.
Présent, c'est-à-dire lisible pour l'homme d'aujourd'hui.
On a marché sur la lune n'est plus seulement une
bande dessinée due à un certain Hergé. On
a bel et bien marché sur la lune. Et sur les plates-bandes
réservées du langage.
Non qu'il faille absolument être de son
époque : c'est le meilleur moyen d'y rester. Mais il faut
admettre, avec Jean Paulhan, que « Nos arts littéraires
sont faits de refus. Il y a eu un temps où il était
poétique de dire : onde, coursier et vespéral. Mais
il est aujourd'hui poétique de ne pas dire onde, coursier
et vespéral. »
Quel lecteur sérieux pourrait, en 1976,
lire sans sourire ces vers de Fernand Séverin (encore ai-je
choisi les moins larmoyants) : « en moi je sens mourir
un cœur prédestiné / meurtri de tout l'amour
qu'il n'aura pas donné / mourir, sans en rien dire, entre
les mains des anges / à la simple façon d'un enfant
dans ses langes... »
À la même époque, pourtant,
Jean de Boschère écrivait : « et puis,
enfin, un midi, et à jeun, / la pensée se fend et
s'ouvre. »
Cette pensée ouverte, fendue, serait-ce
l'une des mille définitions possibles de la poésie,
et singulièrement de la poésie actuelle ? Peut-être.
Sans doute. C'est du moins la pierre de touche qui nous permet
de nommer tel texte « poème » sans que nous
puissions davantage préciser en quoi il est poétique,
et bien que, de plus en plus souvent, il donne l'impression d'être
aux antipodes de ce que le commun des mortels appelle «
poésie ».
L'amateur de beaux vers, de jolies images, de
phrases musicales sera probablement déçu par ce
livre. Les tenants de la « désécriture »
ne le seront pas moins. C'est qu'il s'agissait, avant tout, de
faire une coupe dans le temps et dans l'espace. Hic et nunc.
Point d'étiquettes, point d'écoles
– nous ne sommes pas au jardin botanique. Je pense à
la réponse de Magritte quand on lui proposa de participer
à une exposition d'artistes wallons : les groupements
d'artistes parce qu'ils sont « wallons » ou parce
qu'ils seraient par exemple « végétariens
» ne m'intéressent en aucune façon (quoique
des artistes « végétariens » auraient
une petite supériorité sur les artistes «
wallons » : un comique appréciable).
Un siècle sépare le plus âgé
de ces poètes et le plus jeune d'entre eux. Émile
Verhaeren est né en 1855, Eugène Savitzkaya en 1955.
Entre ces deux noms, quelque cent cinquante autres. On m'objectera
sans doute que c'est beaucoup. Existe-t-il tant de poètes
en Belgique ? Encore s'agit-il uniquement de ceux chez qui
l'esprit souffle en français...
Rilke affirme qu'il ne peut exister trois cents
poètes. En un sens, il a raison. Comme il n'existe pas
trois cents points culminants – l'Éverest, d'ailleurs,
vient d'être détrôné par le Chimborazo –
sujet troublant que je livre aux méditations – comme
il n'existe pas trois cents abysses. L'air rare ne se trouve qu'à
certaines hauteurs ou profondeurs. Chaque siècle ne donne
pas un Rimbaud. Mais chaque siècle voit naître de
nombreux témoins qui l'« habitent »
en poètes. Avec plus ou moins de bonheur. Serge Essine
ne dit-il pas que : « tout le monde peut chanter
» – mais il s'empresse d'ajouter qu'« il
n'est pas donné à chacun de tomber comme une pomme
aux pieds des autres ».
Pour tomber comme une pomme, il suffit d'un
seul vers. « Je deviens verte comme l'herbe »,
est à peu près tout ce qui reste de Sappho. Les
cent cinquante poètes rassemblés ici laisseront-ils
chacun au moins un vers ? Il est permis d'en douter. Dès
lors, pourquoi les avoir retenus ? Et – question
plus grave – pourquoi écrivent-ils ?
Sans doute existe-t-il bien des réponses
à cette question. Je ne veux rappeler que celle d'Edmond
Jabès : « II y a ceux qui s'imaginent fonder leur
avenir sur une certitude et ceux qui savent, à l'avance,
qu'ils bâtiront sur le sable. Écoute. Le vent est
revenu. Écoute le vent. »
Vendu.
aura lieu
le mardi 14 avril 2026
par courriel (b.waterlot@hotmail.com) ou par téléphone ou sms (+32 (0) 472 51 52 63).
Ces livres peuvent être retirés à l'adresse figurant dans l'en-tête du blog.
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